Un missile israélien atterrissant au bas d'un bâtiment de la banlieue-sud de Beyrouth, le 22 octobre 2024. Photo AFP
L'armée israélienne a utilisé un missile « Spice 2000 » pour abattre mardi un bâtiment situé secteur Tayouné, un quartier limitrophe de la banlieue-sud de Beyrouth, a affirmé à L'Orient-Le Jour Shaan Shaikh, expert en missiles du Center for Strategic and International Studies (CSIS).
Cette frappe aérienne violente a fait s'effondrer sur lui-même un immeuble de dix étages. Deux autres ont touché d'autres bâtiments du quartier de Ghobeyri, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Aucune victime n'est à déplorer dans l'immédiat, et le bâtiment semblait avoir été évacué après un message d'avertissement publié sur le réseau X par le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee.
Alors que des vidéos impressionnantes de la frappe, en plein jour, ont énormément circulé sur les réseaux sociaux, l'une d'elles, ainsi que des photos de l'AFP, montrent clairement le missile s'abattre sur le bas du bâtiment visé, avant que celui-ci ne s'écroule. Ces images montrent bien un projectile « Spice », selon Shaan Sheikh, une bombe présentée il y a plusieurs mois dans une vidéo du Wall Street Journal intitulée « Pourquoi les États-Unis envoient des bombes Spice à Israël ».
Le kit Spice 2000 « peut être attaché à une variété de bombes aériennes non guidées de 2 000 livres (900 kilos, ndlr), les transformant en munitions très précises », a précisé dans un entretien sur la chaîne CNN Patrick Senft, coordinateur de recherche chez Armament Research Services (ARES). Trevor Ball, expert en explosifs et ancien membre senior de l'équipe américaine de déminage, a également confirmé à CNN que ce dispositif avait été utilisé dans la frappe de ce mardi.
Selon la société israélienne de technologie de défense Advanced Defense Systems, les missiles Spice 2000 (pour « Smart, Precise-Impact and Cost-Effective » (« intelligent, impact précis et bon rapport qualité prix » en français ) ont une portée de 60 kilomètres, et une « marge d'erreur circulaire probable (circular error probability, CEP) de trois mètres ». Ils peuvent être équipés d'une ogive à fragmentation explosive ou de pénétration. C'est ce deuxième type d'ogive qui a été utilisé, notamment dans les frappes massives ayant tué le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, le 27 septembre 2024.
Le Hezbollah et Israël sont engagés dans un conflit depuis plus d'un an parallèlement à la guerre à Gaza entre le Hamas et l'armée israélienne. Au moins 2 546 personnes ont été tuées dans les attaques israéliennes au Liban depuis octobre dernier, selon le ministère de la Santé.


