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Moyen-Orient - Turquie

Un village paradisiaque d'Izmir vit l'enfer des flammes

« J'ai perdu tout mon bétail », déplore un habitant de 43 ans. « Je n'ai pas d'autre travail, ni d'autre source de revenus ».

Photographie aérienne montrant une forêt incendiée et de la fumée émanant des feux de forêt dans la province d'Izmir, dans l'ouest de la Turquie, le 17 août 2024. Photo AFP/ YASIN AKGUL

Le village pittoresque de Sancakli, situé sur les hauteurs d'Izmir, offrait un panorama époustouflant sur la côte ouest de la Turquie jusqu'à ce que les flammes en fassent un paysage de désolation. Des incendies de forêt ont ravagé ces derniers jours les forêts et les vallées escarpées autour d'Izmir, la troisième ville la plus peuplée de Turquie.

Abdullah Ozata constate avec désespoir l'ampleur des dégâts à Sancakli, où les habitants ont été évacués pour sauver des vies. « Douze de mes moutons et 50 poulets ont péri dans l'incendie », raconte-t-il à l'AFP, montrant les restes d'animaux calcinés. « J'ai perdu tout mon bétail », déplore cet homme de 43 ans en marchant sur les débris. « Je n'ai pas d'autre travail, ni d'autre source de revenus ».

Deux fonctionnaires du ministère des Finances photographient les dégâts et enregistrent les perte pour une demande d'indemnisation. « La gendarmerie nous a évacués pour éviter les pertes humaines mais j'ai perdu mes animaux », regrette-t-il. « Notre village était joli, c'était comme un paradis, mais il s'est transformé en enfer ».

Après s'être propagé pendant quatre jours à cause des vents violents, l'incendie a été en grande partie maîtrisé, ont affirmé les autorités dimanche. Mais il a laissé de vastes zones de terre calcinée et noircie, détruisant les oliviers, les potagers et les ruches. Au moins 43 bâtiments ont été endommagés dans la province d'Izmir, tandis que 26 personnes ont été hospitalisées.

« Il n'y a aucun risque dans la section surplombant la ville. Les pompiers ont coincé le feu dans une vallée. Dieu merci, l'incendie à Izmir est désormais maîtrisé », a annoncé dimanche le ministre de l'Agriculture et des Forêts Ibrahim Yumakli.

« Assiégés par les flammes »

Gokhan Cekmez a défié l'ordre d'évacuer le village et y est rentré pour tenter de combattre les flammes. « J'ai joué à cache-cache avec la gendarmerie. Mais sans moi et les autres villageois, l'ampleur des dégâts aurait été bien plus grave », raconte-t-il. « Les renforts n'étaient pas suffisants. Nous avons fait de notre mieux pour éteindre l'incendie avec nos casseroles ».

À Sancakli, l'eau courante a été rétablie dimanche, tandis que les autorités réparaient encore les câbles électriques endommagés par l'incendie. L'agriculture et l'élevage étaient la seule source de revenus pour les 200 habitants du village, raconte l'administrateur local Ilhan Kaya. « Les villageois devront survivre avec l'aide de l'État pendant au moins six mois. Nous attendrons que les zones brûlées redeviennent vertes », dit-il.

Portant un foulard fleuri sur la terrasse de sa maison de trois étages, Gulhan Arasa est toujours hantée par le cauchemar de l'incendie. « J'aurais voulu que les autorités me laissent aider, même si je suis une femme. J'aurais pris un tuyau et tenté d'éteindre l'incendie », raconte-t-elle. « Nous avons paniqué lorsque nous avons été assiégés par les flammes qui se sont propagées en quelques secondes », se souvient-elle.

Mme Arasa et sa famille, qui dépendent de l'élevage pour leurs revenus, ont réussi à garder leur centaine de moutons et de chèvres à l'abri pendant l'incendie. « Dieu merci, ils sont tous en vie. Nous ne les avons pas laissés sortir parce que nous étions encerclés par les flammes », affirme-t-elle. Mais à part cela, « tout s'est transformé en cendres ».

« Nous attendons de l'État qu'il couvre nos pertes. Nous voulons que de nouveaux arbres soient plantés à la place des arbres brûlés », se plaint-elle. « Si Dieu le veut, le sol se renouvellera. Mais quand ? Je ne sais pas ». 

Le village pittoresque de Sancakli, situé sur les hauteurs d'Izmir, offrait un panorama époustouflant sur la côte ouest de la Turquie jusqu'à ce que les flammes en fassent un paysage de désolation. Des incendies de forêt ont ravagé ces derniers jours les forêts et les vallées escarpées autour d'Izmir, la troisième ville la plus peuplée de Turquie.Abdullah Ozata constate avec désespoir l'ampleur des dégâts à Sancakli, où les habitants ont été évacués pour sauver des vies. « Douze de mes moutons et 50 poulets ont péri dans l'incendie », raconte-t-il à l'AFP, montrant les restes d'animaux calcinés. « J'ai perdu tout mon bétail », déplore cet homme de 43 ans en marchant sur les débris. « Je n'ai pas d'autre travail, ni d'autre source de revenus ».Deux fonctionnaires du ministère des...
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