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Politique - Liban-Israël

Nouvel appel urgent de Guterres pour « un retour immédiat à la cessation des hostilités » et une solution politique durable

La résolution 1701 « reste un cadre crucial de stabilité régionale, mais son application nécessite des efforts accrus de la part des acteurs locaux et internationaux », détaille le dernier rapport du chef de l'ONU.

Nouvel appel urgent de Guterres pour « un retour immédiat à la cessation des hostilités » et une solution politique durable

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres à Bakou, le 12 novembre 2024. Photo Alexander NEMENOV/AFP

Dans son dernier rapport d’évaluation complète de l’application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité de l'ONU qui couvre la période allant du 21 juin au 20 octobre 2024, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, fait état d’une « escalade alarmante des tensions entre Israël et le Hezbollah », aggravant les violations de la cessation des hostilités établie par la résolution 1701 et menaçant de plonger la région dans un conflit généralisé.

Les affrontements armés ont atteint un sommet avec le lancement de l’opération israélienne « Flèches du Nord » le 23 septembre, accompagnée de bombardements massifs et d’incursions terrestres au nord de la Ligne bleue. Les lourds bombardements israéliens à travers le Liban, y compris à Beyrouth et dans les zones urbaines, ont causé des pertes humaines considérables et des déplacements et destructions massifs. En réponse, le Hezbollah a intensifié ses attaques contre Israël, utilisant des roquettes, des missiles et des drones. « L’escalade dramatique des hostilités a mis en évidence l’urgence d’un retour immédiat à la cessation des hostilités et l’impératif à long terme de progresser vers un cessez-le-feu permanent entre le Liban et Israël, » relève le chef de l’ONU.

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La résolution 1701 a remodelé le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) à la lumière de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah et appelé à une cessation des hostilités entre les parties. Ce rapport qui comprend deux annexes détaillées sur la Finul et le renforcement de l’armée libanaise, fera l’objet de consultations closes du Conseil de sécurité prévues le 19 novembre. La coordonnatrice spéciale de l'ONU pour le Liban Jeanine Hennis-Plasschaert, et le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix Jean-Pierre Lacroix, qui vient d’effectuer une tournée au Liban et en Israël, sont les intervenants attendus. Les membres du Conseil suivent de près l’évolution de la situation au Liban, en Israël et dans la région, afin d’évaluer si des mesures supplémentaires sont nécessaires.

Désarmement et contrôle des armes

Malgré les efforts internationaux, aucun progrès n’a été réalisé concernant le désarmement des groupes armés non étatiques au Liban. Les actions militaires du Hezbollah continuent de violer les résolutions 1701 et 1559 (2004), indique le rapport. Le Hezbollah continue de démontrer ses capacités militaires, exacerbant les tensions avec l’utilisation de drones offensifs et de missiles sol-air, affirmant avoir mené plus de 3 194 opérations militaires contre Israël depuis octobre 2023. Israël, de son côté, a intensifié ses frappes pour contrer les transferts présumés d’armes au Hezbollah depuis la Syrie, via des routes et des postes frontaliers.

Les activités de la Finul

La Finul a continué à documenter les violations de la résolution malgré les restrictions accrues sur ses opérations. Les données incluent : 2 531 projectiles tirés du nord au sud de la Ligne bleue et 3 332 projectiles en sens inverse entre juin et septembre 2024.

Une augmentation spectaculaire à 15 481 projectiles du sud au nord après le 23 septembre ; 1 892 violations aériennes israéliennes enregistrées entre juin et septembre totalisant 7 251 heures de survol. Une intensification a été observée après septembre, atteignant 1 293 violations pour 7 450 heures de survol. Les frappes aériennes israéliennes ont également touché des positions de la Finul, causant des blessures parmi les Casques bleus et entravant leurs activités de surveillance.

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Crise humanitaire

La guerre a entraîné une catastrophe humanitaire majeure :

*Pertes humaines : plus de 2 467 morts, dont 150 enfants et 270 femmes depuis octobre 2023, sur la période concernée par le rapport. De ces chiffres, 1 860 décès ont été enregistrés entre septembre et octobre 2024. (Le ministère de la Santé libanais fait lui état de plus de 3 400 personnes tuées au Liban depuis octobre 2023, dans son dernier bilan).

*Déplacements : plus de 1,2 million de personnes ont été déplacées.

*Infrastructures : destructions massive des habitations et des infrastructures essentielles, y compris contre des hôpitaux et installations de santé. Les bombardements ont endommagé 28 systèmes d’approvisionnement en eau, affectant 344 400 personnes. La fermeture de cinq hôpitaux a aggravé la crise sanitaire. Un cas de choléra a été signalé parmi les personnes déplacées, accentuant les risques pour la population vulnérable.

Un appel éclair lancé par les Nations unies pour collecter 425,7 millions de dollars a été lancé à Paris pour répondre à la crise humanitaire qui n’a été financée qu’à 15,1% au 20 octobre.

L'impact sur les civils et infrastructures

Les zones densément peuplées, y compris Beyrouth et le Liban-Sud, ont subi d’importantes pertes humaines et des dommages matériels considérables. Les infrastructures médicales, les écoles et les habitations ont été lourdement affectées, aggravant la vulnérabilité des populations civiles. Israël a lancé plusieurs avertissements à risque, mais les frappes intensives ont causé des destructions généralisées, incluant des bâtiments résidentiels et des centres médicaux.

Situation politique et institutionnelle

Au niveau national, le Liban reste confronté à une instabilité politique majeure, exacerbée par la vacance présidentielle depuis 2022. Les efforts pour élire un président et pour mettre en œuvre des réformes économiques et structurelles, y compris un accord avec le FMI (Fonds monétaire international), stagnent. L’explosion au port de Beyrouth en 2020 reste également sans résolution judiciaire.

Les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit ont inclus un appel conjoint des États-Unis, de la France et d’autres nations en faveur d’un cessez-le feu temporaire. Cependant, les parties ont continué à rejeter ces propositions. Le gouvernement libanais a également appelé à la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701. Parallèlement, l’instabilité politique au Liban, exacerbée par la vacance présidentielle et les retards dans les réformes économiques, complique les efforts de résolution.

Observations

Le secrétaire général a exprimé sa « profonde préoccupation » face à l’intensité des hostilités, appelant à une désescalade immédiate et à des négociations pour rétablir un cessez-le-feu durable. La communauté internationale est exhortée à intensifier son engagement diplomatique et humanitaire pour éviter une catastrophe régionale plus large. En conclusion, le rapport met en garde contre la spirale de la violence qui pourrait entraîner une déstabilisation régionale. La désescalade immédiate, associée à des efforts diplomatiques concertée, est impérative pour éviter une catastrophe. Le secrétaire général appelle toutes les parties à respecter pleinement la résolution 1701, à assurer la protection des civils et à coopérer avec la Finul pour garantir la paix et la stabilité.

Dans son dernier rapport d’évaluation complète de l’application de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité de l'ONU qui couvre la période allant du 21 juin au 20 octobre 2024, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, fait état d’une « escalade alarmante des tensions entre Israël et le Hezbollah », aggravant les violations de la cessation des hostilités établie par la résolution 1701 et menaçant de plonger la région dans un conflit généralisé. Les affrontements armés ont atteint un sommet avec le lancement de l’opération israélienne « Flèches du Nord » le 23 septembre, accompagnée de bombardements massifs et d’incursions terrestres au nord de la Ligne bleue. Les lourds bombardements israéliens à travers le Liban, y compris à Beyrouth et dans les zones urbaines, ont...
commentaires (5)

Une des seules personnes respectables de la "communauté internationale". C'est pourquoi on ne l'écoute pas. Un indice de sa respectabilité : il est persona non grata en Israël !

Politiquement incorrect(e)

12 h 36, le 17 novembre 2024

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Commentaires (5)

  • Une des seules personnes respectables de la "communauté internationale". C'est pourquoi on ne l'écoute pas. Un indice de sa respectabilité : il est persona non grata en Israël !

    Politiquement incorrect(e)

    12 h 36, le 17 novembre 2024

  • Cet type et son organisation n'ont malheureusement AUCUN levier sur AUCUN des acteurs (cause toujours tu m'intéresses, ils doivent tous penser) . c'est triste mais c'est comme ça !

    Ziad CHOUEIRI

    11 h 26, le 17 novembre 2024

  • Non mais quelle autorité dites-moi!

    Sissi zayyat

    11 h 09, le 17 novembre 2024

  • Cause toujours tu les intéresses. Surtout lui.

    Sissi zayyat

    11 h 08, le 17 novembre 2024

  • A quoi sert-il ? …

    Coroll

    10 h 45, le 17 novembre 2024

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