Riad Salamé, photographié lors d’une conférence de presse organisée au siège de la Banque du Liban, à Beyrouth, le 11 novembre 2019. Photo : JOSEPH EID/AFP
Le service du contentieux de l’État s'est porté, jeudi, partie civile dans l'affaire de l'ex-gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, « et toute personne identifiée comme impliquée dans l'enquête », à la suite des poursuites engagées la veille par le parquet financier, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Après avoir entendu M. Salamé mardi et l'avoir placé en détention pour quatre jours, jusque demain vendredi, le procureur général par intérim près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, a transféré le dossier devant le parquet général financier, qui a engagé des poursuites contre l'ancien gouverneur pour « détournement et vol de fonds publics, faux et enrichissement illicite », et l'a déféré devant le premier juge d'instruction p.i., Bilal Halaoui. C'est le magistrat Halaoui qui a les prérogatives d'émettre un mandat d'arrêt contre Riad Salamé, le cas échéant.
Selon une source judiciaire informée, la cheffe du contentieux de l'État, Hélène Iskandar, tente par ce moyen de préserver les intérêts de l'État. En cas de condamnation, elle pourra ainsi obtenir au nom de l'État des fonds en réparation des préjudices causés par une potentielle usurpation de fonds publics.
Au cours de la procédure qu'il mène, le premier juge d'instruction est tenu, selon la source, de convoquer Mme Iskandar aux auditions de Riad Salamé et de toute autre personne assignée à comparaître pour les besoins de l'enquête.
En mars 2023, Mme Iskandar s'était portée partie civile contre Riad Salamé, dans une autre affaire alors instruite par l'ancien premier juge d'instruction de Beyrouth, Charbel Abou Samra.
Ghada Aoun veut reprendre ses investigations
La procureure générale près la Cour de cassation du Mont-Liban, Ghada Aoun, qui avait lancé plusieurs procédures judiciaires contre M. Salamé, concernant des affaires de corruption présumée, a demandé jeudi à pouvoir reprendre ses investigations. La juge avait été mise à l'écart du dossier, en juin dernier, par le chef du parquet de cassation par intérim.
« Que la juge qui a lancé la lutte contre la corruption au sein de l'État soit à nouveau autorisée à travailler », a écrit la procureure sur X, en référence à son propre parcours. Elle a appelé le magistrat Hajjar « à revenir sur sa décision d’interdire à la police judiciaire de (la) contacter », dénonçant, si sa demande n'est pas acceptée, « une arrestation (de Riad Salamé) menée dans le cadre d'une entente au profit de ceux qui ont travaillé à ses côtés, et ceux qui l'ont protégé ou couvert parmi les responsables ou les grands banquiers ».
À son tour, l'ancien président de la République Michel Aoun a commenté l'arrestation de Riad Salamé, qui a longtemps été sous le feu des critiques du camp aouniste. « La justice aura dit son dernier mot lorsqu'une décision sera émise et pas avant. Nous attendons (cette décision) pour nous exprimer », a écrit l'ancien chef de l'État sur X.
Arrêter « tous les responsables »
Sur le terrain, quelques dizaines de manifestants ont répondu jeudi matin à l'appel à un sit-in lancé par l'organisation du « Cri des déposants » devant le palais de justice, pour afficher leur solidarité avec le procureur général Jamal Hajjar.
« Nous espérons que le pouvoir judiciaire ne s'arrêtera pas à Salamé et continuera sur sa lancée pour appréhender tous ceux qui sont responsables d'avoir pillé les fonds des déposants », a déclaré à L'Orient-Le Jour Moussa Agathy, porte-parole de l'association.
Cette manifestation est intervenue alors que des restrictions illégales sont toujours imposées par les banques locales sur les retraits et les transferts de fods depuis 2019.




Je suis et je serais tres etonne qu'il y ait une quelconque suite a toutes ces vagues dans notre ocean de maffieux!
19 h 01, le 06 septembre 2024