Le président Joseph Aoun et Mgr Cesar Assayan. Photo tirée du compte X de la présidence.
Le président libanais, Joseph Aoun, a invité jeudi « tous les Libanais », sans distinctions de confession, à s'impliquer dans les institutions étatiques, affirmant qu'il n'y a « ni minorité ni majorité » parmi les différents groupes constituant le tissu social du pays.
M. Aoun a fait cette déclaration lors d'une réunion avec une délégation religieuse représentant le rite latin, l'une des 18 confessions du pays, qui est représentée au Parlement par un député sur 128, celui dit des « minorités » pour la circonscription de Beyrouth I. La délégation était emmenée par le chef de l'Eglise latine du Liban, Mgr César Essayan, vicaire apostolique de Beyrouth pour les catholiques de rite latin.
Ce dernier a affirmé lors d'un entretien avec le chef de l'Etat que « la communauté latine est considérée comme une minorité » et souhaité qu’elle puisse « occuper davantage de postes à responsabilité dans l’État ». Ce à quoi le président Aoun a répondu qu' « il n’y a ni minorités ni majorités, seulement des compétences, car nous sommes tous sous le drapeau libanais ». Il a dans ce cadre appelé « tous les Libanais à s'impliquer dans les institutions de l’État » et a insisté sur l’importance d’éviter les distinctions raciales et confessionnelles. Selon le Pacte national, un accord non-écrit datant de 1943 entre les principales entités qui composent le peuple libanais, à savoir les chiites, les maronites, les sunnites et les druzes, la répartition des postes à responsabilité se fait à égalité entre musulmans et chrétiens. C'est notamment sur la base de ce Pacte que se font la répartition des sièges parlementaires, la formation du gouvernement ou encore les nominations des fonctionnaires.
L'UL et les « conflits politiques et sectaires »
Le président libanais a également souligné la nécessité d’aider « les régions éloignées qui souffrent de difficultés majeures » et insisté sur l’importance pour les citoyens de voter « pour exprimer leurs aspirations et contribuer aux changements souhaités ».
Par ailleurs, le chef de l'Etat a réaffirmé son soutien à l'Université libanaise (UL), seul établissement public d'enseignement supérieur, lors d'une réunion avec une délégation menée par le recteur Bassam Badrane. M. Aoun a dans ce cadre appelé à « maintenir l'UL à l’écart des conflits politiques, sectaires et religieux ». Mi-décembre, une polémique avait éclaté autour de la présence d’armes qui auraient été trouvées dans un hangar de l'UL situé dans le quartier de Jnah, sur le littoral au sud de Beyrouth, et le Hezbollah avait alors été pointé du doigt.
L'ex-commandant en chef de l'armée a en outre reçu dans la journée le député Michel Douaihy (indépendant issu de la contestation) et l'ambassadrice du Liban au Gabon, Aline Younès.


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