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Monde - Focus

Deux Britanniques portent de nouveau plainte contre le président émirati d’Interpol

Plusieurs procédures ont déjà été ouvertes dans différents pays par les deux plaignants, sans pour l'instant aboutir.

Deux Britanniques portent de nouveau plainte contre le président émirati d’Interpol

Le président d’Interpol, le major-général Ahmad Nasser el-Raisi, travaille aussi pour les services de sécurité émiratis. Money Sharma/AFP

Son arrivée à la tête de la police internationale en novembre 2021 avait fait grand bruit. Alors que le major-général Ahmad Nasser el-Raisi est en déplacement à Glasgow pour l’assemblée générale d’Interpol qui se tient du 4 au 7 novembre, deux Britanniques ont porté plainte contre lui auprès de la police écossaise pour « torture ». L’homme était préalablement inspecteur général au ministère émirati de l’Intérieur, avec plus de 40 ans de carrière dans les forces de police communales et nationales, et serait ainsi tenu pour responsable des faits dont les deux plaignants l’accusent. Il s’agit du chercheur Matthew Hedges, arrêté en mai 2018 à la fin d’un séjour de recherche sur la stratégie sécuritaire émiratie pour espionnage et gracié en novembre de la même année après avoir été condamné à la perpétuité, et de Ali Issa Ahmad, qui avait été arrêté en janvier 2019 pour avoir porté un maillot de l’équipe du Qatar aux Émirats arabes unis, alors en plein blocus contre Doha. Le premier affirme avoir été maintenu à l’isolement, torturé et forcé de faire des aveux, tandis que le second dit avoir été battu et torturé avant d’être relâché quelques semaines plus tard après avoir payé une amende et sur l’intervention de la Grande-Bretagne. Des accusations que réfute Abou Dhabi.

Compétence universelle

Les deux hommes ont appelé la police écossaise à interroger le directeur d’Interpol au nom du principe de la compétence universelle, alors que les faits se sont déroulés dans la fédération émiratie. Matthew Hedges a déclaré au Telegraph que les forces de l’ordre écossaises ont « la responsabilité et le devoir » d’agir par rapport à sa plainte, affirmant qu’ils ont « plus de preuves qu’il n’en faut » pour ouvrir une enquête. En septembre 2023, le ministère britannique des Affaires étrangères a présenté des excuses officielles au chercheur, reconnaissant une expérience « éprouvante » après que ce dernier s’est plaint de la façon dont son cas avait été traité par la diplomatie du Royaume-Uni. « L’idée que c’est le président d’Interpol ou qu’il soit ici pour une grosse conférence ne devrait pas compter. Il y a un suspect ici, et la police écossaise devrait agir comme si c’était une affaire comme les autres », a ajouté le chercheur. Avec son coplaignant, ils affirment devoir gérer encore à ce jour le traumatisme de leur détention et des tortures endurées au quotidien. Matthew Hedges soutient qu’il est devenu dépendant aux médicaments qui lui ont été administrés de force en prison, et Ali Issa Ahmad dit être sous traitement pour des problèmes mentaux, se sentant en danger à chaque déplacement à l’étranger.

Pour mémoire

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« Ils m’ont traité avec une telle cruauté et avec un mépris total pour ma vie. Depuis ma libération, les Émirats arabes unis n’ont rien fait pour demander des comptes à ceux qui m’ont fait cela. Au lieu de ça, Raisi vient à Glasgow pour se pavaner comme une personne qui veut mettre fin à la criminalité. Rien n’est plus éloigné de la vérité. Il doit être traduit en justice pour ses actes et son inaction », a déclaré Ali Issa Ahmad, rapporte The Telegraph. Reste que les deux plaignants n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Une plainte pour « torture » et « détention arbitraire » avait été déposée par l’avocat des deux plaignants en Autriche contre le président d’Interpol en novembre 2023 pour la précédente assemblée générale de l’organisation à Vienne. Saisie un an plus tôt, la France a également ouvert une enquête préliminaire en mars 2022 pour « complicité de torture », alors que le siège d’Interpol se trouve à Lyon, puis une nouvelle enquête en mai de la même année pour une plainte évoquant des « tortures » et « détentions arbitraires » en 2018 et 2019. Les plaignants ont affirmé que Ahmad Nasser el-Raisi avait été convoqué pour être interrogé par des juges mais qu’il ne se serait pas présenté, souligne The Telegraph. Reste que l’accusé pourrait faire valoir une immunité diplomatique qui devra être validée ou pas par la justice, le titre de président d’Interpol étant largement honorifique. D’autres procédures pénales ont été engagées en Norvège, Suède et Turquie, et une action civile en Grande-Bretagne selon l’AFP.

Son arrivée à la tête de la police internationale en novembre 2021 avait fait grand bruit. Alors que le major-général Ahmad Nasser el-Raisi est en déplacement à Glasgow pour l’assemblée générale d’Interpol qui se tient du 4 au 7 novembre, deux Britanniques ont porté plainte contre lui auprès de la police écossaise pour « torture ». L’homme était préalablement inspecteur général au ministère émirati de l’Intérieur, avec plus de 40 ans de carrière dans les forces de police communales et nationales, et serait ainsi tenu pour responsable des faits dont les deux plaignants l’accusent. Il s’agit du chercheur Matthew Hedges, arrêté en mai 2018 à la fin d’un séjour de recherche sur la stratégie sécuritaire émiratie pour espionnage et gracié en novembre de la même année après avoir été condamné...
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