La Coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert (à gauche), rencontrant le Premier ministre libanais sortant Nagib Mikati, à Beyrouth, le 12 novembre 2024. Photo ANWAR AMRO / AFP
La Coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, a fustigé mardi les « différentes parties » prenantes de la résolution 1701 du Conseil de sécurité pour leur application partielle jusqu'à présent de la résolution 1701 de l'organisme, qui avait mis un terme à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.
Dans un exposé devant le Conseil de sécurité, au cours d'une séance à huis-clos sur le dernier rapport d’évaluation du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, relatif à la mise en oeuvre de la résolution 1701, Mme Hennis-Plasschaert a rappelé que le « cadre » permettant de mettre un terme à la guerre entre Israël et le Hezbollah existait déjà, avec la résolution 1701, mais que « cette fois-ci les parties ne peuvent plus choisir quelles dispositions mettre en œuvre tout en ignorant les autres », faisant allusion aux violations répétées de la résolution 1701 tant par Israël que par le Hezbollah depuis la guerre de 2006. Ce texte prévoyait notamment le retrait du Hezbollah au nord du fleuve Litani ainsi que le respect de la souveraineté de l’espace aérien libanais par l'État hébreu.
Mise en garde contre « une nouvelle guerre »
La diplomate onusienne a averti que de nouvelles violations de cette résolution ne « mèneraient qu’à une nouvelle guerre ».
Dans le rapport discuté lors de la séance de mardi soir, le chef de l’ONU qualifiait la résolution de 1701 de « cadre crucial de stabilité régionale » mais dont « l’application nécessite des efforts accrus de la part des acteurs locaux et internationaux ». Ce rapport contenait également deux annexes détaillées sur la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) et le renforcement de l’armée libanaise, qui ont fait l’objet de consultations fermées lors de cette session du 19 novembre du Conseil de sécurité.
La coordinatrice spéciale a en outre réitéré « l’urgence absolue d’une cessation des hostilités, au regard de la crise humanitaire d’ampleur catastrophique » au Liban et des répercussions économiques du conflit sur un pays qui connaît déjà une « situation socio-économique et financière dégradée » et une « corruption systématique omniprésente ». Elle a souligné dans ce cadre l’importance de « réintégrer l’Etat libanais dans l’équation » et le fait que « les efforts pour mobiliser le soutien en faveur des Forces armées libanaises devaient se concentrer sur les besoins identifiés tant au sud qu'au nord du fleuve Litani ».
Tout en remerciant les donateurs pour leurs contributions, elle a indiqué que seuls 23,5% du montant de l’appel humanitaire urgent de l’ONU ont été couverts, et a appelé à ce que les promesses de dons se « transforment en financements réels, proportionnels à la gravité de la crise ». Le 1er octobre, les agences humanitaires de l’ONU avaient lancé un appel de fonds de 426 millions de dollars pour venir en aide au plus d’un million de personnes déplacées au Liban à la suite de l’escalade du conflit par Israël le 23 septembre dernier, d'après les chiffres du ministère de la Santé libanais.
Jeanine Hennis-Plasschaert a conclu son exposé en revenant sur le terme de « résilient », souvent utilisé pour qualifier le peuple libanais, qui suscite de plus en plus de « mécontentement » selon elle. « Épuisés par un cycle incessant de crises, les Libanais cherchent simplement - et méritent- une solution durable, une fois pour toutes. », a-t-elle souligné.



