Une ambulance transportant des blessés à l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth (AUBMC) suite à l'explosion de bipeurs le 17 septembre 2024. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
L'attaque des bipeurs perpétrée contre des membres du Hezbollah le 17 septembre dernier a secoué les chefs des services d'espionnage du monde entier et les a laissés stupéfaits par l'audace de l'opération, a rapporté le Financial Times (FT) samedi. Six jours avant l'escalade de la guerre opposant le Hezbollah et Israël, les bipeurs et les talkies-walkies du parti chiite ont explosé, faisant des dizaines de morts et des milliers de blessés. Après avoir initialement démenti être derrière cette opération, les autorités israéliennes ont fini par reconnaître leur responsabilité et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé qu'il avait personnellement approuvé l'opération.
L'attaque « a déclenché un débat plus large parmi les chefs de la sécurité occidentale qui les a confrontés à deux questions fondamentales sur l'espionnage moderne », selon le FT : leurs propres systèmes de communication sont-ils également vulnérables et approuveraient-ils une opération comparable ? Les explosions de bipeurs ont tué des dizaines de personnes, dont au moins quatre civils, deux d'entre eux étant des enfants. Des milliers de personnes ont été grièvement blessées et ont perdu notamment leurs yeux ou des doigts.
Le FT a interrogé plus d'une dizaine de hauts responsables sécuritaires, anciens ou en poste, provenant de quatre des plus importants pays occidentaux alliés d'Israël. Bien qu'ils aient tous reconnu que l'attaque des bipeurs constituait un « exploit extraordinaire d'espionnage », seuls trois d'entre eux ont indiqué qu'ils approuveraient un acte similaire.
Les opérations doivent être « nécessaires et proportionnées » pour être légalement approuvées dans ce pays, a souligné un ancien chef européen de l'espionnage à des dirigeants israéliens lors d'une conférence d'affaires, ajoutant que l'explosion des bipeurs « ne répondait pas à [ses] critères » de mise en oeuvre.
Un autre fonctionnaire a affirmé que les explosions du 17 septembre créaient un dangereux précédent que des acteurs non étatiques, tels que des terroristes ou des criminels, pourrait également utiliser. Une autre préoccupation concerne la manière dont les bipeurs bourrés d'explosifs ont été passés en contrebande à travers l'Europe et le Moyen-Orient, constituant un danger lors de ces transits.
Une « forme de terrorisme »
Leon Panetta, ancien directeur de la CIA, a même qualifié l'attaque des bipeurs dans une interview télévisée de «forme de terrorisme». « C'est exactement le genre d'opération que les Russes feraient », a déclaré un ancien chef des services de renseignement. « Je ne pense pas qu'un autre service de renseignement occidental envisagerait ce genre d'opération, qui consiste à mutiler des milliers de personnes », a-t-il poursuivi.
« J’aime l’audace, mais dans l’ensemble je n’aurais pas approuvé l’opération car elle n’était pas entièrement ciblée », a encore affirmé un haut responsable de la Défense. « Il y avait une chance que les bipeurs piégés puissent tuer un enfant qui avait entre les mains le bipeurs », comme cela a d'ailleurs été le cas au Liban. « Il s'agissait d'une opération extraordinaire, même si de nombreux États occidentaux pourraient la considérer comme un meurtre », selon un autre ancien haut responsable des services de renseignement. Les ministères de la Défense du monde entier vont maintenant se poser la question suivante : « Comment nous protéger contre un sabotage similaire ? »
En dehors de la région, l'opération a suscité de pressantes inquiétudes quant au risque d'imitation d'opérations de sabotage. Sir Alex Younger, ancien chef du MI6, le service britannique de renseignement extérieur, a estimé que cette attaque était un « signal d'alarme important » sur la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement occidentales. «Parce que les chaînes d'approvisionnement sont invisibles, nous ne leur accordons aucune attention, a-t-il souligné. Mais l'Occident doit évaluer correctement les risques inhérents aux chaînes d'approvisionnement - qu'il s'agisse de l'énergie russe, de l'électronique chinoise ou maintenant de ça - et les mettre en parallèle avec d'autres risques, tels que l'intelligence artificielle, les drones et la cyberguerre.»
« Pas une fin en soi »
Lors d'une récente réunion à Washington, un groupe de fonctionnaires américains s'est inquiété du fait que si Israël pouvait piéger des gadgets électroniques banals tels que des bipeurs, toute une série de technologies civiles chinoises - telles que les véhicules électriques, les panneaux solaires, les éoliennes, presque tout ce qui est muni d'une batterie - pourraient également être militarisées. « Le nouveau monde numérique permet des moyens de sabotage inimaginables auparavant », a lancé Calder Walton, un historien de l'espionnage.
Cependant, les fonctionnaires interrogés n'ont pas tous estimé que l'opération était disproportionnée ou inutile. L'un d'entre eux a déclaré sans détour : « La guerre, c'est la violence ». M. Younger a dit qu'il ne considérait pas l'attaque comme un recours aveugle à la violence parce que les bipeurs étaient utilisés par des éléments du Hezbollah et qu'Israël était en guerre contre le parti pro-iranien. Il a toutefois précisé que « les opérations de décapitation sont plus efficaces dans le cadre d'une stratégie plus large - elles ne sont pas une fin en soi ».
Un haut responsable occidental de la sécurité est allé jusqu'à parler d'une « très belle opération... Je suis jaloux ». Les pays occidentaux pourraient s'inquiéter de l'apparente indifférence d'Israël à l'égard des victimes civiles causées par l'attaque, a déclaré le responsable, mais cela « n'a rien à voir avec la férocité avec laquelle l'armée israélienne a attaqué Gaza et le Liban ».



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Parce que le HB est une organisation de bienfaisance et n’a jamais tué des innoncents de son propre pays. Il y en a qui se battent pour défendre la sécurité de leur citoyen et l’indépendance de leur pays pendant que le HB a tout fait pour saquer le sien en tuant des civils innocents pour servir d’autres pays et sa seule domination par la terreur sur son propre pays. Chercher l’erreur.
11 h 25, le 30 décembre 2024