L'autoroute Hadi Nasrallah, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 27 novembre 2024, après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Le fournisseur public Électricité du Liban (EDL) a annoncé jeudi dans un communiqué que l’électricité avait été rétablie à la station principale de la banlieue sud de Beyrouth, deux mois et demi après qu'elle ait été coupée du réseau en raison de frappes israéliennes répétées dans la zone.
Selon EDL, « les deux principaux câbles souterrains, Aramoun–Dahiyé (le nom donné à la banlieue sud en arabe, ndlr) et Aramoun–Horsh 220 kV, ont été directement touchés, entraînant leur mise hors service complète » depuis début octobre 2024, soit une semaine après le lancement d'une offensive israélienne brutale contre le Hezbollah. Cela a provoqué une « coupure totale de l'alimentation électrique via le réseau 220 kV dans la région de Beyrouth et dans la banlieue sud depuis le 4 octobre 2024 », selon EDL. Durant cette période, l'approvisionnement en courant était réduite à Beyrouth aux réseaux 150 kV et 66 kV.
Pour pallier les pénuries, EDL a déclaré avoir pris des « mesures rapides pour rétablir l’alimentation électrique de Beyrouth via le réseau 220 kV en effectuant des travaux à la station d’Achrafieh », qui était hors service depuis l’explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020. « Cela a permis de rétablir l’électricité sur le réseau 220 kV à Beyrouth à partir du 13 décembre », a précisé le fournisseur.
Rétablissement progressif du courant
Puis, dans la matinée de jeudi, et après des travaux de maintenance sur le câble principal Horsh–Dahiyé 220 kV et au sein de la station de la banlieue sud, EDL a « réussi à rétablir l’alimentation électrique » sur cette partie du réseau. Elle a notamment réactivé l’un des trois transformateurs de la station, permettant ainsi un « rétablissement progressif de l’alimentation électrique dans la banlieue sud » de la capitale.
Les infrastructures ont été largement ciblées par les frappes israéliennes dans différentes régions du Liban, notamment dans les banlieues sud de Beyrouth, la Békaa et le Sud. Pendant les deux mois d’offensive aérienne, l’armée israélienne a bombardé des infrastructures d’approvisionnement en eau, des panneaux solaires et des stations électriques. Les Libanais subissent déjà de graves pénuries d’eau et d’électricité en raison de l’effondrement économique depuis 2019.
Tournée du ministre Fayad
Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad, a effectué une tournée dans la banlieue sud pour inspecter les dégâts causés par les bombardements israéliens sur les infrastructures dépendant d’EDL et de l’Office des eaux, ainsi que les chantiers visant à réparer ce qui peut l’être rapidement, à l’image de la station d’électricité de la rue Sayyed Hadi Nasrallah. M. Fayad, qui a commencé sa tournée devant un restaurant à Haret Hreik, était notamment accompagné de Kamal Hayek, directeur général d'EDL, et de Jean Gebran, qui dirige l'Office des eaux.
Dans une déclaration en marge de la visite, le ministre a annoncé que le représentant adjoint du Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) au Liban avait notifié les autorités de l’octroi d’une aide d’un million de dollars pour renforcer les installations d'eau dans la banlieue sud. « Ce montant n'est pas suffisant pour réparer tous les dégâts, mais il a un symbolisme important et constitue un premier pas pour construire sur cette base », a assuré le ministre.



