Le drapeau libanais, avec son emblématique cèdre barré d’un badge rouge vif, hissé au-dessus de la place des Martyrs, le 6 mars 2025. Photo tirée des réseaux sociaux
Quand une campagne marketing tourne mal… Le drapeau libanais, avec son cèdre barré de rouge vif, hissé au-dessus de la place des Martyrs, en plein centre-ville de Beyrouth, a suscité l’indignation du président Joseph Aoun, un tollé sur les réseaux sociaux et des appels à des sanctions contre les responsables de cette initiative menée par le journal an-Nahar et une agence de marketing.
Lors du premier Conseil des ministres du gouvernement libanais, le président libanais a fustigé ce drapeau barré de rouge lors de sa prise de parole. « Cela est inacceptable, a-t-il dit. Il est interdit de porter atteinte au drapeau national, même avec de bonnes intentions. » « Le drapeau est le symbole du pays, et il est de notre devoir à tous de le préserver », a rappelé le président Aoun, selon des propos rapportés par la présidence sur son compte X.
Une campagne de publicité
Contactée par L’Orient-Le Jour, une source au sein d’an-Nahar a confirmé que ce drapeau modifié faisait partie d’une campagne de sensibilisation pour l’égalité des genres à l’occasion de la Journée internationale de la femme, célébrée le 8 mars. Il semble que l’intention de la campagne ait été de jouer sur les deux bandes rouges du drapeau libanais pour les transformer en un symbole d’inégalité en y ajoutant la barre rouge.
Selon cette source, l’initiative faisait partie d’une opération marketing préparée par Impact BBDO, visant à « mettre en lumière l’inégalité des genres au Liban ». Elle précise que le drapeau modifié serait « remplacé par le drapeau libanais original, avec le cèdre intact, après une courte période ». Plus tard dans la journée, le drapeau altéré a effectivement été remplacé par un drapeau libanais intact.
Si le quotidien n’a pas officiellement revendiqué les faits, des vidéos et photos partagées sur sa page en ligne montrent des femmes revendiquant leurs droits, accompagnées du drapeau libanais intact, et sur d’autres, le symbole de l’inégalité, un clin d’œil discret au drapeau libanais barré.
Dans un article publié en milieu de journée, le journal a indiqué que les Libanais sont « destinés à rester unis derrière leur drapeau, qui porte en ses deux bandes rouges parallèles la plus belle image de l’égalité espérée entre ses enfants, sans discrimination nationale, sectaire ou de genre ». Un drapeau qui « incite à s’unir aux femmes libanaises » à l’occasion de la Journée internationale de la femme, qui est un « symbole de citoyennes libres et honorées » dans un pays qui les valorise et « exclut » des disparités entre les sexes en matière de travail, d’éducation et de vie dans la dignité, a indiqué le journal. L’article était accompagné d’une photo du drapeau national brandi sur la place des Martyrs.
Selon les médias locaux, an-Nahar, dont le siège se trouve près de la place des Martyrs, aurait obtenu le 27 février une « autorisation officielle » du gouverneur de Beyrouth, le juge Marwan Abboud, pour hisser le drapeau. Toutefois, le gouverneur aurait précisé que cette demande ne mentionnait pas explicitement la modification du drapeau, mais faisait uniquement état de son installation dans le cadre d’une initiative de sensibilisation à l’égalité des genres. Ces propos ont été confirmés par la source au sein du journal.
Acte « honteux »
Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes ont exprimé leur indignation et demandé que des sanctions soient prises contre les auteurs de cet acte. Nombre d’entre eux ont critiqué la modification du drapeau libanais, estimant qu’il s’agissait d’une atteinte à un symbole national, qu’il convenait de respecter quel que soit le contexte. Certains ont vu dans cette démarche un manque de respect envers l’identité et l’histoire du Liban, soulignant que, même dans le cadre d’une campagne pour l’égalité des genres, le drapeau national devait rester intact.
Le Conseil national du drapeau libanais a, de son côté, fermement condamné ce qu’il a qualifié d’« attaque flagrante contre le symbole de la nation ». Il a dénoncé une « humiliation des valeurs de l’État libanais » et une « violation du caractère sacré du drapeau, qui incarne l’unité du peuple et la souveraineté du pays ». Dans un communiqué relayé par les médias locaux, il a appelé les autorités concernées à ouvrir une enquête immédiate pour élucider les circonstances de cet acte, qualifié de « honteux », et à tenir ses auteurs pour responsables.




Mauvaise initiative pour une cause valide ! Comme on nous disait quand on été enfant: compte à dix avant de parler. Il fallait bien compter à 1 milliards avant de bafouer le Drapeau et le Cèdre de la sorte!!!!!
13 h 51, le 08 mars 2025