Des habitants inspectent les destructions provoquées par les frappes israéliennes sur la banlieue-sud de Beyrouth, dans la nuit du mercredi 6 novembre au jeudi 7. Photo Mohammad Yassine/L'OLJ
Un groupe d'ONG a exhorté mercredi les pays à tenir une session d'urgence du Conseil des droits de l'homme des Nations unies afin d'ouvrir une enquête sur les abus commis par les deux parties au conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban.
Dans une lettre adressée aux missions diplomatiques, 12 ONG, dont Human Rights Watch et Amnesty International, ont exhorté les États à agir de manière décisive face à une situation qui « échappe à tout contrôle », citant des incidents tels que les frappes israéliennes sur des infrastructures civiles comme les maisons et les hôpitaux. « Il existe un risque énorme que les mêmes types d'atrocités se produisent au Liban et à Gaza », a déclaré Jeremie Smith, directeur à Genève de l'Institut du Caire pour l'étude des droits de l'homme, dont l'organisation est à l'origine de l'appel.
« Des villes entières sont rasées, des milliers de personnes sont tuées et blessées et aucune enquête n'a été ouverte par qui que ce soit, où que ce soit. Nous ne pouvons pas laisser passer cela », a-t-il déclaré à l'agence Reuters. Israël et le Hezbollah s'affrontent depuis plus d'un an, parallèlement à la guerre que mène l’État hébreu à Gaza, après que le parti chiite libanais a commencé à tirer des roquettes sur Israël en solidarité avec son allié le Hamas.
Le conflit libanais a connu une escalade spectaculaire depuis la mi-septembre, la plupart des plus de 3 000 morts signalés par le Liban depuis octobre 2023 étant survenus au cours de cette période.
Dans l'attente d'une décision de Beyrouth
Il est presque certain que la réunion obtiendra le tiers des votes requis au sein du Conseil, qui compte 47 membres, mais il lui faudrait le soutien du Liban, qui, selon certains diplomates, pourrait avoir des réserves quant à l'idée d'un examen minutieux des actions du Hezbollah. L'ambassadeur du Liban à Genève, Salim Baddoura, a affirmé qu'une session était « possible » mais que Beyrouth n'avait pas encore pris de décision.
Les débats sur les politiques d'Israël ont été controversés par le passé et les États-Unis avaient provisoirement quitté le Conseil en 2018 sous la présidence de Donald Trump, prétextant un parti pris anti-israélien. Une telle réunion pourrait également raviver les allégations de deux poids deux mesures à l'encontre des États occidentaux, qui retiennent la responsabilité de la Russie dans les violations commises en Ukraine depuis son invasion en 2022, mais maintiennent leur soutien à Israël.
L'armée israélienne affirme qu'elle s'efforce d'éviter de provoquer des victimes parmi les civils, mais que des combattants du Hamas et du Hezbollah se cachent parmi ces derniers. L'organe de l'ONU n'a pas de pouvoirs juridiquement contraignants, mais il peut ordonner des enquêtes pour documenter les abus, ce qui constitue parfois une base en vue de poursuites pour crimes de guerre.



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