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Lifestyle - La Mode

Envers et contre tout, les mariées de l’hiver

Rêver contre la guerre sera toujours la forme de résistance la plus puissante des créateurs libanais. C’est en ce sens qu’il faut lire la révélation des collections mariée de l’hiver 2025.

Envers et contre tout, les mariées de l’hiver

De gauche à droite : la collection mariée de l’hiver 2025 de Zuhair Murad, Georges Hobeika et Elie Saab. Photos DR/ Montage Jaimee Haddad/ L'OLJ

La niche reine de la haute couture qu’est la robe de mariée est une spécialité presque exclusive des grandes maisons de couture libanaises. Guerre ou pas, the show must go on et les collections de l’hiver 2025 viennent de sortir. Est-ce par contraste avec le désastre, les destructions et la mort qui rôdent au pays de toutes les inspirations ? Elles semblent d’une splendeur inégalée.

Mariage pluvieux, mariage heureux, dit-on. Pour les mariées de l’hiver – rêvons qu’il y en aura –, Élie Saab, Georges Hobeika et Zuhair Murad étaient les premiers à livrer ces collections que mères, filles, cousines et meilleures amies feuillettent dans l’excitation, anticipant ce «plus beau jour de sa vie » que la mariée célèbre mille fois avant la date. Les lignes « bridal » qui sortent en hiver rattrapent en réalité le printemps et couvrent toutes sortes de climats.

Georges Hobeika, Grand Siècle et Giverny

Chez Georges Hobeika, raffinement artisanal et sophistication créative sont, cette saison, déployés dans une inspiration puisée aux jardins peints par Claude Monet à Giverny. La nouvelle collection mariée de l’automne-hiver 2025 est ainsi marquée par la sérénité impressionniste et transposée dans une série de pièces uniques célébrant la poésie de la nature et la diversité de sa flore.

Les fleurs et les plantes chères à Monet – lavande, roses, feuilles de laurier, jasmin étoilé, bougainvilliers – se métamorphosent en dentelles et en broderies au fil, artisanat spécifique au Moyen-Orient. Les ateliers ont exprimé tout leur savoir-faire dans l’équilibre délicat entre tradition et techniques de pointe. Grâce à cette maîtrise se révèlent des effets de texture inédits et de remarquables combinaisons de couleurs douces et claires.

Le marié n'est pas en reste dans la collection hivernale de Geroges Hobeika. Photo Georges Hobeika

Des étoffes précieuses cisèlent des silhouettes qui allongent le corps pour mieux exalter l’allure et l’éclat de la mariée. Et tant qu’à lui conférer, en son grand jour, un prestige particulier, Hobeika joue la carte Grand Siècle, cintrant la taille sous des bustes hiératiques, évasant le jupon, poussant la sensualité sans brusquer l’élégance. Le mouvement n’en est pas moins libre et les flots de dentelles s’écoulent gracieusement à chaque pas, ajoutant à l’allure « mystère et magie », selon le souhait du créateur.

De nombreux accessoires – boucles d’oreilles métalliques ornées de cristaux, coiffes avec des fleurs cristallisées en 3D, bandeaux cristallisés – agrémentent la collection. Le marié n’est pas en reste, avec une petite ligne de costumes enrichis de délicats détails de broderie, confectionnés à partir de laines d’exception dans une palette de couleurs subtiles, du blanc au gris perle et au beige.

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Les cristaux de neige et l’art d’être unique chez Élie Saab

De son côté, Élie Saab célèbre la grâce hivernale en empruntant son art au photographe et météorologue Wilson Alwyn Bentley, pionnier de la photographie des cristaux de neige. La collection de robes de mariée automne-hiver 2025 de la maison reflète la splendeur tranquille de la saison. Lignes pudiques et détails exquis donnent le ton de cette ligne virginale en tous points. À la fois doux et structurant, le tissu mikado se drape sur les épaules carrées et descend en courbes le long du dos. Son froissement même imite le bruit inattendu de la première neige.

Un perlage complexe illumine le tulle, reflétant la rosée givrée qui se révèle à l’aube sur les jardins endormis. Des fils de soie argentés tissent des branches de verglas à travers des chuchotements d’organza qui descendent le long des décolletés en V, tandis que des jupes légèrement froncées se gonflent et que des couches diaphanes de dentelle flottent à partir de la ligne médiane d’une robe moulante à ourlet festonné. Chaque robe se veut un cristal de neige singulier. Des perles glacées et des pierres précieuses pétillent sur les corsages en forme de croissant, tandis que des éclats de tulle volent à travers les jupes courtes en cloche pour former de longues traînes amovibles.

Totems contre tabous chez Zuhair Murad

Chez Zuhair Murad, la collection mariée de la saison froide reflète un monde où « le désir défie le destin ». Belle intention pour un couturier qui a subi de plein fouet la double et monstrueuse explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth sans baisser les bras, réaffirmant son ancrage dans la ville dévastée. Ce rapport à Beyrouth est exprimé sous la thématique de « l’amour interdit », tabou qu’il illustre à travers des robes où murmurent désir et tentation. « Chaque robe parle d’une passion inflexible, faisant écho aux histoires où les frontières s’estompent et les cœurs se rebellent », souligne le manifeste de la collection.

Dans un jeu d’ombres et de lumières, la dentelle est brodée de motifs de vignes serpentines qui s’enroulent autour de la silhouette. De fines couches de soie et de tulle voilent la mariée de mystère, dissimulant et révélant sa beauté d’un même mouvement.

Zuhair Murad, des mariées qui assument désir et tentation. Photo Zuhair Murad

Tour à tour symboles de l’amour, du péché ou du désir, des fleurs décorent les corsages tandis que des fils d’argent se faufilent entre les somptueuses broderies, attachant ensemble l’innocence et la tentation.

Les voiles sont ornés de motifs floraux complexes, branches enchevêtrées d’un ancien jardin secret. Les jupes et les capes tombent en vagues gracieuses, celles des rivières mythiques où les amants cachaient autrefois leurs étreintes interdites. Des cristaux, telles des étoiles filantes, tombent en cascade le long des jupes. Les épaules dénudées, les décolletés profonds et les tailles cintrées expriment une sensualité à la fois sans équivoque et en demi-teinte.

La niche reine de la haute couture qu’est la robe de mariée est une spécialité presque exclusive des grandes maisons de couture libanaises. Guerre ou pas, the show must go on et les collections de l’hiver 2025 viennent de sortir. Est-ce par contraste avec le désastre, les destructions et la mort qui rôdent au pays de toutes les inspirations ? Elles semblent d’une splendeur inégalée. Mariage pluvieux, mariage heureux, dit-on. Pour les mariées de l’hiver – rêvons qu’il y en aura –, Élie Saab, Georges Hobeika et Zuhair Murad étaient les premiers à livrer ces collections que mères, filles, cousines et meilleures amies feuillettent dans l’excitation, anticipant ce «plus beau jour de sa vie » que la mariée célèbre mille fois avant la date. Les lignes « bridal » qui sortent en hiver...
commentaires (1)

Merci...cette robe est un beau mélange de modernité et de tradition, avec ce tulle qui descend du chignon...le style Orient-occident est souvent un heureux marriage. Pardoxalement, le costard cravate semble démodé...le col dit Mao (dieu sait pourquoi, ça existait bien avant le communisme) qui est une constante dans presque toutes les traditions asiatiques et orientales, est bien plus stylé, et gagne toujours en noblesse remis au goût du jour, comme certains costumes dans la dernière trilogie star wars. Le seul personnage de toute la galaxie à qui sied encore un smoking, c'est James Bond.

Azia

11 h 49, le 16 octobre 2024

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Commentaires (1)

  • Merci...cette robe est un beau mélange de modernité et de tradition, avec ce tulle qui descend du chignon...le style Orient-occident est souvent un heureux marriage. Pardoxalement, le costard cravate semble démodé...le col dit Mao (dieu sait pourquoi, ça existait bien avant le communisme) qui est une constante dans presque toutes les traditions asiatiques et orientales, est bien plus stylé, et gagne toujours en noblesse remis au goût du jour, comme certains costumes dans la dernière trilogie star wars. Le seul personnage de toute la galaxie à qui sied encore un smoking, c'est James Bond.

    Azia

    11 h 49, le 16 octobre 2024

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