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Nos lecteurs ont la parole

Les Libanais et l’origine culturelle et mentale du désastre


À la source du désastre libanais de non-État, dont les manifestations sont guerrières, diplomatiques, économiques, sociales…, il y a une mentalité politique libanaise qui exige désormais une thérapie pour un avenir libanais de confiance et de stabilité. Deux structures mentales convergentes et mortifères ont débouché et débouchent au désastre.

Il s’agit, d’une part, d’une mentalité maronite (nous ne disons pas les maronites, ni surtout Bkerké), qui a conclu un accord du Caire revisité le 6/2/2006 avec une formation mue par une idéologie spartiate de mort, armée et financée par l’Iran.

Il s’agit, d’autre part, d’un chiisme persan (nous ne disons pas les chiites libanais), en rupture avec tout le patrimoine cumulé de Moussa Sadr, Mohammad Mehdi Chamseddine, Adel Osseirane, Hussein Husseini, Kamel el-Assaad, Hani Fahs…, dont la stratégie est le blocage institutionnel, l’idéologie de la force et la violation du préambule de la Constitution à propos de l’arabité du Liban par son identité et appartenance.

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Ces deux tendances morbides, dont les motivations relèvent de la psychohistoire, science marginalisée dans des recherches et des programmes académiques et dans notre historiographie du Liban (Llyod de Mause, Les fondations de la psychohistoire, PUF, 1982 et rééd. 1988, 290 p.), exigent désormais des travaux et des programmes en vue de la paix civile consolidée, la citoyenneté non pas en général, mais constructrice d’État et la neutralité du Liban dans le cadre de la Ligue arabe.

D’autres psychologies communautaires comportent des aspects convergents ou conflictuels dus à des expériences historiques antérieures à la genèse de l’État (sic) du Grand Liban le 1er septembre 1920. Une historiographie libanaise, scientifique, réaliste et pédagogique doit prendre en considération les mentalités. La psyché libanaise arménienne notamment fournit l’exemple d’une mémoire collective et partagée consciente de la primauté de l’État. Le grand Khatchik Babikian, face à des réclamations de formation d’une milice en 1975, m’avait dit : « Nous ne voulons pas vivre un nouvel exode! » Cette mentalité immunisée n’a pas empêché des militants arméniens de contribuer fermement à l’intégrité et souveraineté du Liban.

Il ne faut pas cependant généraliser les effets de psychismes communautaires morbides. Des Libanais critiquent globalement la « classe politique », alors que le désastre est imputable à deux ou trois nouveaux « buyûtât siyâsiya » (familles politiques). Les partis disqualifiés de traditionnels (Kataëb y compris Forces libanaises issues des Kataëb, PNL, Beyt al-Wasat issu des constantes islamiques, Parti socialiste progressiste…) connaissent par expérience les limites libanaises du possible.

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À quoi se heurtent des perspectives renouvelées, culturelles, mémorielles et éducatives ? À la propension de légalistes (et non de juristes), d’intellectuels sans expérience, et d’idéologues de la modernité et de l’édification nationale, à cogiter dans des publications et des discours répétitifs : haro sur le « nizâm » (régime politique, formule libanaise, pacte national…) !

Qu’entendent-ils par « nizâm » ? Il y a trois problèmes distincts dans le slogan de « nizâm ». S’agit-il du texte de la Constitution, de la pratique politique, ou du discours politique sur le marché démagogique des opinions ?

Dans l’Exhortation apostolique du pape Jean-Paul II, proclamée à Beyrouth le 10 mai 1997, il est expressément relevé, et en caractère italique : « Ce qu’il faut promouvoir, c’est une nouvelle mentalité… » (Clause 9).

Le Liban est condamné périodiquement à s’autodétruire, à l’encontre de la chanson patriotique en vogue, à défaut d’un travail culturel, pédagogique et mémoriel en profondeur en psychologie politique.

Membre du Conseil constitutionnel, 2009-2019

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

À la source du désastre libanais de non-État, dont les manifestations sont guerrières, diplomatiques, économiques, sociales…, il y a une mentalité politique libanaise qui exige désormais une thérapie pour un avenir libanais de confiance et de stabilité. Deux structures mentales convergentes et mortifères ont débouché et débouchent au désastre.Il s’agit, d’une part, d’une mentalité maronite (nous ne disons pas les maronites, ni surtout Bkerké), qui a conclu un accord du Caire revisité le 6/2/2006 avec une formation mue par une idéologie spartiate de mort, armée et financée par l’Iran. Il s’agit, d’autre part, d’un chiisme persan (nous ne disons pas les chiites libanais), en rupture avec tout le patrimoine cumulé de Moussa Sadr, Mohammad Mehdi Chamseddine, Adel Osseirane, Hussein Husseini, Kamel...
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