Des voitures civiles libanaises circulant près de bâtiments détruits dans le village de Aïta el-Chaab, dans le sud du Liban, vues depuis le nord d'Israël, le 29 janvier 2025. Photo Jalaa Marey/AFP
Les habitants du Liban-Sud qui tentent de réintégrer les villages encore occupés par Israël ont vécu une nouvelle journée tendue mercredi, émaillée de plusieurs incidents.
Mercredi soir, un drone israélien a mené une frappe à Yohmor el-Chqeif, dans le caza de Nabatiyé, selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah. Une pelleteuse a été prise pour cible et une maison à proximité a subi des dégâts. Les secours se sont rendus sur place pour venir en aide à d'éventuels blessés.
Plus tôt dans la journée, l'armée israélienne a ouvert le feu sur des habitants de Maroun el-Ras, dans le caza de Bint Jbeil, alors qu'ils tentaient de regagner leur village. Parallèlement, dans plusieurs localités du caza de Marjeyoun, les forces israéliennes ont poursuivi leurs opérations de dynamitage, alors que l'armée libanaise devait débuter son entrée dans ces zones conformément à l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre dernier.
Selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, alors que les habitants de Maroun el-Ras tentaient de regagner leur localité, ils se sont retrouvés sous le feu israélien, qui a fait deux blessés. Ce bilan a été confirmé en soirée par le ministère de la Santé. Les habitants ont été contraints de se retirer après cette intervention des forces israéliennes, qui ont procédé à l'enlèvement de quatre personnes : deux jeunes hommes, une femme et son fils.
Trois d'entre eux – la femme et les deux hommes – ont ensuite été relâchés, a indiqué le moukhtar du village à notre correspondant, mais les forces israéliennes ont continué de détenir le fils, Hussein Farès. Le moukhtar a précisé qu’une des deux personnes blessées est un habitant venu de l'extérieur de Maroun el-Ras, qui était venu chercher le corps de son frère tué dans le village.
Le moukhtar a également rapporté que les habitants, qui ont tenté d'entrer dans le village par la zone d'al-Chouhada, au nord de la localité, près de Aïtaroun, ont rencontré une résistance israélienne violente. « Ils ont réussi à progresser, mais une force de l'armée israélienne est arrivée et a commencé à tirer et à arrêter plusieurs d'entre eux. D'autres ont été blessés », a-t-il précisé.
Les habitants de Maroun el-Ras se sont retirés et sont retournés à l'entrée du village, attendant une autre opportunité pour tenter à nouveau d'y pénétrer. Les forces israéliennes ont également saisi une ambulance de l'association des Scouts d'al-Rissala, affiliée au mouvement chiite Amal, avant de la relâcher.
Autre événement notable : après plusieurs semaines de mutisme, Ankara a reconnu que trois citoyens turcs avaient été tués dans une frappe israélienne alors qu'ils tentaient de passer du Liban en territoire israélien. « Il a été établi que les trois citoyens turcs, avec lesquels le contact avait été perdu alors qu'ils tentaient de traverser illégalement du Liban vers Israël, ont péri lors d'une frappe aérienne israélienne dans la région », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Ankara a également condamné la frappe et indiqué œuvrer au rapatriement des dépouilles des victimes vers la Turquie « dans les plus brefs délais ». Selon les informations de notre correspondant, la frappe a probablement eu lieu le 8 janvier.
Explosions et destructions
Pendant ce temps, dans le caza de Marjeyoun, les habitants du village de Kfar Kila ont installé une tente sur la route de Khardali, près de l'intersection avec Deir Mimas, et ont exprimé « leur intention d'y rester jusqu'à ce que l'armée israélienne se retire » de leur localité. Cependant, l'armée israélienne poursuivait ses opérations dans la région, notamment à Adaïssé et Kfar Kila, où elle a procédé à des explosions. Elle a également détruit un puits artésien à Houla, utilisant un bulldozer, et construit des obstacles en terre sur certaines routes pour entraver les déplacements. Des maisons à la périphérie sud-ouest de la ville de Blida, dans le caza de Marjeyoun, ont également été détruites par des bulldozers israéliens.
Dans la zone de Ras al-Dahr, l'armée israélienne a incendié, démoli et fait exploser des maisons, puis a continué de progresser à Meis el-Jabal, où elle aurait dépassé un centre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avec un char Merkava et des tirs nourris. Toujours selon notre correspondant, dans le quartier de Mfaylha à Meis el-Jabal, l'armée israélienne a détruit plusieurs maisons et bâtiments, arraché des arbres à l'aide de pelleteuses et érigé des monticules de terre.
Jusqu'à présent, selon les informations de notre correspondant, l'armée libanaise est entrée dans les villages de Ramiyé (caza de Bint Jbeil), Aïta el-Chaab, Boustane (caza de Tyr), Deir Mimas, Tallousé et Taybé (caza de Marjeyoun). Elle est également présente de manière partielle à Marwahine (Tyr) et Yaroun (Bint Jbeil). Cependant, les soldats libanais n'ont pas encore pu se déployer à Aïtaroun, Maroun el-Ras (Bint Jbeil), Meis el-Jabal, Houla, Blida, Markaba, Kfar Kila, Wazzani, Rab el-Talathine, (caza de Marjeyoun), Majiyidiyé et Mazraat Sarda (Hasbaya).
Les équipes de la Défense civile ont retrouvé le corps d'une nouvelle victime des bombardements israéliens dans les décombres de la localité de Khiam. Les opérations se poursuivent en coopération avec l'armée libanaise pour retrouver d'autres disparus. Le corps d'une autre personne, tuée à Kfarchouba (caza de Hasbaya), a également été retrouvé.
36 blessés mardi
Durant la journée, des avions de chasse israéliens ont survolé le Liban-Sud. Un drone israélien a lancé deux grenades près de la municipalité de Bani Hayyan, dans le caza de Marjeyoun. Une frappe de drone sur Majdel Selm, dans le même caza, a fait cinq blessés, selon le ministère de la Santé.
De même source, les attaques israéliennes au Liban-Sud mardi ont fait 36 blessés : six à Yaroun lors d’une tentative des civils d’entrer dans le village, vingt à Nabatiyé al-Faouqa et dix à Zawtar. Le député Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah, a fermement condamné ces attaques, les qualifiant d'« agression sioniste ignoble ». Il a ajouté : « C'est une preuve de plus de la menace permanente que représente l'entité israélienne pour notre peuple, notre pays et sa sécurité », M. Raad a aussi dénoncé « la négligence à l'international et les violations » israéliennes au Liban-Sud, soulignant que ces actes renforcent la conviction de son parti et de « tous les peuples libres du monde » dans leur droit à résister et à porter « leur responsabilité nationale et morale ».
De son côté, le chef du commandement nord de l'armée israélienne, le général Ori Gordin, a averti que « si le Hezbollah tente de reprendre les combats, il sera frappé encore plus fort, y compris ses dirigeants ». « La menace d'un 7-octobre venu du Nord a été écartée dans un avenir proche, et nous devons nous en assurer dans les années à venir », a-t-il ajouté une déclaration au média israélien Israel Hayom.
En vertu de l'accord qui a instauré un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah le 27 novembre 2024, l'armée israélienne était censée avoir achevé dimanche son retrait du sud du Liban, où seuls l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU doivent désormais être déployés. Mais ce délai a été prolongé jusqu'au 18 février, ont annoncé les États-Unis, qui font partie du comité de surveillance de la trêve.




L'armée israélienne est soit disant l'armée la plus morale au monde !!! Elle détruit des maisons, des puits ... tire sur les civils et arrache les arbres... Et tout ceci durant un cessez-le-feu. Prenez exemple...
06 h 12, le 30 janvier 2025