Des chars de l'armée israélienne sont déployés dans la région de haute Galilée, au nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban, en octobre 2024. Photo d'illustration AFP
Une photo d’un olivier vert sur un fond jaune, avec en commentaire un cœur brisé : telle était la réaction sur la plateforme X du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, après l’annonce mercredi par l’armée israélienne de la mort, au Liban-Sud, de six soldats. L'olivier vert sur fond jaune, c'est l'emblème de la célèbre brigade Golani de la 36e division de l'armée israélienne, fondée en 1948, avant même la création de l'État d'Israël quelques mois plus tard.
Le 13 novembre, ces six soldats du bataillon 51 de la brigade Golani ont été tués après être entrés dans un bâtiment au Liban-Sud. Si les médias israéliens ont d’abord rapporté une explosion du bâtiment pour rendre compte de l’attaque meurtrière sur la brigade d’élite, une enquête prémilitaire de l’armée israélienne rapporte qu’ils ont été tués par des combattants du Hezbollah campant dans le bâtiment. Avec un total de 47 militaires tués depuis le début de l'offensive terrestre israélienne au Liban-Sud annoncée le 30 septembre, il s'agit de l'incident le plus meurtrier pour l'armée israélienne, avec un autre ayant coûté la vie à six commandos dans les premiers jours de ces opérations, rappelle l'AFP.
L'Orient-Le Jour revient sur l'histoire de cette brigade et les offensives militaires auxquelles elle a pris part au Liban.
La brigade Golani et l'offensive terrestre au Liban-Sud
La brigade Golani fait partie des cinq divisions impliquées dans l'offensive terrestre au Liban-Sud. Cette offensive nécessite des forces de l'armée régulière « bien plus professionnelles » que les réservistes, nous expliquait l'expert militaire Riad Kahwagi, le 7 octobre dernier.
Le nom de la brigade est revenu plusieurs fois depuis début le début de la guerre déclenchée par le Hezbollah le 8 octobre 2023 en soutien au Hamas, à Gaza : dans la nuit du 13 au 14 octobre dernier, le Hezbollah avait mené une frappe avec « un essaim de drones piégés » contre sa base d'entraînement à Binyamina, dans le sud de Haïfa, tuant au moins quatre soldats et en blessant plus de 60 dont sept grièvement, d’après le bilan officiel de l’armée israélienne. Le 17 octobre, cinq soldats de son unité de reconnaissance tombaient au combat.
Une brigade qui précède la création de l’État d’Israël
Surnommée « 1re Brigade » et créée le 22 février 1948, la brigade Golani se confond avec l’histoire de l’État hébreu, dont elle précède la création de quelques mois : elle est née de la réorganisation des forces paramilitaires israéliennes, chargées de soutenir l’immigration juive en Palestine et défendre les colonies qui se constituaient. « La brigade Golani est la seule brigade d'infanterie régulière de Tsahal (acronyme hébreu de l'armée israélienne, NDLR) qui opère de manière continue depuis la création de l'armée israélienne, puisqu'elle faisait partie de l'organisation de la Haganah. La brigade a pris une part active dans toutes les guerres et opérations depuis la création de l'État d’Israël », peut-on lire sur le site de l’armée israélienne.
Constituée de trois bataillons d’infanterie – les bataillons 12, 13 et 51 – et d’un bataillon de reconnaissance (créé un demi-siècle plus tard, en 2001), subordonnée à la 36e division de l’armée israélienne et traditionnellement associée au commandement du Nord, celle qui est généralement considérée comme la principale brigade d’infanterie de l’armée israélienne charrie avec elle toute une série de symboles, dessinant une certaine idée que l’État d’Israël se fait de lui-même.
Au-delà du nom tiré du plateau syrien du Golan dont une partie a été annexée par Israël, la brigade contient des signes distinctifs devant indiquer « l’appartenance des Israéliens à la terre d'Israël », selon l'armée : le béret marron porté par ses fantassins renvoie à la couleur de la terre, tandis que l’insigne que chaque soldat porte sur lui, sur lequel repose un olivier sur fond jaune, reproduit l’olivier du Golan et ses collines ensoleillées.
L’hymne de la brigade, « Mon Golani » (Golani Sheli), popularisé par le chanteur israélien Yoram Gaon, rappelle la participation de celle-ci aux principales guerres d’Israël : celle de 1948, dite « d’indépendance », la guerre des Six-Jours de 1967 et la guerre du Yom Kippour de 1973.
Véritable objet de la culture populaire israélienne, des casquettes, mugs, drapeaux ou tee-shirts sont vendus avec l’insigne de la brigade. « Comment reconnaître la brigade la plus dangereuse de l’armée israélienne ? Le béret marron, le symbole de l’olivier sur l’épaule et le feu dans les yeux », lance fièrement un présentateur au début d’un reportage réalisé par la chaîne de télévision israélienne i24News en octobre 2022 sur la brigade Golani. C’est cette idée d’une brigade intrépide et victorieuse qui est largement répandue en Israël.
Golani et l'invasion israélienne de 1982
Depuis 1982, la brigade Golani est associée au Liban. Lors de la deuxième invasion du pays du Cèdre cette année-là dans ce que l'armée israélienne appellera l’opération « Paix en Galilée », la brigade a participé à « la conquête du château de Beaufort », une citadelle située près dʼArnoun, au Liban-Sud.
Lors de la guerre de 2006, elle prend part à la bataille de Bint Jbeil, du 24 juillet au 11 août. D'après le récit israélien, le lieutenant-colonel du bataillon 51 Roy Klein a perdu la vie en sautant sur une grenade lancée par des combattants du Hezbollah, pour sauver ses camarades de l’armée.
Polémique et drapeau libanais brûlé
Dernièrement, des militaires de la brigade Golani ont mis l'armée israélienne dans l'embarras, en provoquant une polémique. Sur une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux début novembre, on y voit des soldats de la brigade dans un village au Liban-Sud en train de brûler un drapeau libanais et danser. Des images qui ont mis à mal le narratif de l'armée israélienne qui s'efforce de dire qu'elle se bat contre le Hezbollah et non contre la population libanaise. « (...) Nous considérons que l'incendie du drapeau libanais par certains soldats au Liban-Sud est un acte qui viole les instructions, ne correspond pas aux valeurs de l'armée israélienne et n'est pas conforme aux objectifs de nos activités militaires au Liban », avait ainsi dit le 9 novembre le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee.




Brigade des carnages et massacres de toutes sortes! Genocidaires degeneres!
09 h 30, le 17 novembre 2024