Le village de Yaroun, au Liban-Sud, vu par image satellite, le 5 octobre 2024. Photo AFP// PLANET LABS PBC
Amnesty International s'est inquiétée jeudi que les ordres d'évacuation israéliens dans le sud du Liban n'aboutissent à un « déplacement de masse », et a dénoncé des consignes « trompeuses » dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, rapporte l'AFP en citant l'ONG.
Après un an d'échange de tirs transfrontaliers, Israël mène désormais une guerre ouverte contre le parti chiite au Liban. Depuis le 23 septembre, plus de 1.200 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées.
« Les avertissements israéliens dans le sud du Liban couvrent de larges zones géographiques, faisant craindre qu'ils n'aient été lancés pour un déplacement de masse », affirme l'ONG. Elle dit encore redouter que « la majorité de la population civile ne soit forcée de se déplacer » dans le sud, frontalier d'Israël où les soldats israéliens multiplient les opérations au sol, appuyés par des bombardements aériens dévastateurs.
Moins de 30 minutes avant les frappes
Dans la banlieue sud de la capitale, où les frappes aériennes sont désormais quotidiennes et font parfois trembler l'ensemble de l'agglomération, la cheffe d'Amnesty, Agnès Callamard, dénonce des ordres d'évacuation « inadéquats ». Certains étaient accompagnés de « cartes trompeuses » et diffusés trop tard dont « une fois moins de 30 minutes avant des frappes, au beau milieu de la nuit, et sur les réseaux sociaux », à une heure où les habitants, endormis, avaient peu de chance de le voir, ajoute-t-elle.
Durant la seule première semaine d'octobre, Israël a ordonné l'évacuation de 118 localités du sud du Liban, dont le village chrétien de Aïn Ebel qui n'a aucun lien connu avec le Hezbollah, a recensé Amnesty.
Malgré tout, ces avertissements « ne font pas du sud du Liban une zone sans tir », dit l'ONG qui appelle Israël à minimiser les risques pour les civils comme le prévoit le droit international. Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme, un quart du territoire libanais est désormais concerné par un ordre d'évacuation israélien.



