Des soldats israéliens dans le sud de Gaza, le 3 juillet 2024. Photo Reuters
Lors des premières heures de l’opération Déluge d’al-Aqsa lancée le 7 octobre au matin par le Hamas en Israël, les combattants du mouvement palestinien ont attaqué dans la région de Sderot un véhicule conduit par un Israélien et qui transportait sept Gazaouis venus travailler légalement dans l’Etat hébreu. C’est ce que rapporte le quotidien israélien Haaretz mardi, en rappelant que le sort de ces Palestiniens demeure inconnu, certains ayant vraisemblablement été tués et leurs corps toujours pas identifiés.
Le 7 octobre, des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza dans le sud d’Israël ont lancé l’opération Déluge d’al-Aqsa qui a entraîné la mort de 1 195 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Sur 251 personnes alors enlevées, 116 sont toujours retenues à Gaza dont 42 sont mortes, selon l’armée israélienne. L’offensive israélienne à Gaza a fait jusqu’à présent 38 243 morts, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, dirigé par le Hamas.
Des Gazaouis qui avaient des permis de travail
Photos et vidéos à l’appui, le quotidien israélien de gauche évoque « un van gris, sous un pont, avec son conducteur immobile ». « Le sort des passagers du van gris est inconnu depuis des mois », ajoute le Haaretz. Selon le média, le conducteur serait un Israélien, Sammi Elgargawi, 52 ans, un chauffeur professionnel du village bédouin de Wadi el-Naam dans le Néguev oriental. Les sept passagers, eux, sont des Gazaoui de Beit Lahia. Il s’agit de Hachem Baraoui, Saleh Abdel Dib, Ismaïl Abou Rakba, Souhail Masri, Khoury el-Masri, Sleiman el-Atar et Zayed Ghanem, tous des proches.
« Ils avaient des permis pour entrer en Israël où ils travaillaient dans des champs du Sud », explique le journaliste Bar Peleg. Ils étaient en route lorsque les sirènes d’alarme ont retenti, suite au lancement de l’opération du Hamas. « Le véhicule n’a jamais réussi à franchir l’intersection Sha’ar Hanegev, l’une des plus sanglantes ce jour-là », explique le Haaretz.
Mais que s’est-il passé exactement ? Selon une source militaire israélienne qui cite une enquête de l’armée, cinq des sept Gazaouis ont été tués, ainsi que le chauffeur israélien. Les deux autres seraient retournés à Gaza en compagnie des combattants palestiniens, écrit le quotidien. Au total, 33 personnes, dont dix membres des forces de sécurité israéliennes, ont été tués au niveau de cette intersection. Neuf corps d’assaillants palestiniens ont également été retrouvés sur les lieux, selon deux chercheurs israéliens. Toutefois, les sept travailleurs gazaouis ne figurent pas dans ce décompte.
Cinq corps sur la base militaire de Sde Teiman
Citant des sources de sécurité, le Haaretz affirme que ces Palestiniens n’étaient pas impliqués dans les combats et qu’ils ne sont pas rentrés à Gaza. « L’une des explications possibles est que les terroristes du Hamas les ont tués, probablement en raison de la plaque d’immatriculation israélienne du van. Il se peut aussi que les terroristes les aient épargnés après avoir appris qu’ils étaient gazaouis », écrit le quotidien. Il explique avoir obtenu des enregistrements vidéo qui montrent selon lui des combattants palestiniens « sortant deux passagers du véhicule. Les deux sont en vie et se tiennent debout. Mais ce qui leur est arrivé par la suite reste inconnu », peut-on lire.
Ce qui est sûr, selon le Haaretz, c’est que le corps du chauffeur israélien a été restitué à sa famille 15 jours plus tard. Le quotidien dit avoir contacté l’armée israélienne à deux reprises en mars et juin pour s’enquérir du sort des sept Gazaouis et savoir si, dans le cas de leur décès, leurs corps seraient aux mains des autorités israéliennes. L’armée a d’abord affirmé ne pas être en possession des corps des sept Gazaouis, avant de se rétracter et affirmer début juillet que cinq des Gazaouis ont été tués et que leurs corps se trouvent sur la base militaire de Sde Teiman où les dépouilles mortelles d’environ 1 500 combattants du Hamas tués lors de l’attaque du 7 octobre se trouvent. « De quels cinq Gazaouis s’agit-il ? Pour le moment, nous ne le savons pas. Que va-t-il arriver à leurs corps ? C’est au gouvernement d’en décider », dit l’armée israélienne, selon le Haaretz.




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14 h 45, le 11 juillet 2024