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Lifestyle - La Mode

Quand Zuhair Murad voit danser la mer

Révélée fin septembre, lors de la semaine parisienne du prêt-à-porter printemps-été 2025, la collection de Zuhair Murad déployait une subtile inspiration marine.

Quand Zuhair Murad voit danser la mer

Collection Zuhair Murad prêt-à-porter printemps-été 2025, envers et contre tout. Photo Zuhair Murad/Montage Jaimee Haddad L'Orient-Le Jour

Le public de la mode les attendait, en présentiel ou par diffusion. Ils n’ont pas failli au rendez-vous. Les couturiers libanais, envers et contre tout, étaient présents à la semaine parisienne du prêt-à-porter printemps-été 2025. Les noms de Zuhair Murad, Georges Hobeika, Élie Saab et plusieurs autres ont encore fait beaucoup de bruit, portant sur les podiums l’excellence de leur savoir-faire et la pertinence de leurs inspirations.

Méditerranéen par excellence, Zuhair Murad s’est coulé dans la thématique marine avec subtilité. Imaginant une femme qui ne ferait qu’une avec la mer, ou la mer elle-même en tant que divinité féminine, il s’est laissé guider par trois lignes directrices : la fluidité, le mystère et la force. Qu’il s’agisse de Vénus sortant des eaux ou d’Ursula Andress surgissant de la mer des Caraïbes dans James Bond contre Dr No, de l’image botticiellienne à l’archétype du sexy contemporain, la femme et la mer, la femme dans la mer sont le fil rouge des fluidités et des transparences, des irisations et des bouillonnements qui s’expriment dans cette collection.

Sortir des eaux, transformée

Zuhair Murad se plonge donc dans les vagues et emprunte leur écume qu’il fait bouillonner sur des motifs de dentelle blanche et des tenues immaculées texturées comme le sont les coraux. Il en ramène des algues dont il fait tourbillonner le mouvement sans résistance. Il observe leurs humeurs changeantes, du scintillement matinal aux ombres brunes qu’y étale le soir. Le jersey, mouvant et ondulant, est son matériau complice, avec des effets de bronze ou d’argent. Mais qu’on ne s’y trompe pas. La dentelle est structurée sur des hauts qui font corset. C’est encore une fois une guerrière, un thème cher à Murad, qui sort de ces eaux qui l’ont transformée. Tout à coup, la mer se fait métaphore et incarne les combats de la vie. Le couturier, entre les lignes, crée des armures moins inoffensives qu’il n’y paraît. La femme qui l’inspire, dans cette collection printanière, est une guerrière : « Elle a remporté de nombreuses batailles et se tourne maintenant vers de nouveaux horizons », détaille le manifeste. « Des imprimés animaliers subtils scintillent sous la lumière du soleil », lit-on encore, mais ces imprimés sont comme délavés par l’eau marine, ou alors empruntés à un poisson camouflé en carton à dessin. Rien ici ne s’appesantit, rien ne résiste à la lumière, tout est filant, diapré, et semble immatériel.


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Métaphore du crêpe cady

« La mousseline de soie légère et fluide se déplace sans effort, cintrant la taille en élégants drapés », explique la maison. Le crêpe cady, ce satin à la fois ferme et souple, est à l’évidence le textile de prédilection de Murad, avec cette contradiction qui en fait une métaphore. « Reflétant l’éclat de l’eau sur la peau, la fusion du crêpe de chine et de la dentelle apporte une légèreté sensuelle. Les ornements, à la fois délicats et solides, agissent comme une armure protectrice, enveloppant le corps comme une coquille », détaille le manifeste. C’est à cette eau, dure quand on la voit de loin, tendre quand on la touche, qu’il accroche des formes précieuses de coquillages ou de galets. On s’arrêtera particulièrement sur une petite série de robes ultra-noires, aux décolletés soulignés (et, dans un cas, les manches), d’un cumul de pierres et de coquillages qui ressemblent de loin à des bordures fleuries. La palette épouse les émotions changeantes de la mer, des teintes douces et irisées de l’aube, comme la pêche blush et les neutres sablonneux, aux nuances plus profondes et plus intenses de la terre cuite chauffée par le soleil et des rouges crépusculaires. Les bleus océaniques et les verts côtiers reflètent le rivage au crépuscule.

Reflétant l’éclat de l’eau sur la peau, la fusion du crêpe de chine et de la dentelle apporte une légèreté sensuelle. Photo Zuhair Murad

La haute couture n’est jamais loin

Cette collection prêt-à-porter demeure proche de la haute couture, la technique reine de la maison. Fin septembre, Zuhair Murad avait d’ailleurs présenté une collaboration avec la maison italienne Marina Rinaldi, une filière de Max Mara spécialisée dans les grandes tailles. Composée de looks exclusifs pour le tapis rouge, cette collection célébrait la luminescence que l’on trouve dans les pierres les plus précieuses de la nature, méticuleusement taillées pour mettre en avant cette lumière qui fait briller les femmes quand elles sont confiantes et que cette confiance les enveloppe de grâce.

Depuis le lancement de son label à Beyrouth, en 1997, et son accueil, en 2012, par la Chambre syndicale parisienne de la haute couture, en tant que membre invité, Zuhair Murad devient rapidement un pilier des tapis rouges et l’un des créateurs les plus influents de l’industrie de la mode. Il est réputé pour son utilisation de tissus somptueux et de broderies complexes, avec un sens particulier de l’opulence, du glamour et de la sophistication qui lui vaut la fidélité inconditionnelle de nombreuses célébrités du cinéma et de la pop.

Le public de la mode les attendait, en présentiel ou par diffusion. Ils n’ont pas failli au rendez-vous. Les couturiers libanais, envers et contre tout, étaient présents à la semaine parisienne du prêt-à-porter printemps-été 2025. Les noms de Zuhair Murad, Georges Hobeika, Élie Saab et plusieurs autres ont encore fait beaucoup de bruit, portant sur les podiums l’excellence de leur savoir-faire et la pertinence de leurs inspirations. Méditerranéen par excellence, Zuhair Murad s’est coulé dans la thématique marine avec subtilité. Imaginant une femme qui ne ferait qu’une avec la mer, ou la mer elle-même en tant que divinité féminine, il s’est laissé guider par trois lignes directrices : la fluidité, le mystère et la force. Qu’il s’agisse de Vénus sortant des eaux ou d’Ursula Andress surgissant de la...
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