Le leader druze et ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt. Photo tirée du compte X du PSP
Le leader druze et ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a appelé ce week-end Abou Mohammad al-Jolani, de son vrai nom Ahmad el-Chareh, le chef de Hay'at Tahrir el-Cham (HTC) et de la coalition rebelle qui a pris le pouvoir en Syrie, rapporte le journal du PSP al-Anba'. Il s'agirait du premier contact effectué par un responsable libanais avec le leader des rebelles syriens. Citées par al-Anba', des sources du PSP assurent que M. Joumblatt visitera bientôt Damas, alors que le chef druze boycottait depuis des années le régime de Bachar el-Assad et de sa famille, qu'il accuse d'avoir assassiné son père, Kamal Joumblatt, en 1977.
La dernière visite de Walid Joumblatt à Damas date de janvier 2011, quelques semaines avant le début des manifestations anti-régime qui avaient été réprimées dans le sang par Bachar el-Assad. En 2013, M. Joumblatt avait déclaré que lui et son fils ne se rendraient en Syrie que « lorsqu'elle sera libérée de la bande qui est actuellement au pouvoir. »
Lors de son appel téléphonique avec le chef de HTC, Walid Joumblatt l'a félicité pour « la grande victoire contre le régime de répression et pour la liberté recouvrée après 54 ans de tyrannie ». Les deux responsables ont insisté sur l'unité du territoire syrien face aux projets « qui pourraient faire du tort aussi bien à la Syrie qu'au Liban. » Ils ont également mis en garde contre les « agissements suspects » des partisans du régime déchu qui pourraient « coopérer avec les ennemis de la Syrie ».
Coopération du HTC avec les druzes de Soueida
M. Chareh a pour sa part estimé que « Joumblatt a payé un grand prix à cause de l'injustice du régime syrien, à commencer par la mort de Kamal Joumblatt. Il a soutenu la révolution du peuple syrien dès les premiers instants ». Le chef du HTC a par ailleurs insisté, selon al-Anba', sur la coopération de sa formation avec des factions militaires à Soueida, une région à majorité druze, lors de la chute du régime.
Cité par al-Anba', le chef de la communauté druze en Syrie, le cheikh Hikmat Hajri, a assuré, de son côté, que des efforts seront déployés pour que la communauté, qui fait partie des minorités en Syrie, soit représentée au niveau politique ou ministériel dans le court terme. « Nous voulons bâtir une Syrie moderne où tout le monde sera représenté dans un État laïc et démocratique », a-t-il déclaré, dans une main tendue au HTC.
Ces déclarations interviennent après la diffusion de vidéos en ligne dans lesquelles des dignitaires druzes, notamment de la localité de Hodor, sur le Golan syrien, demandent l'annexion de villages de ce plateau par Israël.
« Le village de Hodor, dans les hauteurs de Jabal el-Cheikh, fait partie de la Syrie, et toutes les autres affirmations sont illégales et ne représentent pas la majorité des habitants », a réagi la direction spirituelle druze dans le village, selon un communiqué rapporté par le site d'informations al-Modon.
« Assad est tombé »
Au Liban, l'ancien Premier ministre Saad Hariri s'était félicité samedi de la chute du régime syrien de Bachar el-Assad, le décrivant comme « intimidant les personnes et les groupes et exerçant le pouvoir de manière arbitraire », et a affirmé qu'il attendait ce jour depuis longtemps. « Assad est tombé... C'est le jour que j'attendais depuis cette heure sombre », a écrit M. Hariri sur X dans une référence à l'assassinat de son père l'ancien Premier ministre Rafic Hariri en 2005 à Beyrouth, un meurtre largement attribué au régime syrien et au Hezbollah.
Samedi, dans sa première intervention télévisée depuis la chute de Bachar el-Assad, que sa formation a soutenu militairement pendant plus d'une décennie de conflit en Syrie, le chef du Hezbollah Naïm Kassem a exprimé l'espoir que le nouveau régime ne « normalisera pas » ses relations avec Israël. « Nous avons soutenu la Syrie car elle a contribué à renforcer les capacités de la résistance à travers son territoire vers le Liban et la Palestine. Aujourd'hui, le régime est tombé. Nous ne pouvons juger les nouvelles forces que quand elles prendront des positions claires et que la situation se normalisera en Syrie », a-t-il expliqué. Il a en outre admis que « le Hezbollah a perdu la voie d'approvisionnement militaire via la Syrie, estimant néanmoins qu'il s'agit d'un petit détail qui peut changer avec le temps ». « Cette voie peut être restaurée avec le nouveau régime, tout comme nous pouvons trouver de nouveaux moyens », a-t-il espéré. Le leader chiite a enfin estimé que ce qui se passe en Syrie n'impactera pas le Liban ».



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On peut reprocher beaucoup de choses à Joumblatt mais pas de s’être séparé a jamais du régime assassin depuis 2001 et la réconciliation de la montagne. S’il était conciliant envers le Hezbollah il ne l’a jamais plus été avec Assad depuis cette date et celui-ci a essayé de l’éliminer comme ils ont éliminé son père.
21 h 17, le 15 décembre 2024