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Points de vue - Tensions Régionales

Entre Israël et l’Iran, le « jeu de massacre » peut-il s’arrêter ?

Entre Israël et l’Iran, le « jeu de massacre » peut-il s’arrêter ?

Des missiles iraniens au-dessus de la ville israélienne d’Ashdod, le 1er octobre 2024. Photo d’illustration Hazem Bader/AFP

Israël et l’Iran se livrent aujourd’hui à une vaste confrontation sur l’étendue du Moyen-Orient. Chacun la mène avec des moyens différents, ce qui ne fait qu’en accentuer la violence. L’Iran et ses alliés régionaux utilisent, de leur côté, toutes les recettes de la « guerre asymétrique », dont le principe est simple : tant que les alliés de l’Iran en Palestine, au Liban, en Syrie, au Yémen et ailleurs parviennent à tenir, à afficher leur opposition à l’État hébreu et à pouvoir l’attaquer par tous les moyens (bombardements, attentats, combats), alors ils se considèrent victorieux. La clé réside dans le fait qu’ils évoluent au sein de populations acquises a priori à leur cause, et opposées par principe à Israël. Face à cela, ce dernier applique, lui, la stratégie de la « guerre totale », qui consiste à exercer une pression multiforme, militaire, économique, sociale, psychologique, sur ces formations, et, plus encore, sur les populations qui les accueillent, de manière à couper leur lien avec les formations politiques pro-iraniennes, afin de leur couper l’herbe sous le pied sur le plan politique. Pour que la stratégie israélienne réussisse, elle doit cependant aller jusqu’au bout de sa logique, ce qui implique, dans les faits, d’infliger à ses adversaires une destruction quasi totale.

L’État hébreu a ainsi pilonné, envahi et rasé l’essentiel de la bande de Gaza, détruisant les infrastructures, isolant la population dans de petits réduits invivables et réduisant drastiquement les capacités du Hamas, tout en éliminant ses leaders, dont son chef Yahya Sinouar. Tel-Aviv en fait de même face au Hezbollah au Liban, pilonnant sans discrimination l’ensemble du Liban-Sud, de la Békaa et de la banlieue sud de Beyrouth. Il semble déterminé à envahir et raser une zone du Liban-Sud d’ampleur encore indéterminée. Il a bousculé et poussé à l’exode plus d’un million de personnes, essentiellement chiites, qui ont fui et s’entassent dans les autres régions du pays, à majorité sunnite, druze ou chrétienne, tandis que ces régions sont elles-mêmes bombardées de manière sélective, aggravant davantage les frictions confessionnelles. De fait, l’État hébreu fait peser une pression militaire, politique, socio-économique et psychologique colossale sur les « bras armés » de l’Iran en Palestine et au Liban, sans oublier la Syrie, ainsi que le Yémen, fortement bombardé par les aviations israélienne, américaine et britannique.

Un « deal » possible ?

Mais cela suffira-t-il ? Car, dans les faits, ces formations peuvent s’appuyer non seulement sur les populations qui les accueillent, mais également sur le soutien de Téhéran. Si ce dernier continue de vouloir se battre coûte que coûte, les choses peuvent se compliquer fortement, en empêchant Israël de transformer ses victoires tactiques et gains stratégiques. En clair, en l’empêchant de régler la question palestinienne comme il l’entend, et plus encore, en entravant la normalisation régionale que Tel-Aviv appelle de ses vœux. La question est donc : que va faire Téhéran, et que veulent exactement Tel-Aviv et Washington ? Y a-t-il un « deal » possible entre ces forces, aux termes duquel elles se partageraient l’influence dans la région ? Ce deal serait-il au contraire combattu farouchement par les extrémistes des deux camps, certains voulant encore la disparition de l’État d’Israël, et d’autres faire tomber le régime des mollahs à Téhéran et en finir avec l’islamisme politique dans sa version iranienne ?

La question palestinienne continue-t-elle d’être la pierre d’achoppement de tout accord ?

S’il faut se garder de répondre trop vite à ces questions, deux éléments permettent toutefois de donner une indication précise de ce qui va suivre : premièrement, s’il y a une confrontation directe et de grande ampleur entre les forces iraniennes et celles du tandem israélo-américain, en particulier en Iran même, alors cela voudra dire que le deal n’est plus d’actualité et que la survie du régime iranien est en jeu. D’où l’importance symbolique et cruciale de la « guerre des missiles » entre Israël et l’Iran, comme prélude à un affrontement de plus grande taille, ou au contraire comme excuse pour l’éviter.

Lutte au « finish » ?

S’il n’y a pas d’affrontement direct avec l’Iran et qu’un deal demeure possible, il est alors à craindre que l’affrontement indirect se poursuive jusqu’au bout, afin d’épuiser les cartes de l’adversaire avant de négocier. Et donc qu’Israël, épaulé par Washington, continue de s’employer à rendre inopérants tous les « bras armés » de l’Iran, en usant de la même tactique qu’à Gaza, celle de la guerre totale, jouant sur l’aspect militaire, politique, socio-économique et psychologique, afin de maximiser la pression. Tandis que l’Iran devra, lui, employer toutes les ressources de la guerre asymétrique, usant à l’extrême les capacités de résistance des sociétés locales au Liban, en Syrie, à Gaza, au Yémen, afin de rester dans le jeu et de parvenir à négocier. Ce qui signifie que les alliés de l’Iran – le Hamas, le Hezbollah, les houthis – devront continuer à hausser le ton, quoi qu’il arrive, afin d’occuper l’espace politique. Dans un tel scénario, toute

demi-mesure, tout accord bancal est difficile à imaginer. C’est une lutte « au finish », et il n’y a pas de limite aux destructions ou aux pertes possibles. Même la mort de leaders symboliques comme Yahya Sinouar ou Hassan Nasrallah ne suffira pas, seule, à changer le cours des choses, puisque la lutte est d’ampleur véritablement régionale.

L’affrontement prendra-t-il fin rapidement ? S’il est difficile de répondre à cela, une chose est certaine : Israël et l’Iran sont prêts à se battre jusqu’au dernier Palestinien, jusqu’au dernier Syrien et jusqu’au dernier Libanais. Jusqu’au moment où tous les adversaires seront épuisés, et où les États-Unis viendront, peut-être, sonner la fin de la partie.

Écrivain, économiste et directeur exécutif de « L’Orient-Le Jour ». Il intervient ici en tant que contributeur extérieur à la rédaction

Israël et l’Iran se livrent aujourd’hui à une vaste confrontation sur l’étendue du Moyen-Orient. Chacun la mène avec des moyens différents, ce qui ne fait qu’en accentuer la violence. L’Iran et ses alliés régionaux utilisent, de leur côté, toutes les recettes de la « guerre asymétrique », dont le principe est simple : tant que les alliés de l’Iran en Palestine, au Liban, en Syrie, au Yémen et ailleurs parviennent à tenir, à afficher leur opposition à l’État hébreu et à pouvoir l’attaquer par tous les moyens (bombardements, attentats, combats), alors ils se considèrent victorieux. La clé réside dans le fait qu’ils évoluent au sein de populations acquises a priori à leur cause, et opposées par principe à Israël. Face à cela, ce dernier applique, lui, la stratégie de la...
commentaires (5)

Le plus sidérant dans cette guerre sur notre territoire est, que beaucoup en parlent comme si elle était un n’évita le pour le Liban. On cherche à accabler la terre entière de notre malheur alors qu’il suffisait que tout le peuple se dresse contre cette usurpation contre nature pour l’éviter. Le peuple avait tout le pouvoir mais malheureusement dans chaque pays actuellement il n’y a plus un seul peuple, dans une même nation, mais des peuples et des tributs qui ne ne regardent pas dans la même direction. Alors ONU, OTAN OU autres, ils ne peuvent faire de miracles.

Sissi zayyat

18 h 02, le 26 octobre 2024

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Commentaires (5)

  • Le plus sidérant dans cette guerre sur notre territoire est, que beaucoup en parlent comme si elle était un n’évita le pour le Liban. On cherche à accabler la terre entière de notre malheur alors qu’il suffisait que tout le peuple se dresse contre cette usurpation contre nature pour l’éviter. Le peuple avait tout le pouvoir mais malheureusement dans chaque pays actuellement il n’y a plus un seul peuple, dans une même nation, mais des peuples et des tributs qui ne ne regardent pas dans la même direction. Alors ONU, OTAN OU autres, ils ne peuvent faire de miracles.

    Sissi zayyat

    18 h 02, le 26 octobre 2024

  • Et pour paraphraser Corneille le combat cessera-t-il fute de combattants ... ?

    Remy Martin

    16 h 49, le 19 octobre 2024

  • Dans le temps, la guerre de finissait en brûlant les édifice religieux et les bibliothèques culturelles afin de mettre un terme aux idées. Ensuite, ils brulaient les terres cultivables et fesait des pyramides avec les cranes des ennemis afin de terroriser et affamer et d'être sure que personne ne reviendra. Ainsi, avant l'invention de l'ONU, les guerres se finissaient !! Atrocement, mais elles se finissaient avec un vainqueur et un vaincu, c est la loi de la nature. Maintenant, le politiquement correct et avec les droits de l'homme les guerres s'éternisent. L'Iran, par lâcheté compte dessus

    Aboumatta

    15 h 44, le 19 octobre 2024

  • Il s'arrêtera lorsque l'un des deux camps s'épuisera. Pas une seconde avant.

    Khoueiry Marc

    14 h 13, le 19 octobre 2024

  • Il y a une 3eme option : deal Americano -iranien....pkoi pasMerci pour la bonne analyse

    Nad

    14 h 05, le 19 octobre 2024

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