Le nouveau secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors de son discours le 20 novembre 2024. Al-Manar TV via Reuters
Pour la première fois depuis l’intensification de la guerre au Liban, le nouveau secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, semble avoir ouvert la porte à un cessez-le-feu avec Israël, dans son discours mercredi. D’abord en évoquant implicitement un progrès relatif dans les pourparlers menés par Amos Hochstein, considérant que la balle était désormais dans le camp d’Israël où s'est rendu mercredi l’émissaire américain, alors que jusqu'ici le parti refusait toute négociation avant le cessez-le-feu. Ensuite en ne liant pas ce cessez-le-feu à un cessez-le feu à Gaza, se détachant pour la première fois du principe de l'unité des fronts. Enfin, en évoquant l’après-guerre, notamment l’élection d’un président de la République, une échéance à laquelle le Hezbollah dit vouloir « apporter sa contribution » effective dans le respect de l’accord de Taëf. Mais Naïm Kassem a dans le même temps tenu à définir les deux conditions de sa formation pour conclure un deal, dont l’une pourrait constituer la principale raison pour que cet accord tombe finalement à l’eau.
« Nous avons reçu le document des négociations, nous l’avons bien étudié et avons formulé nos remarques. Nos remarques et celles du président (du Parlement Nabih) Berry, qui sont en harmonie, ont été transmises à l’émissaire américain », a indiqué le numéro un du Hezbollah, affirmant qu’« Israël ne peut pas (..) nous imposer ses conditions ». À l’issue de sa dernière visite à Beyrouth, M. Hochstein a distillé une ambiance positive faisant état mercredi de « progrès supplémentaires » dans les discussions, une heure avant l’intervention du secrétaire général. « Nous avons négocié sous deux principes : le premier, un cessez-le-feu complet et total, et le second, la préservation de la souveraineté libanaise », a ajouté Naïm Kassem. Le chef du parti chiite a affirmé que « l’occupation (Israël) ne pourra obtenir par un accord ce qu’elle n’a pu obtenir sur le terrain ». « L’ennemi israélien ne peut pas pénétrer quand il le veut en territoire libanais en cas de cessez-le-feu », a-t-il encore dit, à l’heure où Israël réclame un droit d’intervenir militairement au Liban-Sud pour empêcher le Hezbollah de s’y installer, même après le cessez-le-feu. La conclusion d’un accord dépend à présent « de la réponse israélienne et du sérieux de (Benjamin) Netanyahu », le Premier ministre israélien, a dans ce contexte estimé Naïm Kassem. Et d’assurer que son parti se préparait à « une longue bataille » avec Israël et à une « guerre d’usure » en cas d’échec des négociations.
« Frapper Tel-Aviv »
Le chef du Hezbollah a consacré un long exposé sur la situation au front pour répondre à tous ceux qui considèrent que la « résistance » est en train de perdre du terrain, à l’heure où des informations font état d’une avancée de l’armée israélienne au Liban-Sud. « La résistance œuvre à éliminer l’ennemi et à empêcher la pérennité de son occupation, et nous avons présenté un modèle exceptionnel en ce sens. La résistance a la capacité de continuer à ce rythme pendant longtemps. Israël ne peut pas nous vaincre », a-t-il dit. Le chef du parti a justifié l’avancée des soldats israéliens en territoire libanais – que les experts estiment à près de 5 km en profondeur dans certaines zones – par le fait que son groupe opère avec des tactiques totalement différentes de celles d’une armée conventionnelle. « La résistance n’est pas une armée régulière, elle lutte contre l’ennemi partout où celui-ci tente de progresser. C’est cela le travail de la résistance et sa méthode de confrontation », a-t-il enchaîné.
Reconnaissant les pertes importantes infligées au Hezbollah, il a expliqué qu’elles sont dues au fait que le parti affronte « un ennemi sauvage ». Il a souligné que l’armée israélienne « est également sous le feu » et enregistre des pertes importantes, « plus de 100 soldats tués et davantage de blessés ». Selon un décompte de l’AFP, qui se base sur les pertes reconnues par Tel-Aviv, 49 soldats israéliens ont été tués au Liban-Sud. Kassem a par ailleurs assuré que le Hezbollah, qui a connu une période de « confusion durant une dizaine de jours » après l’assassinat de son ancien leader, Hassan Nasrallah, a vite retrouvé sa « vigueur dans tous les domaines ». « Nous disposons des moyens qu’il faut pour faire face aux défis », a-t-il assuré.
Le chef du Hezbollah a dans ce contexte affirmé que son groupe viserait « le centre de Tel-Aviv », en riposte à trois frappes israéliennes sur Beyrouth dimanche et lundi, dont l’une a tué le responsable média du mouvement, Mohammad Afif. Israël « a attaqué le cœur de la capitale. C’est pourquoi il doit s’attendre à une riposte sur le centre de Tel-Aviv », a-t-il dit.
« Nous pensons à l’avenir »
Ce n’est que vers la fin du discours que Naïm Kassem a évoqué le volet politique, comme pour dire que le parti est disposé, après la guerre, à faciliter la reprise du fonctionnement des institutions, à commencer par l’élection d’un président. Cette échéance est bloquée depuis plus de deux ans et demi par le tandem Amal et le Hezbollah, qui étaient attachés à leur candidat, le chef des Marada, Sleiman Frangié. Dans son discours, le secrétaire général semblait toutefois jeter du lest. « Nous pensons à l’avenir de notre pays. Nous apporterons notre contribution efficace à l’élection d’un président de la République à travers le Parlement », a-t-il dit, insistant sur le fait que ces « démarches internes se feront dans le cadre de l’accord de Taëf, en coopération avec les forces politiques ». « Nous reconstruirons ensemble, avec l’aide de l’État et de pays tiers. Le Liban redeviendra encore plus beau », a-t-il promis, avant de rappeler le fameux triptyque « Armée-peuple-résistance », auquel le Hezbollah se dit attaché, malgré des hauts et des bas dans les relations avec la troupe.



Ce n’est pas Naim, c’est Berry qui laisse faire L’Iran via Naim. Comment il s’intitulait le fameux western déjà ?? Pour une poignée de dollars ?? Sans Berry le Liban se recompose en 5 jours. Mais bon d’ici là …
14 h 39, le 22 novembre 2024