J.D. Vance, accompagné de la « Deuxième » dame Usha Vance dans une robe Reem Acra, lors du bal inaugural Liberty à Washington, le 20 janvier 2025. Jim Watson/AFP
L’investiture présidentielle de 2025 n’a pas été seulement marquée par l’accession au pouvoir de nouvelles figures politiques, mais aussi par des choix vestimentaires puissants et symboliques. Les tenues portées lors de cet événement mondial ont attiré l’attention, dévoilant des messages subtils de style et de pouvoir. Parmi les looks les plus remarquables, ceux de Melania Trump et d’Usha Vance – toutes deux d'origine étrangère, Melania née en Slovénie et Usha d'origine indienne – ont pris une place importante, tandis que les créations de Reem Acra, célèbre designer libano-américaine, habituée aux têtes couronnées et aux tapis rouges, ont mis en lumière l’essence même de la mode comme véhicule d’affirmation personnelle.
Usha Vance, une entrée remarquée dans le monde de la mode
Juriste et épouse du vice-président JD Vance, Usha Vance a attiré l’attention lors des événements inauguraux. Pour la cérémonie de prestation de serment, elle portait un manteau en cachemire rose pâle signé Oscar de la Renta, accompagné d’une écharpe assortie et de bottes en daim mauve. Ce choix de couleur, associé au charme et à la beauté en Inde, reflétait une image rafraîchissante et stylée.
Lors du bal inaugural, Usha a ébloui dans une robe dégradée saphir sans bretelles de Reem Acra, ornée de paillettes et de dentelle chantilly délicate. Elle a complété son look avec des boucles d’oreilles en diamants et une coiffure élégante.
En choisissant cette tenue, la deuxième dame des États-Unis a fait une entrée remarquée dans le monde de la mode. « C’est elle qui est venue vers moi », explique la styliste libanaise, encore touchée par cette reconnaissance. La robe, un somptueux bleu royal, a été conçue avec soin : « Elle était doublée de dentelle bleu ciel et ornée de paillettes brodées à la main. Chaque détail avait une signification. »
Reem Acra, du talent et de l'ambition
Habituée aux collaborations prestigieuses, Reem Acra n’est pas étrangère aux grandes occasions. En 2017, elle avait habillé Melania Trump pour le fameux Candlelight Dinner. La robe dorée, entièrement brodée de paillettes, avait marqué les esprits. Plus récemment, elle a conçu la robe de mariée portée par la petite-fille du président Biden, Naomi Biden, pour la cérémonie de coupe du gâteau à la Maison-Blanche. « Je suis honorée que mes créations soient reconnues et exposées », déclare-t-elle, faisant référence aux robes présentes au Smithsonian Institution à Washington, dont celles de Melania, de Jill Biden, et bientôt celle de la deuxième dame, Usha Vance.
Installée à New York depuis de nombreuses années, Reem Acra est aujourd’hui une figure incontournable de la mode internationale. Connue pour ses robes de mariée et aussi pour ses créations élégantes et intemporelles, elle n’a cessé de repousser les frontières du style et de la créativité. Dans un entretien exclusif à L’Orient-Le Jour, elle revient sur son parcours et la signification profonde de son travail : « Je m’adresse aux femmes puissantes en général », dit-elle. Une philosophie qui trouve un écho parfait dans les robes qu’elle conçoit, destinées à celles qui incarnent la force, la beauté et l’influence.
Reem Acra au travail. Photo DR
L’une de ses plus grandes réussites récentes a donc été la robe d’investiture portée par la deuxième dame des États-Unis, un somptueux bleu royal orné de dentelle bleu ciel et de paillettes brodées à la main. Pour la styliste libanaise, cette création n’était qu’une question de style : « je suis une créatrice discrète, d’origine libanaise, qui a survécu au Covid-19. Ce sont peut-être ces éléments, combinés à mon engagement, qui ont motivé le choix de mes clientes », explique-t-elle.
Profondément impactée par la pandémie, elle confie : « Pendant cinq ans, j’ai un peu mis ma carrière en pause, surtout à cause du Covid. J’ai vécu des moments difficiles, notamment la perte de ma mère durant cette période. » Mais 2025 marque un tournant : « Nous avons planifié 2025 comme une année pleine d’espoir. J’ai déjà recruté des consultants et prévu de nombreux voyages. Maintenant, tout cela est derrière moi, et je suis prête à avancer. »
Un lien profond avec le Liban et le Moyen-Orient
Cosmopolite, elle souligne les défis d’équilibrer les styles : « Je dois penser à la femme du Moyen-Orient, qui aime les couleurs vives et les décolletés, tout en répondant aux attentes des Américaines. » Cette polyvalence s’accompagne d’une attention particulière pour toutes les morphologies : « Nous créons pour toutes les femmes. Pendant le Covid, nous avons aussi repensé la manière dont elles s’habillent, même à la maison, pour rester élégantes et confortables. »
Originaire de Beyrouth, Reem Acra est toujours attachée à ses racines. « Je suis récemment retournée au Liban, et je garde espoir pour l’avenir du pays », dit-elle avec émotion. Si elle n’a pas de projets précis pour y ouvrir un atelier, elle renoue peu à peu avec le Moyen-Orient, notamment à Dubaï et en Arabie saoudite, où elle retrouve les familles royales et les amis qu’elle s’est faits au fil des ans.
Voyant l’avenir avec optimisme, elle affirme : « C’est une nouvelle ère pour moi, une manière différente de penser et de travailler. » Avec un mélange de maturité et de créativité renouvelée, elle continue de s’imposer comme une figure de la mode internationale, avec la volonté de redéfinir la mode comme un outil de pouvoir, un symbole de résilience et une affirmation de la place de la femme dans le monde d’aujourd’hui. « Je m’adresse à toutes les femmes, de toutes les cultures et de toutes les origines, car chacune mérite de se sentir belle et forte. »


