Des partisans du Hezbollah en deux roues arborant le drapeau de la "résistance" dans un des quartiers de Beyrouth. Capture d'écran d'une vidéo tirée des réseaux sociaux
Pour célébrer le retour au Liban-Sud des habitants déplacés, les partisans du tandem chiite Hezbollah-Amal ont paradé à mobylette ce dimanche soir à Beyrouth dans certains secteurs chrétiens qui leur sont défavorables, arborant armes, drapeaux partisans et slogans provocateurs, notamment dans les quartiers de Furn el-Chebbak et de Aïn el-Remmané, de la rue Gouraud à Gemmayzé, et de Hazmieh, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.
La démonstration a été vivement critiquée sur les mêmes réseaux et par plusieurs parties politiques. Lundi, l’armée libanaise a annoncé dans un communiqué avoir mobiliser des patrouilles pour rechercher « plusieurs personnes impliquées » dans cette parade dont plusieurs ont été arrêtées.
Tout a commencé par un appel lancé en fin d'après-midi dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, alors que le Liban-Sud comptait encore les morts parmi ceux qui tentaient de revenir dans leurs villages encore occupés par Israël. La période d'application du cessez-le-feu entre le Hezbollah et l'État hébreu, initialement de 60 jours, a été prolongée de trois semaines dans la nuit de dimanche à lundi.
Cet appel, que les officiels du Hezbollah n'ont pas endossé, prévoyait de lancer un convoi motorisé dans la banlieue sud de Beyrouth à 18h afin de célébrer la « victoire forgée par le sang des martyrs », notamment celle du « martyr suprême Sayyed Hassan Nasrallah ».
Tirs de joie
Peu de temps après l'heure prévue, les premières informations sur ce convoi, accompagné de tirs de joie nourris dans la banlieue sud, ont commencé à circuler dans la presse. En passant dans les quartiers chrétiens, les participants scandaient « Chia chia » (chiites, chiites), provoquant la colère des habitants et des élus chrétiens, mais aussi une réponse musclée de partisans des Forces libanaises, adversaires du Hezbollah, qui ont intercepté les motards, notamment à Aïn el-Remmané, où l'armée s'est aussitôt déployée.
Les partisans du tandem chiite avaient aussi sillonné en masse les artères de la banlieue sud à mobylette, en voiture ou même à pied, arborant des drapeaux du Hezbollah et du mouvement Amal, tirant en l’air et lançant des feux d’artifice. La même scène s’est déroulée à Maghdouché, au Liban-Sud, selon des internautes.
« Les terroristes du Hezbollah sillonnent les régions de Beyrouth pour provoquer la discorde », a dénoncé un internaute, Tony Boulos, appelant l’armée à réagir. « Après avoir envoyé ses partisans dans des zones sensibles du Liban-Sud, le Hezbollah envoie ses hooligans parader armés dans des quartiers résidentiels chrétiens », a réagi pour sa part la journaliste Maya Khadra.
Dans une interview à la télévision al-Jadeed, Ghassan Hasbani, député des Forces libanaises, a dénoncé « les manifestations partisanes politiques provocatrices dans certains quartiers de Beyrouth, qui sapent la spontanéité du retour au Sud », rappelant que 22 Libanais ont été tués dimanche. « Les rassemblements motorisés et le lancement de slogans sectaires et provocateurs dans la soirée à Beyrouth, notamment à Gemmayzé, Achrafieh et Furn el-Chebbak, constituent une violation des droits de l'homme », a-t-il ajouté, rappelant que « l'accord de cessez-le-feu comprend un mécanisme et un comité de suivi du retrait, du désarmement, de la destruction de l'infrastructure armée du Hezbollah, ainsi que de l'extension de l'autorité de l'État depuis le Liban-Sud à tous les territoires libanais ».
Le parti des Kataëb a, lui, déclaré que le Hezbollah revenait à ses anciennes méthodes, basées sur l'exploitation de la situation intérieure, la propagation du chaos et la déstabilisation, après l'échec de tous ses paris politiques et militaires ainsi que la chute de ses slogans vides. « Ce que nous avons vu dimanche soir constitue une provocation flagrante à l'égard des citoyens. Ces citoyens, qui n'ont pas tardé à accueillir leurs compatriotes du Sud et à les soutenir, font maintenant face à des pratiques qui confirment la poursuite de ce projet destructeur de ce parti-milice, menaçant les fondements de l'État et de la citoyenneté », peut-on lire dans un communiqué. Dans ce contexte, les Kataëb ont affirmé leur rejet de ces actions provocatrices, soulignant que « les aiguilles de la montre ne reculeront pas. »
« Quelle mascarade ! Nous refusons ces manifestations provocatrices dans les régions chrétiennes qui ont hébergé les déplacés chiites à bras ouverts durant le conflit », a réagi pour sa part l’analyste politique Joseph Abou Fadel, appelant l’armée libanaise à se déployer.
De son côté, l'ancien député dissident du Courant patriotique libre, Ziad Assouad, a fait remarquer que les parades motorisées du Hezbollah dans le quartier de Gemmayzé « n'ont pas de sens et ne produisent aucune victoire ».




La prochaine fois qu'il y aura une guerre contre les villes chiites du sud. QUE PERSONNE NE S'AMUSE A NOUS FAIRE LA MORALE et DE NOUS DEMANDER D'ACCUEILLIR LES FAMILLES CHIITES; SOIT ces familles se révoltent contre ce genre d'action ?( motos ) soit tant pis pour elles. QUI NE DIT RIEN? CONSENT....Pour l'instant, les personnes que nous avons accueilli avec grand coeur...Personne de ces familles n'a contesté ces actes du hezbollah...ne serait ce qu'une phrase ( sachant qu'ils ont d'autres soucis, nous comprenons mais juste une phrase d'une ou de 2 personnes...rien)
16 h 03, le 28 janvier 2025