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Société - Justice

Entendu par le parquet suite à une plainte d’un dignitaire chiite, le journaliste Mohammad Barakat relâché sous caution

Le rédacteur en chef du site Asas Media, avait pointé « la négligence du Conseil supérieur chiite à l’égard des déplacés de la guerre et une mauvaise gestion de l’instance  ».

Le journaliste Mohammad Barakat, jeudi 7 novembre 2024, au Palais de Justice de Beyrouth. Photo DR

Le rédacteur en chef du site Asas Media, Mohammad Barakat, a comparu jeudi devant le procureur général près la Cour de cassation par intérim, Jamal Hajjar, sur base d’une plainte contre lui déposée récemment par le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali Khatib. Lors d’une entrevue sur la chaîne al-Jadeed, diffusée le 28 octobre, le journaliste avait accusé le cheikh Khatib de ne pas venir en aide aux déplacés de la guerre en cours, s’interrogeant en outre sur la transparence financière du Conseil supérieur chiite durant les 20 années écoulées.

À l’issue de l’interrogatoire mené par le juge Hajjar, le journaliste a été maintenu en liberté, sous caution d’élection de domicile. Avant d’entrer à l’audience, il avait écrit sur son compte X qu’il était porteur de questions quant à savoir « pourquoi un million de déplacés chiites n’ont pas été secourus, pourquoi les fonds du Conseil supérieur chiite ont été dépensés en dehors du budget, pourquoi le pouvoir de superviser les fonds du khoms (taxes religieuses) et de la zakate (aumônes) n’a pas été exercé et pourquoi la restauration de bâtiments à Hazmiyé appartenant au Conseil a été effectuée sans appel d’offres ».

« Mes propos (lors de l’entretien télévisé) ont été déformés », affirme M. Barakat à L’Orient-Le Jour, indiquant que la plainte a occulté les « accusations financières » qu’il avait lancées, de sorte qu’« elle a été présentée comme une action en diffamation ». Dans un communiqué publié en fin d’après-midi, jeudi, le journaliste a affirmé que la déformation de ses propos s’inscrit dans le cadre d’accusations d’« attisement de dissensions confessionnelles, passible d’un emprisonnement de trois ans ». Mes propos ne portent pas atteinte à la dignité du cheikh Khatib, ni à celle du Conseil supérieur chiite », a-t-il assuré. Selon son communiqué, Mohammad Barakat compte soumettre au parquet de cassation, dès la semaine prochaine, des documents prouvant « les infractions commises ».

Restauration à usage personnel ?

Lors de l’émission en question, M. Barakat avait affirmé que le cheikh avait fait restaurer quatre immeubles à Hazmiyé, l’accusant de « les garder à sa disposition », alors qu’ils peuvent accueillir « 200 familles ». Il a indiqué que durant la guerre de juillet 2006, le cheikh Abdel Amir Kabalan avait pourtant ouvert aux déplacés « ces mêmes bâtiments que l’imam Moussa Sadr (leader chiite disparu en 1978) avait consacrés au service de la communauté chiite ».

Contactée, une source du Conseil supérieur chiite affirme que seul un immeuble a été restauré et qu’un seul appartement y est habitable, tandis que les autres locaux sont à usage de bureaux et de pièces de réception. Selon la même source, ce sont des responsables de l’instance religieuse qui ont demandé au cheikh Khatib, dont le domicile se trouve dans une zone bombardée de la banlieue sud de Beyrouth, d’emménager dans l’appartement, qu’il habite depuis un mois. Quant à la restauration de l’immeuble, elle a été financée par budget de l’État, ajoute cette source.

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Le rédacteur en chef d’Asas Media avait par ailleurs accusé le cheikh Khatib de dépenser mensuellement « un milliard de livres, « l’équivalent d’environ 11 000 dollars, pour ses besoins personnels ». Un chiffre contesté par la source interrogée, qui assure que dans le cadre du budget du gouvernement, le cheikh Khatib reçoit de l’État libanais un salaire ne dépassant pas l’équivalent de 2 000 dollars. M. Barakat avait également accusé  le comité exécutif du Conseil de faillir à son obligation de s’informer et d’approuver les comptes d’institutions caritatives religieuses. « Des centaines de millions ont été récoltés durant les 20 dernières années, sans que ces fonds n’entrent dans les caisses du Conseil », avait-il déclaré. Des propos également réfutés par la source interrogée, selon laquelle ce sont « des autorités chiites régionales », et non le Conseil, qui recueillent de tels fonds. Enfin, en réponse aux critiques relatives à l’absence d’aide aux déplacés, la source précitée répond que le Conseil « a ouvert à près de 400 familles les portes de l’Université islamique (Khaldé) et celles de l’Université Waradiya à l’Iklim el-Kharroub ».

En août dernier, l’ordre des rédacteurs du Liban avait demandé aux journalistes « de refuser de comparaître devant un quelconque tribunal autre que celui des imprimés », compétent en matière de délit de presse. Dans son communique, M. Barakat affirme avoir reçu le même conseil, expliquant ne pas l’avoir suivi parce qu’il a « confiance dans l’intégrité et la sagesse du juge Hajjar. »

Le rédacteur en chef du site Asas Media, Mohammad Barakat, a comparu jeudi devant le procureur général près la Cour de cassation par intérim, Jamal Hajjar, sur base d’une plainte contre lui déposée récemment par le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali Khatib. Lors d’une entrevue sur la chaîne al-Jadeed, diffusée le 28 octobre, le journaliste avait accusé le cheikh Khatib de ne pas venir en aide aux déplacés de la guerre en cours, s’interrogeant en outre sur la transparence financière du Conseil supérieur chiite durant les 20 années écoulées.À l’issue de l’interrogatoire mené par le juge Hajjar, le journaliste a été maintenu en liberté, sous caution d’élection de domicile. Avant d’entrer à l’audience, il avait écrit sur son compte X qu’il était porteur de questions quant...
commentaires (2)

Où l'on apprend qu'un cheikh reçoit un salaire de l'Etat ? Ai-je bien lu ? La rénovation d'immeubles qui n'appartient pas a l'Etat Libanais a été financée par des deniers publics ? Sont-ce des accusations ou tout cela est bien avéré ?

K1000

12 h 22, le 08 novembre 2024

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Commentaires (2)

  • Où l'on apprend qu'un cheikh reçoit un salaire de l'Etat ? Ai-je bien lu ? La rénovation d'immeubles qui n'appartient pas a l'Etat Libanais a été financée par des deniers publics ? Sont-ce des accusations ou tout cela est bien avéré ?

    K1000

    12 h 22, le 08 novembre 2024

  • Le pays est failli et les caciques ont encore les moyens d’entretenir un pastiche de système judiciaire à l’encontre de ceux qui les critiquent. Pathétique

    AntoineK

    22 h 16, le 07 novembre 2024

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