Des secouristes dans une rue de Basta el-Faouqa, à Beyrouth, après des frappes israéliennes meurtrières, le 23 novembre 2024. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Beyrouth a été réveillée en sursaut, à 4h du matin, par une série de frappes puissantes, qui ont visé le quartier de Basta el-Faouqa, au coeur de la capitale.
Voici les informations disponibles, jusqu'à présent, sur ce bombardement :
La frappe
- Plusieurs missiles, au moins quatre ou cinq, ont visé un immeuble de huit étages, vers 4h15 du matin, dans la rue Ma'moun du quartier de Basta el-Faouqa. Sur internet, plusieurs experts en géolocalisation ont identifié le bâtiment sur des cartes de la zone :
- Plusieurs médias locaux spéculent que les avions qui ont mené les frappes ont largué des « bunker busters », des munitions qui peuvent pénétrer sous terre avant de détoner. De tels missiles ont été utilisés, selon le New York Times qui avait analysé avec des experts une vidéo postée par l’armée israélienne, le 27 septembre, sur le QG de Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth. Cette frappe avait causé la mort du chef du parti, Hassan Nasrallah.
La cible
Le député du Hezbollah Amine Cherri a affirmé, depuis le site de la frappe israélienne qui a visé Basta el-Faouqa à l'aube, qu'aucune figure du parti chiite ne se trouvait dans le bâtiment ciblé. Des sources ont également affirmé aux médias al-Hadath et al-Mayadeen qu'aucun cadre du Hezbollah n'a été visé dans ce bombardement.
Le matin, la chaîne israélienne Kann news, citant une source de sécurité israélienne, a affirmé que « la cible de l'attentat à Beyrouth est le haut responsable du Hezbollah Mohammad Haydar ». Plus tôt, des médias avaient indiqué que Talal Hamiyé, haut responsable du Hezbollah, présenté comme le chef de l'Unité des opérations clandestines du parti, l'Unité 910, était la cible de la frappe.
Les conséquences
- Au moins douze personnes ont été tuées et 63 blessées.
- En matinée, les travaux de déblaiement étaient toujours en cours, laissant penser que le bilan risque de s'alourdir. Des dizaines de secouristes étaient présents sur les lieux, tout comme des agents de différents organismes sécuritaires.
- Le bâtiment visé a été complètement détruit, tout comme certains des alentours.
Le contexte
- Il s'agit de la quatrième frappe aérienne israélienne cette semaine visant une zone centrale de Beyrouth, alors que la majorité des attaques ont ciblé la banlieue sud, fief du Hezbollah.
Dimanche, une frappe avait visé le siège du parti Baas syrien à Ras el-Nabeh, dans lequel se trouvait plusieurs responsables du bureau de relations avec les médias du Hezbollah. Le chef de ce bureau de presse, Mohammad Afif, a été tué dans ce raid aérien avec plusieurs de ses collègues. Le même jour, c'est le quartier de Mar Elias qui a été visé, dans une frappe ciblant un magasin d'appareils électroniques qui a fait plusieurs morts. Lundi, un bombardement a ciblé Zokak el-Blat, un quartier situé à quelques centaines de mètres du centre-ville de Beyrouth.
- Le 10 octobre, aux alentours de 20h, l'armée israélienne avait tiré sur Basta el-Faouqa, puis le quartier voisin de Noueiri. Ces deux attaques avaient été meurtrières, faisant 22 morts et au moins 117 blessés.
- Mercredi, le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait affirmé que son parti visera le « centre de Tel-Aviv » en riposte aux frappes israéliennes sur Beyrouth. « Israël a attaqué le cœur de Beyrouth, alors il doit s'attendre à ce que la réponse ait lieu au centre de Tel-Aviv. Il doit payer le prix », avait-il lancé.



israël va payer le prix, voilà c'est dit! Et quand je pense qu'il y a encore tant de sceptiques quant aux capacités du hezbollah. Ce parti est le seul espoir du pays, le seul rempart à l'extrémisme, à la violence et à la corruption. Si les adversaires du hezbollah ne faisaient pas tout pour mettre à mal le parti, ce dernier pourrait mieux défendre le pays contre le voisin du sud
14 h 42, le 23 novembre 2024