Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, à la tête d'une délégation du parti à Dimane, le 29 septembre 2024. Photo tirée de la page Facebook du patriarcat maronite
Et maintenant ? Après l’assassinat vendredi du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans une violente frappe israélienne ayant secoué la banlieue sud de Beyrouth, l’écrasante majorité des protagonistes locaux font preuve de prudence en attendant d’y voir un peu plus clair. Il n’empêche que tout le monde commence déjà à huiler ses machines dans la perspective de la prochaine étape, même si, à ce stade, celle-ci demeure entourée de flou. Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle devrait être axée sur les efforts pour parvenir vite à un cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël en plus de l’élection d’un président de la République.
C’est le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, qui a ouvert le bal samedi. Après avoir rendu un vibrant hommage à Hassan Nasrallah, « l’homme symbolisant la patience », le député de Batroun a tracé les grandes lignes de sa feuille de route de la prochaine phase. « J’appelle le président de la Chambre à convoquer rapidement des concertations parlementaires très limitées dans le temps afin de conclure une entente autour du futur président de la République », a déclaré M. Bassil, avant de souligner que quelle que soit l’issue de la démarche, une séance parlementaire dédiée à la présidentielle devrait suivre et ne devrait être levée qu’après l'élection.
Il a, à cet effet, mené des contacts ces derniers jours avec plusieurs chefs de file politiques, tels que le leader des Marada, Sleiman Frangié (son grand rival sur la scène présidentielle) et le chef du Parti socialiste progressiste, Taymour Joumblatt. C’est dans le même cadre qu’il conviendrait d’inscrire la réunion tenue dimanche à Dimane entre M. Bassil, à la tête d’une délégation du CPL, et le patriarche maronite, Béchara Raï. « Nous convergeons avec le chef de l’Église maronite sur la nécessité de venir en aide aux déplacés ayant quitté le Liban-Sud, ainsi que sur l’urgence d’élire un président de la République et de parvenir à un cessez-le-feu », déclare à L’Orient-Le Jour César Abi Khalil, présent lors de la réunion. Il fait savoir que ses collègues mèneront prochainement des contacts avec tous les groupes politiques pour faciliter la tenue de la présidentielle. Car « ni un parti ni un gouvernement sortant non conforme au pacte national ne peuvent négocier et parler au nom du Liban officiel », dit encore M. Abi Khalil se faisant l’écho de Gebran Bassil. Lors de son point de presse, ce dernier avait d’ailleurs réitéré sa critique à l’implication unilatérale du Hezbollah dans la guerre en cours depuis le 7 octobre. Affirmant que le conflit doit prendre fin, le leader aouniste a déclaré sans ambages : « La résistance ne peut gagner (la guerre) sans l’État », appelant à « profiter de ce moment difficile que vit le pays pour s’entendre autour du président de la République ».
« L’heure du retour au bercail »
Sur ce plan, Gebran Bassil converge avec les protagonistes de l’opposition qui semblent convaincus que « l’heure du retour de tous au bercail » de l’État a sonné, pour reprendre les termes d’un député de ce camp qui a requis l’anonymat. Il souligne sur ce plan que l’opposition œuvre à ce stade pour l’élection rapide d’un président et – surtout – pour un cessez-le-feu. Des réunions périodiques entre des figures de l’opposition sont actuellement en cours en vue d’élaborer une initiative à même de sortir le pays de la guerre actuelle, rapporte ce député sans donner plus de détails.
Du côté des Forces libanaises qui, à la surprise générale, n’ont fait aucune réaction après le meurtre de Nasrallah, on n’évoque pas ces réunions. On s’en tient aux constantes de Meerab. « La priorité devrait être accordée dans la prochaine phase à la tenue de la présidentielle conformément au mécanisme constitutionnel », dit le porte-parole du parti, Charles Jabbour. Une façon de rejeter une nouvelle fois le dialogue pour lequel presse sans relâche le président de la Chambre, Nabih Berry, comme condition préalable à la tenue de l’élection.
« Ce qu’il faut maintenant, c’est un cessez-le-feu ainsi que le renforcement de la commission ministérielle de gestion des crises. Quant à la présidentielle, acceptons l’appel de Nabih Berry au dialogue », commente de son côté pour L’OLJ le leader druze, Walid Joumblatt.
Barrot à Beyrouth
Parallèlement, les efforts diplomatiques en vue de combler le vide à Baabda se poursuivent, notamment à travers le Quintette impliqué dans le dossier libanais (États-Unis, France, Arabie saoudite, Égypte, Qatar). À L’OLJ, l’ambassadeur d’Égypte à Beyrouth, Ala’ Moussa, indique que « la communauté internationale n’abandonnera pas le Liban. Mais il faut que le pays se dote d’un président pour qu’il puisse faire entendre sa voix ». « Nous travaillons actuellement tant pour un cessez-le feu que pour la tenue de la présidentielle », ajoute le diplomate, soulignant que l’après-Nasrallah ne sera pas comme l’avant dans la mesure où Israël ne veut rien entendre, surtout après avoir éliminé le numéro un du parti chiite. Ces efforts seront également au menu de la visite du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, arrivé dimanche soir au Liban. Lundi, il devrait s’entretenir avec le patriarche Raï, le président de la Chambre, le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, et le commandant en chef de l’armée Joseph Aoun.




-QUE LES AMES SOIENT SAINES. -ET LES ESPRITS SANS HAINES. -ON NE VIT QU,UNE FOIS, -DANS CE MONDE NARQUOIS. -QUE LA BALANCE PESE, -SANS AUCUNE HYPOTHESE.
15 h 33, le 30 septembre 2024