Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea. Photo prise de son compte X.
Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a déclaré mercredi dans une interview à la chaîne LBC qu’il acceptait la tenue d’une séance parlementaire pour élire un président de la République sans la participation de la communauté chiite, alors que le Liban est sans président depuis la fin du mandat de Michel Aoun le 31 octobre 2022.
« Oui, j'accepte une séance pour élire un président à laquelle la communauté chiite ne participerait pas. La Constitution le permet, tout comme le Pacte national. Par exemple, si les maronites refusaient une décision, est-ce que le pays serait paralysé en conséquence ? », a demandé M. Geagea, un des principaux leaders maronites.
Il a également estimé que « le refus de Nabih Berry de tenir des séances sans la participation des FL et du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) montre qu'il ne souhaite pas réellement convoquer de séance. Adopter ce principe est une approche erronée qui a conduit au blocage depuis 40 ans ».
Fin octobre, le patriarche Béchara Raï avait, pour la première fois, reproché nommément au président de la Chambre, Nabih Berry, de bloquer l’élection présidentielle. C'était la première fois que le chef de l’Église maronite accusait aussi clairement M. Berry d’entraver l’élection d’un nouveau président.
M. Geagea a poursuivi en déclarant que « la solution réside soit dans un amendement de la Constitution, en tenant compte des pratiques actuelles pour établir un nouveau cadre constitutionnel, soit dans le respect de la Constitution actuelle, qui prévoit la tenue de l’élection présidentielle. Il est donc inacceptable de demander un consensus avant l'élection ».
Commentant les attaques israéliennes au Liban, M. Geagea a estimé que « nous avons environ trois à quatre mois pour clarifier la situation, et je m'attends que les combats se poursuivent, voire s’intensifient. Les deux parties au conflit considèrent qu'elles ont une opportunité de renforcer leurs positions avant de parvenir à une situation qui limiterait leur marge de manœuvre ».
« Depuis le début du front de soutien (à Gaza), les calculs du Hezbollah étaient globalement erronés, et les résultats actuels le prouvent, a-t-il poursuivi. Malheureusement, le parti persiste dans cette logique, comme en témoigne le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem. En réalité, ce qui se déroule aujourd'hui correspond exactement aux plans israéliens ».
M. Geagea a souligné qu'« en un mois, les Israéliens ont occupé environ 200 kilomètres carrés (au Liban), alors qu'il leur a fallu entre huit et neuf mois pour occuper Gaza, qui s'étend sur 360 km carrés. Cela montre qu’ils sont bien en avance au Liban, contrairement à ce que prétend le Hezbollah ».
Le nouveau chef du Hezbollah, Naïm Kassem, a affiché mercredi sa détermination à poursuivre le combat contre Israël et à frapper l'État hébreu sur son sol, malgré les coups infligés à son parti par l’armée israélienne après plus d’un mois de guerre ouverte. Lors de sa seconde prise de parole après avoir succédé officiellement à Hassan Nasrallah, assassiné par Israël dans une frappe, Naïm Kassem a ainsi assuré avoir des dizaines de milliers de combattants prêts à affronter l’armée israélienne et averti qu’aucun endroit en Israël n’était à l’abri des missiles et drones de sa formation.
L’armée israélienne mène depuis le 23 septembre dernier une campagne de frappes intensives au Liban, visant en particulier les bastions du Hezbollah, et a lancé le 30 septembre une offensive terrestre. Le parti chiite assure que ses hommes repoussent les incursions israéliennes dans les secteurs frontaliers et annonce quotidiennement lancer roquettes, missiles et drones sur le territoire israélien.

