Le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil. Photo ANI
Le président du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, a déclaré mardi dans un entretien avec les chaînes saoudiennes al-Arabiya et al-Hadath, que son parti n'est « pas en situation d'alliance » avec le Hezbollah, mettant en garde contre les « risques réels de troubles internes » auxquels fait face le Liban.
Dans cet entretien, M. Bassil a affirmé que le Hezbollah « a ôté au Liban le prétexte de la légitime défense » contre Israël, en ouvrant un front de soutien à Gaza, le 8 octobre 2023, au lendemain de l'attaque meurtrière du Hamas et du début de l'offensive israélienne sur l'enclave palestinienne. Le CPL « est en désaccord avec le Hezbollah » sur le soutien à Gaza, a-t-il ajouté, soulignant que le parti chiite s'est depuis « affaibli » et a « contribué à l'affaiblissement du Liban ». Il a dans ce contexte reproché à son ex-allié, avec qui il avait forgé une entente politique en février 2006, d'avoir fait une « erreur stratégique » avec sa politique « d'unité de fronts » de la résistance, qui inclut les mandataires iraniens dans la région, notamment le Hamas, les houthis du Yémen et les milices irakiennes pro-Iran. Cette politique « favorise d'autres pays au détriment du Liban », a-t-il dit, quelques jours après que le Premier ministre libanais sortant, Nagib Mikati, a accusé ouvertement l'Iran d'ingérence dans les affaires libanaises et de « tentative de mise sous tutelle ». M. Mikati réagissait à des déclarations du président du Parlement iranien qui avait affirmé, puis démenti, dans un entretien au Figaro que Téhéran était prêt à négocier sur le futur du Liban-Sud. « L'Iran devrait combattre Israël directement, et non par l'intermédiaire d'une autre partie », a encore souligné le député de Batroun.
Menace « existentielle »
M. Bassil a encore affirmé que le CPL qu'il dirige « n'est pas dans une situation d'alliance avec le Hezbollah ». Il a en outre mis en garde contre le « réel danger de troubles intérieurs et de menace existentielle », auquel fait face le Liban, alors que des tensions accompagnent par moments l'accueil de plus d'un million de déplacés des zones bombardées par Israël, principalement chiites.
Lundi, le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, avait déjà mis en garde contre le risque d'une « guerre civile imminente » au Liban, dans un entretien sur la chaîne française LCI. Il avait évoqué à l'appui de ses dires les populations déplacées, les « dynamiques interconfessionnelles qui sont très fortes » ou encore « l'affaiblissement du Hezbollah (qui) est une bonne nouvelle, on ne va pas dire le contraire ». « Mais vous voyez bien que le Liban peut complètement s'effondrer encore plus qu'il ne l'est déjà », a-t-il ajouté.
Les relations entre les deux anciens alliés se sont tendues depuis d'une part le début de la guerre de Gaza, Gebran Bassil ayant à de nombreuses reprises critiqué la décision du Hezbollah d'entrer aussi dans le conflit, et d'autre part en raison du soutien affiché du parti chiite à une candidature à la présidentielle de Sleiman Frangié, chef des Marada et rival politique du leader du CPL.
Concernant d'ailleurs la présidentielle, dans un pays sans chef de l'Etat depuis près de deux ans, Gebran Bassil a affirmé avoir « proposé plusieurs noms » au président de la Chambre, Nabih Berry, écartant une nouvelle fois la possibilité d'une candidature du chef de l'armée, Joseph Aoun. Ce dernier « ne dispose pas d'un projet pour le Liban et fédère pas les Libanais », a estimé le député de Batroun.



Il a peur d’être la cible des israéliens en tant qu’allié du Hezbollah ? Toutes ces années passées lui et son beau papa.. ils furent et ils sont toujours un virus au sein des libanais . Ils ont participé au renforcement du Hezbollah en général. A le défendre malgré et contre tous et à lui faciliter son renforcement dans les quelques villages au sein des régions chrétiennes anti-Hezbollah. Nous ne pouvons pas oublier tellement ils ont fait du mal. OUI M BASSIL VOUS ÊTES ALLIÉS AVEC LE HEZBOLLAH. VOUS L’AVEZ ETE DURANT PLUS D’UNE DÉCENNIE.
13 h 11, le 23 octobre 2024