Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian. Photo AFP / Bureau de presse du gouvernement arménien / Tigran MEHRABYAN
Des milliers de manifestants se sont rassemblés mercredi en Arménie pour demander à nouveau la démission du Premier ministre Nikol Pachinian en raison de sa gestion des relations du pays avec l'Azerbaïdjan.
Malgré une série de protestations et de manifestations au printemps, menées notamment par l'archevêque Bagrat Galstanyan, M. Pachinian n'a rien cédé.
Aux cris de "Nikol (Pachinian) traître !", des milliers de manifestants se sont rassemblés sur la place de la République à Erevan, devant le siège du gouvernement, encadrés par un important dispositif policier, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Ce n'est pas facile de se débarrasser du gouvernement de M. Pachinian, mais il ne faut pas perdre espoir", a déclaré l'une des manifestantes, Sveta Sargsian, 64 ans. "Ce qu'il nous faut, c'est un gouvernement qui défendra chaque centimètre du sol arménien".
Selon une autre manifestante, Karen Hovhannisian, 55 ans, "nous ne pouvons plus supporter le gouvernement de Pachinian, qui mène une politique anti-arménienne".
Le rassemblement s'est tenu quelques jours après que l'archevêque Bagrat Galstanyan a appelé à se remobiliser pour obtenir le départ du Premier ministre.
Le chef religieux a accusé Pachinian d'avoir fait des concessions territoriales excessives à Bakou.
L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont livrés à deux guerres - en 2020 et dans les années 1990 - au sujet de la région du Karabakh, autrefois disputée, que Bakou a reprise l'année dernière aux séparatistes arméniens qui l'avaient contrôlée pendant trois décennies.
Presque tous les Arméniens de souche, soit plus de 100.000 personnes, ont fui le Karabakh dans la foulée et, en mai, M. Pachinian a rendu à l'Azerbaïdjan le contrôle de quatre villages frontaliers dont les forces arméniennes s'était emparés des décennies plus tôt.
L'archevêque a tenté de lancer une procédure en destitution contre M. Pachinian et a même quitté temporairement sa fonction religieuse pour briguer la direction du gouvernement.
Mais il n'est pas éligible au poste de Premier ministre selon la loi arménienne, car il a la double nationalité arménienne et canadienne, et l'opposition ne contrôle pas assez de sièges au Parlement pour lancer une procédure de destitution.
L'Arménie et l'Azerbaïdjan assurent qu'un accord de paix global est à portée de main pour mettre fin à leur conflit, mais les pourparlers n'ont jusqu'à présent pas abouti.
mkh-im/mm/fjb
© Agence France-Presse
Malgré une série de protestations et de manifestations au printemps, menées notamment par l'archevêque Bagrat Galstanyan, M. Pachinian n'a rien cédé.
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