Des agents des Forces de sécurité intérieure devant le palais de justice de Beyrouth. Photo Hassan Ammar/AFP
Un féminicide a eu lieu jeudi à l'intérieur du tribunal chérié de Chhim, dans le Chouf au sud de Beyrouth, rapportent des sources de notre correspondant Mountasser Abdallah et l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).
À l'issue d'une procédure de divorce, un homme, K.M., originaire de Ketermaya, dans le Chouf également, a tiré sur sa femme, A.R., une journaliste de Daraya. Celle-ci est morte sur le coup. Selon une source sécuritaire contactée par L'Orient-Le Jour, l'auteur du meurtre a fui le tribunal puis s'est suicidé dans sa voiture. Les forces de sécurité intérieures se sont mobilisées sur place et ont ouvert une enquête.
Peu après le meurtre de son épouse, le mari a publié une vidéo sur son compte Facebook dans laquelle il s'épanche sur les « différends » dans son mariage et indique que le couple avait trois enfants.
« Rien ne justifie de tels crimes »
« Nous n’avons pas tous les détails du dossier, mais que ce soit clair : comme dans tous les crimes, l'on va entendre parler dans les médias des raisons sous-jacentes, or rien ne justifie de tels crimes, absolument rien », a de son côté affirmé à L'OLJ Zeina Aawar, responsable média pour l’ONG Kafa qui lutte contre les violences à l’encontre des femmes. Selon elle, il y a des « raisons qui mènent à ce genre de crime et que l’on doit régler à l’échelle de notre société et du système », comme par exemple la question du statut personnel « qui traite la femme comme une citoyenne de seconde zone ». Elle a encore regretté que les lois en vigueur sur les violences contre les femmes sont « des réactions et non pas une solution radicale au problème ». « Les tribunaux religieux font partie du problème. Ils ne traitent pas la femme de manière égale », continue Mme Aawar.
Les tribunaux chériés sont, pour les communautés musulmanes du Liban, les juridictions chargées de traiter des questions relatives au statut personnel, comme les affaires de mariages, divorces, garde d'enfants et héritage, en l'absence d'un statut civil unifié.
« Il ne fait aucun doute que le crime commis aujourd'hui est choquant et répréhensible. Nous attendons que les circonstances de cette affaire soient élucidées et la fin de l'enquête », a déclaré Ghida Anani, directrice de l'association Abaad pour la protection des droits des femmes.



Bien sûr les féminicides sont immondes quelques soient les raisons, mais, dites-moi ? Comment il a fait pour rentrer armé dans le tribunal?? Dans ce pays, on rentre et on sort comme dans un moulin, et ce n’est pas la justice qui va nous protéger… un GRAND ménage s’impose … et certainement une réforme du programme scolaire aussi! Dans ce dernier, il faudrait y inclure une éducation civique et ESSENTIELLE car c’est à partir de là qu’on (re)commence à éduquer un peuple et bâtir une nation …
16 h 24, le 27 décembre 2024