Le lieu de la frappe ayant ciblé et, selon Israël éliminé, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 27 septembre 2024. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
Samedi vers 14h30, le Hezbollah a annoncé officiellement que son leader, Hasan Nasrallah, avait été tué. Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé dans un communiqué avoir « éliminé Hassan Nasrallah », le chef du Hezbollah, dans la frappe monstre de la veille au soir dans la banlieue sud de Beyrouth.
Dans un communiqué lu en direct sur la chaîne al-Manar, du parti, ce dernier a annoncé que « le maître de la résistance » Hassan Nasrallah « s'est déplacé aux côtés de son Seigneur en tant que grand martyr ». « Il a rejoint la caravane des martyrs de Karbala » et « ses compagnons, les immortels martyrs dont il a dirigé la marche pendant trente ans, les menant de victoire en victoire », a ajouté le parti. « La direction du Hezbollah s'engage à poursuivre son jihad face à l'ennemi, en soutien à Gaza et à la Palestine, en défense du Liban », ajoute le communiqué.
Dans la matinée, le porte-parole arabophone de l'armée israélienne Avichay Adraee avait indiqué que la frappe a également éliminé « le commandant du Front Sud du Hezbollah », Ali Karaki, et plusieurs autres commandants.
Le texte affirme que ces assassinats ont eu lieu dans la frappe sur « le quartier général souterrain » du parti chiite, « situé sous un immeuble résidentiel » de la banlieue sud de Beyrouth. Ce bombardement « a été effectué alors que des dirigeants du Hezbollah se trouvaient » à cet endroit. Le communiqué affirme qu' « au cours de ses 32 années à la tête » du parti chiite, Nasrallah « a été responsable du meurtre d'innombrables citoyens et soldats israéliens » et de la planification d'attentats contre Israël « et dans le monde entier ». L'armée israélienne « continuera de cibler « tous ceux qui commettent des « actes de terrorisme ».
Le commandant en chef de l'armée israélienne, Herzl Halevi, a de son côté lancé une mise en garde, après l'annonce de l'élimination de Hassan Nasrallah : « À tous ceux qui menacent les citoyens israéliens, nous savons comment les atteindre ».
« Il est tout pour nous »
À Beyrouth, plusieurs personnes interrogées par notre journaliste Lyana Alameddine avant l'annonce officielle du Hezbollah oscillent entre déni et renoncement après l'annonce de l'élimination de Hassan Nasrallah faite par l'armée israélienne. Dans le centre-ville de Beyrouth, Rissala, une femme déplacée de Bourj Brajné avec ses deux enfants, ne croit pas en la nouvelle que Hassan Nasrallah est mort, comme cela a été annoncé par l'armée israélien. « Non, il n'est pas mort, il représente tout pour nous », affirme-t-elle. Une autre, dans le quartier de Mar Elias estime que l'annonce de la mort de Hassan Nasrallah « ne va rien changer », soulignant que de toute façon « rien n'est encore sorti du côté libanais sur sa mort ».
Une passante, réfugiée de Bchamoun chez sa sœur à Beyrouth, a de son côté indiqué « ne pas avoir peur que Nasrallah soit mort ». « Comme il est venu, d'autres viendront après lui ». Elle estime que la situation ne peut pas empirer. « C'est déjà trop gros, ça ne peut pas être pire ».
Quelques informations biographiques sur Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah
Hassan Nasrallah est le chef du Hezbollah depuis 32 ans, après avoir succédé à Abbas Moussaoui, assassiné par Israël en 1992.
Sous la direction de Nasrallah, le Hezbollah, armé et financé par l'Iran, est devenu une puissante force militaire et politique, représentée au Parlement et au gouvernement libanais.
Au cours des douze derniers mois, Hassan Nasrallah a dirigé un « front de soutien » à la frontière sud du Liban, en solidarité avec son allié palestinien, le Hamas, à la suite de l'assaut que ce dernier a lancé contre Israël le 7 octobre 2023.
Israël affirme que le chef du Hezbollah a été tué lors d'une frappe aérienne sur la banlieue sud de Beyrouth vendredi après-midi. Le Hezbollah, lui, n’a toujours pas commenté.
La dernière fois que Nasrallah a été vu en public était lors d'une allocution télévisée le 19 septembre, après les explosions des bipeurs et des talkies-walkies du Hezbollah qui ont fait plus de 3 000 blessés et 37 morts. Ces incidents ont mis en évidence une faille de sécurité sans précédent et constitué les journées les plus meurtrières au Liban depuis le 8 octobre 2023.


Merci a Israël d'avoir vanger le sang de Hariri pere. Le fils n'ayant jamais été capable
00 h 53, le 29 septembre 2024