Les acteurs de la série assistent à la première à Los Angeles de « Monstres : l’histoire de Lyle et Erik Menendez » de Netflix, le 16 septembre 2024 à Los Angeles. Kevin Winter/Getty Images/AFP
Le procureur de Los Angeles a ouvert la semaine dernière la voie à une possible libération conditionnelle des frères Menendez, qui avaient choqué les États-Unis en 1989 avec le meurtre de leurs parents et sont revenus dans la lumière grâce à une série Netflix très populaire.
Le parquet va demander à un juge de réexaminer leur condamnation, ce qui pourrait « les rendre éligibles à une libération conditionnelle », a expliqué le procureur George Gascon.
Les deux frères avaient avoué avoir tué leurs parents, en affirmant avoir été violés pendant des années par leur père.
Le procureur a admis que la récente série les concernant avait poussé le parquet à reconsidérer cette affaire avec un œil neuf, dans un monde où le mouvement
#MeToo a changé la perception des victimes d’agressions sexuelles.
« Je pense que souvent, pour des raisons culturelles, nous ne croyons pas les victimes d’agressions sexuelles, qu’il s’agisse de femmes ou d’hommes », a développé le procureur.
L’assassinat en 1989 de José et Mary Louise Menendez dans leur maison huppée de Beverly Hills avait fait l’objet d’une véritable frénésie médiatique aux États-Unis.
Âgés de 18 et 21 ans au moment des faits, les deux frères n’avaient pas été condamnés en première instance : le jury n’avait pas réussi à atteindre l’unanimité nécessaire pour rendre un verdict.
En 1996, un deuxième procès a abouti à leur condamnation à la perpétuité incompressible, pour meurtre avec préméditation, après que le juge a refusé d’examiner de nombreux éléments relatifs à leurs accusations d’agressions sexuelles.
Les procureurs les avaient accusés d’avoir assassiné leurs parents afin d’hériter de leur fortune de 14 millions de dollars.
Immigré cubain, José Menendez avait fait fortune en devenant vice-président de la société de location de voitures Hertz, puis directeur des opérations du label de musique RCA.
Après le crime, ses deux fils avaient eux-mêmes appelé la police. Ils avaient d’abord mis le meurtre de leurs parents sur le compte de la mafia.
Mais les enquêteurs avaient rapidement détecté des failles dans leur version et avaient décortiqué leur train de vie, devenu follement dispendieux. Une dénonciation avait révélé l’aveu du meurtre, fait lors de séances enregistrées chez un psychothérapeute.
La série de fiction Monstres : l’histoire de Lyle et Erik Menendez, produite par Netflix, a récemment relancé l’intérêt pour cette affaire. Le géant du streaming lui consacre également un nouveau film documentaire.
Les deux productions, largement débattues sur TikTok et Instagram, ont provoqué une large mobilisation en ligne en faveur des deux frères.
Le réexamen de leur cas a révélé de nouveaux éléments : une lettre de l’époque où Erik évoque les agressions sexuelles de son père à un cousin avant le meurtre, et le témoignage d’un ex-chanteur de boys band latino qui explique avoir été drogué et violé par Jose Menendez dans les années 1980.
Plusieurs célébrités américaines, dont la star de la télé-réalité Kim Kardashian, ainsi qu’une partie de leur famille étendue se sont prononcées en faveur de leur libération. Le réexamen de leur cas « nous donne à tous l’espoir que la vérité sera enfin entendue et qu’Erik et Lyle pourront commencer à guérir des horreurs de leur passé », a déclaré la cousine des deux frères, Karen VanderMolen.
George Gascon, procureur connu en Californie pour sa politique progressiste, a insisté sur le fait que sa décision n’est qu’une recommandation, qui doit désormais être validée par un tribunal de Los Angeles.
Romain FONSEGRIVES/AFP


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