Des personnes marchent entre les décombres après une frappe israélienne qui a endommagé deux murailles d’enceinte de la ville historique de Baalbeck, dans la Békaa, le 29 octobre 2024. Nidal Solh/AFP
Le comité spécial de l’Unesco chargé de la protection des biens culturels en cas de conflit armé se réunira le 18 novembre pour une session extraordinaire consacrée au Liban, a annoncé jeudi à L’Orient-Le Jour Mustapha Adib, ambassadeur du Liban auprès de l’organisation onusienne. « Le bureau du comité est constitué de 12 pays, et huit se sont prononcés en faveur de cette réunion. Elle aura lieu », détaille M. Adib, alors que plusieurs sites historiques libanais inscrits au patrimoine de l’Unesco sont endommagés et menacés par des frappes israéliennes.
Depuis quelques jours, c’est sur la ville de Baalbeck et sa région que l’armée israélienne s’acharne, à coup de bombardements répétés. Jeudi, pour le second jour consécutif, l’État hébreu a frappé la ville après avoir appelé à son évacuation, sans que la carte publiée pour la zone menacée ne fasse exception de la ville antique, qui comprend l’un des temples romains les mieux préservés au monde, classé sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984.
Trois jours plus tôt, lundi, deux murailles d’enceinte juxtaposées de la vieille ville historique, l’une datant du mandat français et connue sous le nom de Gouraud (en référence au général Henri Gouraud) et l’autre de l’époque ottomane, ont été détruites par les frappes israéliennes. Celles-ci ont fait au moins 60 tués et 58 blessés dans le caza de Baalbeck-Hermel et dans d’autres régions de la Békaa sur la seule journée de lundi, selon un bilan provisoire du ministère de la Santé.
Mustapha Adib indique par ailleurs que la délégation permanente du Liban auprès de l’Unesco a sollicité la directrice générale de l’organisation, Audrey Azoulay, afin qu’elle s’exprime publiquement sur le sujet et qu’elle « demande la protection renforcée des sites naturels et archéologiques ». Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? « Que des organismes internationaux peuvent aider à la restauration du patrimoine endommagé, et surtout qu’on pourrait ainsi responsabiliser Israël pour ses crimes commis envers le patrimoine », répond M. Adib.
« C’est le maximum qu’on puisse faire », ajoute l’ambassadeur. « Il y a une menace imminente, on le voit tous. Il faut donc faire la pression nécessaire sur les instances internationales », juge-t-il, affirmant travailler avec la Direction générale des antiquités (DGA), un organisme qui dépend du ministère libanais de la Culture, pour constituer le dossier de demande de protection du patrimoine libanais.
« La ville historique tout entière de Baalbeck menacée »
Contactée par L’OLJ, une source proche de l’organisme responsable de la ville antique de Baalbeck auprès de la DGA se dit « dégoûtée » par les bombardements israéliens en cours. « Je ne sais même pas quoi dire, j’ai dû m’assurer que les ouvriers n’étaient pas sur le site au moment de l’ordre d’évacuation... Je n’ai pas les mots, j’en pleure », poursuit cette source qui a souhaité garder l’anonymat.
« La ville historique tout entière est menacée. Il ne s’agit pas seulement du complexe, de la citadelle elle-même : c’est toute une infrastructure, un écosystème autour. Les ouvriers qui travaillent sur place ont quitté leurs maisons qui sont à côté du site », ajoute cette source, dont la colère ne faiblit pas. « Personne ne fait rien, mêmes les étrangers ne bougent pas ! Tout le monde vous dit “c’est merveilleux, c’est magnifique” le site de Baalbeck... Mais faites quelque chose ! Ce n’est pas un film que l’on vit, ce ne sont pas seulement des images qu’on voit défiler, c’est la réalité ! » s’indigne-t-elle.
Même si la restauration du patrimoine déjà abîmé par les frappes est possible, celle-ci « prendra du temps », selon la même source. De son côté, Mustapha Adib espère que la réunion du 18 novembre permettra de faire avancer les choses. « Tout ce qui est en mon pouvoir est fait, assure-t-il. Mais tant qu’il n’y aura pas de cessez-le-feu, nous sommes tous exposés à toutes les violations israéliennes possibles. »






Le 18 novembre? Ces criminels illettrés auront tout détruit d'ici là et il sera temps de discuter pour protéger les ruines des ruines.
11 h 54, le 01 novembre 2024