L'aéroport de Kleïate, au Liban-Nord. Photo Michel Hallak
La question de la réhabilitation des aérodromes libanais est revenue dernièrement sur le tapis, après les accusations publiées dans le Telegraph comme quoi le Hezbollah stocke des armes à l'Aéroport international de Beyrouth, et alors que la crainte d'un conflit étendu ne mette hors service la seule infrastructure aéroportuaire civile du Liban. De nombreux responsables politiques ont dans ce cadre appelé à des « alternatives » à l'AIB, notamment en ouvrant les aérodromes de Kleïate et Hamate à l'aviation civile. Le dernier en date à avoir lancé une initiative à ce sujet est l'avocat Majd Harb, ancien candidat aux élections législatives pour le Liban-Nord et fils de l'ancien député Boutros Harb.
Dans une conférence de presse donnée jeudi, il a annoncé qu'il comptait soumettre au Parlement une proposition de loi, et rallier à sa cause les députés lors d'une tournée auprès des différents groupes. Son projet ? La réhabilitation d'urgence des aéroports militaires de Kleïate et Hamate au Liban-Nord, et Rayak dans la Békaa, afin de les transformer en aéroports à double usage, militaire et civil, qu'il s'agisse de passagers ou de fret. L'avocat veut que cette proposition soit revêtue du caractère de double urgence, lui permettant d'être adoptée sans passer en commission, « en raison de son importance cruciale pour la sécurité publique, notamment en ce qui concerne l'utilisation de l'aéroport international Rafic Hariri pour les voyages à destination et en provenance du Liban ».
Alternative cruciale
En plus des risques que poseraient pour l'AIB une guerre de grande ampleur au Liban entre le Hezbollah et Israël, d'autres préoccupations concernant l'aéroport incluent le risque d'une cyberattaque qui pourrait complètement perturber les voyages. L'AIB avait subi dans la nuit du 7 au 8 janvier une grave cyberattaque visant plusieurs de ses systèmes informatiques et suscitant une vague d'inquiétude quant à la sécurité des voyageurs.
L'année dernière, Albert Kostanian, journaliste et expert économique, avait déclaré à L'Orient-Le Jour qu'il était crucial pour tout pays de disposer d'un système de secours. En cas de dommages, de catastrophes naturelles ou d'instabilité politique affectant l'aéroport principal, un aéroport secondaire devient vital, avait-il plaidé. M. Kostanian avait encore souligné qu'un deuxième aéroport introduirait de la concurrence et améliorerait les performances de l'aéroport de Beyrouth.
Insistant sur les nombreuses opportunités d'emploi que pourrait créer la réhabilitation d'aéroports secondaires, M. Harb a également indiqué que plusieurs groupes parlementaires avaient déjà exprimé leur soutien à cette idée, avec plus de 80 députés en faveur d'une telle cause.
Un test pour les partis politiques
« La point de vue de l'opposition est clair à cet égard », a-t-il noté, ajoutant que le bloc de la Modération nationale, composé de députés précédemment affiliés au Courant du Futur de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, avait soulevé cette question précédemment et effectué une tournée auprès des différents partis. M. Harb a estimé que son initiative se veut « un véritable test pour les autres partis qui ont déclaré leur soutien à cette proposition », exprimant l'espoir que le courant Marada (particulièrement présent au Liban-Nord), le Courant patriotique libre (aouniste) et même le Hezbollah se joindront à eux « en prenant en considération les intérêts du pays ».
De nombreux partis et responsables opposés au Hezbollah souhaitent le développement d'autres aéroports, estimant que le parti chiite exerce une mainmise sur l'AIB, situé dans la banlieue-sud de Beyrouth, considérée comme un de ses fiefs.



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On se calme. Tant que HN détient les rênes dans notre pays, on ne se précipite pour mettre en danger nos régions avant de s’assurer de la défaite totale et irréversible des fossoyeurs. Ils sont capables de profiter de la situation pour réquisitionner tout aéroport au nom de la résistance et ainsi nous mener malgré nous dans leur projet de destruction. Ne l’ont ils pas déjà fait avec l’armée? Pourquoi hésiteront ils à le faire avec les nouveaux ports et aéroports? Qui les empêcherait? Le cataclysme du port de Beyrouth en est la meilleure preuve.
10 h 40, le 24 juillet 2024