Des secouristes dans les décombres de l'immeuble visé par une frappe israélienne à Ras el-Nabeh, à Beyrouth, le 17 novembre 2024. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le quartier de Ras el-Nabeh à Beyrouth, frappé il y a quelques heures par l'armée israélienne, est encore sous le choc. L'attaque, qui a visé un immeuble du parti Baas syrien a tué Mohammad Afif, le chef du bureau des médias du Hezbollah, alors qu'il se trouvait sur les lieux, selon plusieurs sources sécuritaires citées par Reuters et l'AFP.
La frappe a détruit les deux derniers étages de l'immeuble de quatre étages, faisant un tué et trois blessés, indique un bilan préliminaire du ministère de la Santé. La Croix-Rouge, elle, s'active sur place et aurait retiré des restes humains des décombres, ce qui pourrait alourdir le bilan, selon notre journaliste sur place Lyana Alameddine.
La présence de Mohammad Afif, haut responsable du parti chiite, dans un quartier densément peuplé de la capitale et abritant de nombreuses familles sunnites a suscité la colère de plusieurs habitants rencontrés par notre journaliste.
« Qu'est-ce que Mohammad Afif est venu faire ici ? On se croyait en sécurité », hurle une femme dont le mari a été touché lors de la frappe. « J’étais à 30 mètres de l’attaque », lance un homme à moto qui dit avoir entendu le bruit de la chute du missile. « Ils ont frappé une personnalité importante… Que faisait cet homme chez nous ? Il était caché parmi nous et nous a mis en danger », poursuit ce natif du quartier de Ras el-Nabeh. « La résistance qui est au front au Liban-Sud, c'est une chose. Mais se cacher parmi nous, c'en est une autre », ajoute-t-il.
Un habitant du quartier, lui, confie que « personne ne s'attendait à une frappe ici ». « Je suis passé devant le bâtiment ce matin. La guerre nous poursuit. J'espère qu'il n'y aura pas d'autres frappes ici », ajoute-t-il.
Melhem Khalaf, député contestataire de Beyrouth, s'est rendu sur place et a mis en garde contre « une situation dangereuse » à laquelle il faut remédier. « On est dans une situation tellement dangereuse qu'il est demandé à toutes les forces politiques libanaises de prendre une décision nationale pour sauver le pays, sans quoi on va poursuivre la déliquescence de l'État et on ne pourra pas faire face à cette agression » israélienne, a-t-il confié à L'OLJ.



La question effectivement que se posent tous les libanais. La milice prend les libanais pour des boucliers humains.
20 h 11, le 17 novembre 2024