Le siège d’EDL, à Beyrouth. Photo João Sousa
Les investigations de l’Inspection centrale (IC) et du parquet de cassation sur les circonstances ayant conduit à l’interruption quasi totale de la production de courant par Électricité du Liban (EDL), qui avaient été réclamées lundi par le chef du gouvernement sortant Nagib Mikati, se poursuivent de part et d’autre. Samedi dernier, EDL avait annoncé avoir mis ses centrales thermiques encore à l’arrêt, faute d’avoir reçu le dernier chargement attendu dans le cadre de l’accord liant le Liban à l’Irak depuis 2021.
Depuis, seule la centrale de Zahrani (Liban-Sud) a repris une activité minimale pour approvisionner les infrastructures vitales du pays, en attendant l’arrivée de la prochaine cargaison irakienne – prévue aux alentours du 26 août par le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad – ainsi que celle du pétrolier algérien In Ecker qui a appareillé ce jeudi en direction du Liban avec une première cargaison de 30 000 tonnes de fuel.
Dans le cadre de l’enquête du parquet, le procureur général près la Cour de cassation par intérim, Jamal Hajjar, a entendu tour à tour le 21 août le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Walid Fayad, et le président du conseil d’administration d’EDL, Kamal Hayek. Le chef du gouvernement sortant avait notamment demandé d’investiguer sur les raisons pour lesquelles cet organisme ne s’était pas réuni en urgence afin de tenter de prévenir l’obscurité, alors que le Conseil des ministres avait décidé, le 14 août, d’autoriser l’achat de 30 000 tonnes de gasoil égyptien sur le marché spot (réservé aux transactions ponctuelles et dont les prix sont définis au jour le jour).
Selon nos informations, le juge Hajjar devrait une nouvelle fois auditionner M. Hayek le 27 août, le temps de consulter des documents que ce dernier lui avait présentés lors de son audition d’environ deux heures. Le magistrat devrait également entendre mardi prochain des membres du conseil d’administration d’EDL, toujours selon ces informations. Il cherchera à savoir notamment si ces derniers ont manqué à leurs obligations et fait preuve de négligence justifiant des poursuites.
Responsabilités pénales, financières et administratives
Quant à l’Inspection centrale, les investigations qu’elle mène depuis lundi sont, elles, de nature administratives. Contacté par L’Orient-Le Jour, le chef de l’IC, Georges Attié, affirme qu’en cas de suspicion de délits pénaux, il devra déférer le dossier au parquet de cassation, qui décidera éventuellement des poursuites. Concernant les responsabilités financières, M. Attié affirme qu’une fois délimitées, il pourra communiquer le rapport y relatif à la Cour des comptes, compétente en la matière. Pour ce qui est de possibles fautes administratives, le chef de l’IC indique que son rapport sera transféré le cas échéant au Haut Conseil de discipline (présidé par la juge Rita Ghantous), chargé de juger les fonctionnaires.
En tout état de cause, le juge Attié devrait transmettre au chef du gouvernement sortant le rapport qu’il aura établi à l’issue de son enquête, et qu’il assortira de recommandations. « Nous travaillons en profondeur en vue de mettre au clair toutes les causes qui ont conduit au black-out », indique-t-il encore à L’OLJ.
Kamal Hayek aurait dans ce cadre été entendu dès mardi 20 août pendant plusieurs heures par les inspecteurs de l’IC, à qui il a remis des documents utiles à l’enquête et se serait engagé à lui en présenter d’autres. Quant à Walid Fayad, dont l’audition n’a pas eu lieu en présentiel, il devrait être « incessamment » convoqué, a indiqué la source précitée.
Les dépositions des responsables du secteur semblent notamment porter sur la question de savoir s’ils avaient pris des mesures préventives pour éviter le black-out. Kamal Hayek aurait, dans ce cadre, déclaré aux enquêteurs qu’il y a deux mois, il avait prévenu le ministre Walid Fayad d’un risque de panne de carburant. Lors de sa prochaine audition, ce dernier devrait informer les mêmes enquêteurs s’il a ou non répondu à l’alerte lancée par M. Hayek.
Les auditions s’articuleraient également sur le fait de savoir si les responsables savaient que la dernière livraison de « fuel oil » attendue d’Irak n’allait pas parvenir au Liban – un retard que le gouvernement irakien a attribué à « des causes techniques et logistiques se rapportant au transport maritime » – et s’ils avaient prévu, le cas échéant, « un plan B » pour assurer la continuité du service public.



Enquête pour un nième blackout, alors que çà nous fait 50 ans d'électricité défaillante distribuée au compte gouttes. Sans qu'aucun ministre, ni gouvernement et encore moins aucun leader politique n'ait fait quoi que ce soit pour construire un reseau de centrales dignes de ce nom et stopper les mafias des générateurs. Surréaliste et ridicule, mais comme dhabitude, on nous prend pour des C... et on le prouvera aux prochaines élections en votant à nouveau pour les mêmes :)
15 h 26, le 23 août 2024