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Politique - Dans La Presse

Selon un document confidentiel, 15 Casques bleus auraient été blessés par du phosphore blanc tiré par Israël

Une enquête menée il y a plusieurs mois avait révélé « une trace possible de l'utilisation de phosphore blanc » par l'armée israélienne près d'une base de la Finul.

Selon un document confidentiel, 15 Casques bleus auraient été blessés par du phosphore blanc tiré par Israël

Des Casques bleus déployés à la frontière israélo-libanaise, dans la région de Khiam, le 12 octobre 2024. Joseph Eid/AFP

Nouvel élément dans le dossier des attaques israéliennes contre la Finul au Liban-Sud. Selon un rapport confidentiel décrivant une douzaine d'incidents récents dans le cadre desquels les forces israéliennes ont attaqué les hommes de la force onusienne au Liban, les soldats israéliens sont non seulement entrés de force dans une base clairement identifiée Finul le 13 octobre dernier, mais sont en outre soupçonnés d'avoir utilisé du phosphore blanc à une distance suffisamment proche pour blesser 15 Casques bleus. Ce rapport, consulté par le Financial Times, a été produit par un pays contribuant aux effectifs de la Finul.

Depuis l’escalade de l’offensive israélienne contre le Hezbollah au Liban, la Finul a accusé, à plusieurs reprises, l’armée israélienne d’avoir visé ses hommes et positions. La semaine dernière, la Finul, déployée au Liban-Sud, a accusé les troupes israéliennes de tirer « de façon répétée » et « délibérée » sur ses positions. Elle a rapporté que cinq Casques bleus avaient été blessés et que les positions de la mission avaient subi « beaucoup de dommages ». Tout en assurant que les Casques bleus « ne sont pas une cible », Israël a, à de nombreuses reprises, par la voix du Premier ministre Benjamin Netanyahu notamment, appelé la Finul à se replier plus au Nord. Ce que la Finul et les pays contributeurs ont refusé.

Lors d’une conférence de presse, vendredi dernier, Andrea Tenenti, porte-parole de la Finul, avait déclaré qu’une enquête menée il y a plusieurs mois avait révélé « une trace possible de l'utilisation de phosphore blanc » par l'armée israélienne près d'une base de la Finul. Il a ajouté que le Conseil de sécurité de l'ONU était informé de cette affaire.

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Les munitions au phosphore blanc ne sont pas interdites en tant qu'arme chimique, et leur utilisation — généralement pour créer des écrans de fumée, marquer des cibles ou incendier des bâtiments — par l'armée israélienne est documentée. Toutefois, en raison de leur capacité à causer des brûlures graves et à déclencher des incendies, les conventions internationales interdisent leur utilisation contre des cibles militaires situées parmi des civils.

« La Finul a rendu publics la plupart des incidents mentionnés dans le rapport confidentiel, mais ce dernier fournit des détails supplémentaires et inclut des photographies documentant l'étendue des dégâts infligés aux bunkers abritant des troupes, aux murs périmétriques et aux tours d'observation de plusieurs bases », poursuit le Financial Times.

Des tirs après la destruction des caméras de surveillance

Selon le rapport, si les incidents des premiers jours se sont principalement produits à proximité des positions de l’ONU, « les forces israéliennes ont commencé à tirer directement sur les bases de la Finul après le 8 octobre ». Le 10 octobre, deux Casques bleus ont été blessés lorsqu'un char Merkava de l'armée israélienne a tiré sur une tour d'observation au QG de la force internationale à Naqoura. « Une photographie dans le rapport montre un grand trou circulaire dans la tour, que Richard Weir, chercheur principal sur les conflits et les armes pour Human Rights Watch, a déclaré être compatible avec un tir direct », écrit le Financial Times.

Evoquant un autre incident, toujours le 10 octobre, dans le cadre duquel l’armée israélienne a tiré sur un bunker de l'ONU où des Casques bleus italiens s'étaient réfugiés, à Labbouné, le rapport précise que cette frappe « a eu lieu après que l'armée israélienne eut effectué des opérations de surveillance par drone et détruit les caméras de la position la veille. »

Le 13 octobre, deux chars Merkava de l'armée israélienne ont franchi la porte principale d'une base de la Finul avant d’en repartir au bout de 45 minutes. Une heure plus tard, plusieurs obus étaient néanmoins été tirés à environ 100 mètres au nord de la base, émettant « de la fumée de phosphore blanc suspecté » qui s'est infiltrée dans la base, blessant 15 Casques bleus. « Des photographies dans le rapport montrent les chars franchissant les portes et pénétrant dans la base, des murs périmétriques endommagés et de la fumée blanche se répandant partout », note le FT.

Sur cet incident, l’armée israélienne avait assuré que le char tentait, sous le feu, d'évacuer des soldats blessés. Et que pour ce faire, elle avait formé un écran de fumée.

Nouvel élément dans le dossier des attaques israéliennes contre la Finul au Liban-Sud. Selon un rapport confidentiel décrivant une douzaine d'incidents récents dans le cadre desquels les forces israéliennes ont attaqué les hommes de la force onusienne au Liban, les soldats israéliens sont non seulement entrés de force dans une base clairement identifiée Finul le 13 octobre dernier, mais sont en outre soupçonnés d'avoir utilisé du phosphore blanc à une distance suffisamment proche pour blesser 15 Casques bleus. Ce rapport, consulté par le Financial Times, a été produit par un pays contribuant aux effectifs de la Finul.Depuis l’escalade de l’offensive israélienne contre le Hezbollah au Liban, la Finul a accusé, à plusieurs reprises, l’armée israélienne d’avoir visé ses hommes et positions. La semaine...
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Comme d'habitude, dès que quelque chose est reproché à l'armée israélienne, c'est confidentiel et il n'y a jamais de conséquences, et tout finit par être oublié. A moins que l'on ne s'extasie dans la presse occidentale sur le "génie" des Israéliens qui ont réussi à piéger des bipers et à mutiler des centaines de civils. Et le plus énorme, c'est qu'on se fie aux enquêtes menées par l'armée israélienne sur ses propres crimes.

Politiquement incorrect(e)

20 h 22, le 22 octobre 2024

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Commentaires (1)

  • Comme d'habitude, dès que quelque chose est reproché à l'armée israélienne, c'est confidentiel et il n'y a jamais de conséquences, et tout finit par être oublié. A moins que l'on ne s'extasie dans la presse occidentale sur le "génie" des Israéliens qui ont réussi à piéger des bipers et à mutiler des centaines de civils. Et le plus énorme, c'est qu'on se fie aux enquêtes menées par l'armée israélienne sur ses propres crimes.

    Politiquement incorrect(e)

    20 h 22, le 22 octobre 2024

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