Rechercher
Rechercher

Politique - Liban

Présidentielle : le tandem chiite a rejeté la proposition de l'opposition d'entrée de jeu, déplore Geagea

Cette initiative « ne présente rien de nouveau » et ne mènera pas à une résolution de la crise, estime le Parti socialiste progressiste.

Présidentielle : le tandem chiite a rejeté la proposition de l'opposition d'entrée de jeu, déplore Geagea

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, au siège de son parti à Meerab. Photo fournie par les FL

Le chef des Forces libanaises (LF), Samir Geagea, a déploré mercredi, dans un communiqué, le rejet d'entrée de jeu par le tandem chiite Amal-Hezbollah de la « feuille de route » annoncée la veille par plusieurs groupes de députés de l'opposition pour mettre un terme à la crise politique au Liban, accusant la présidence du Parlement de vouloir «mettre la main» sur la présidentielle.

« Enfin, le masque est tombé », a écrit Samir Geagea. « Cela fait deux ans que l'axe de la résistance appelle au dialogue comme clé pour l'élection présidentielle. Mais dès que l'opposition a présenté hier deux propositions sérieuses pour un dialogue sérieux, leurs voix se sont élevées de tous côtés pour les rejeter », a-t-il indiqué.

Les accusations de Geagea

Mardi, le camp anti-Hezbollah a proposé, lors d'une conférence de presse au Parlement, une « feuille de route » pour débloquer l'élection présidentielle. Au moment où le chef du législatif Nabih Berry accuse l'opposition de bloquer toute solution, en rejetant le dialogue élargi qu'il propose sous sa houlette, l'opposition s'est officiellement déclarée favorable à des « consultations » de 48 heures en vue de tenir le scrutin, dans le cadre d'une session ouverte du Parlement. Ce qui permettrait l'élection d'un président après des consultations informelles. « L'opposition prive la Chambre de son rôle législatif », avait rapidement commenté à L'OLJ le député du groupe Amal, Kassem Hachem, révélant donc le veto imposé par M. Berry à cette proposition.

Lire aussi

L’opposition met Nabih Berry au pied du mur

« Ce qu'ils voulaient à travers le dialogue et leur formule c'est que la présidence du Parlement mette la main sur l'élection présidentielle, ce qui est absolument et totalement inacceptable. Ensuite de s'arroger une couverture politique plus large pour perturber la présidentielle », a accusé M. Geagea. « Les députés qui veulent vraiment une présidentielle doivent unir leurs efforts pour exercer une pression suffisante afin que se tienne une séance électorale sérieuse, ouverte, en sessions successives, jusqu'à l'élection », a-t-il souligné.

La tournée des députés de l'opposition

Le lendemain de leur conférence de presse, une délégation de l'opposition a rencontré des députés de plusieurs groupes parlementaires, notamment du Parti socialiste progressiste (PSP, joumblattiste).

Après leur rencontre, le député du PSP, Waël Abou Faour, a déclaré que « l'initiative est positive et une plus grande flexibilité est nécessaire de toutes les parties pour parvenir à une solution, mais nous n'avons pas vu de nouvelles idées pouvant conduire à l'élection d'un président, et il n'est pas correct de dire que le dialogue suscite des préoccupations ». « Les idées avancées ne mèneront pas » à l'élection d'un nouveau chef de l'État, a-t-il ajouté.

Lors d'une deuxième réunion avec le Bloc de la Modération, principalement composé d'anciens membres du Courant du Futur, le député Ahmed el-Khair a souligné que « tout le monde est convaincu que la consultation est la voie obligatoire pour élire un président », estimant que la proposition de l'opposition est « complémentaire » de l'initiative qui avait été lancée par les anciens haririens.

De son côté, le Courant patriotique libre (CPL, aouniste), normalement allié au Hezbollah mais qui s'est rangé, depuis un an, aux côtés de l'opposition pour ce qui est de la présidentielle, s'est dit « réceptif » aux deux propositions de l'opposition. Il a appelé les anti-Hezbollah et la « Moumanaa » (axe pro-Iran) à « surmonter leurs différends ». 

« Le reste n'est que perte de temps »

Le député Kassem Hachem, proche de M. Berry, a fustigé, de son côté, « ceux qui s'opposent au dialogue par principe et qui sont toujours négatifs », dans une déclaration diffusée mercredi par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). « Pour ceux qui veulent une élection présidentielle, le chemin le plus court est l'initiative de Nabih Berry, le reste n'est que perte de temps et un gaspillage des capacités du pays ».

Le chef des Forces libanaises (LF), Samir Geagea, a déploré mercredi, dans un communiqué, le rejet d'entrée de jeu par le tandem chiite Amal-Hezbollah de la « feuille de route » annoncée la veille par plusieurs groupes de députés de l'opposition pour mettre un terme à la crise politique au Liban, accusant la présidence du Parlement de vouloir «mettre la main» sur la présidentielle.« Enfin, le masque est tombé », a écrit Samir Geagea. « Cela fait deux ans que l'axe de la résistance appelle au dialogue comme clé pour l'élection présidentielle. Mais dès que l'opposition a présenté hier deux propositions sérieuses pour un dialogue sérieux, leurs voix se sont élevées de tous côtés pour les rejeter », a-t-il indiqué.Les accusations de GeageaMardi, le camp anti-Hezbollah a proposé, lors...
commentaires (6)

Kassem qui se sent lui pousser des ailes. Avec les surenchères du HB au niveau militaire il croit pouvoir imposer avec ses alliés des solutions anti constitutionnelles pour gagner la guerre politique pendant que le barbu brûle notre pays pour gagner sa bataille d’ego. Sa déclaration, « Pour ceux qui veulent une élection présidentielle, le chemin le plus court est l'initiative de Nabih Berry, le reste n'est que perte de temps et un gaspillage des capacités du pays » prouve qu’aucun compromis de leur part ne saurait possible jusqu’à mettre la main sur la seule fonction qui leur échappe. Jamais

Sissi zayyat

10 h 21, le 11 juillet 2024

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • Kassem qui se sent lui pousser des ailes. Avec les surenchères du HB au niveau militaire il croit pouvoir imposer avec ses alliés des solutions anti constitutionnelles pour gagner la guerre politique pendant que le barbu brûle notre pays pour gagner sa bataille d’ego. Sa déclaration, « Pour ceux qui veulent une élection présidentielle, le chemin le plus court est l'initiative de Nabih Berry, le reste n'est que perte de temps et un gaspillage des capacités du pays » prouve qu’aucun compromis de leur part ne saurait possible jusqu’à mettre la main sur la seule fonction qui leur échappe. Jamais

    Sissi zayyat

    10 h 21, le 11 juillet 2024

  • Il est des commentaires pernicieux que certains devraient éviter. La réunion du Patriarche n’était qu'une réunion spirituelle qui n'avait rien de politique. A supposer qu'elle l'avait été, Geagea a clarifié les raisons pour lesquelles il était absent et par respect il a envoyé un représentant. Idem pour le Gemayel. Les chiites ne l'ont pas fait, pas même un représentant qui s'est désisté, par manque de respect, message reçu, ils n'auront plus le notre.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    09 h 25, le 11 juillet 2024

  • « L'opposition prive la Chambre de son rôle législatif ». Un mensonge évident: il s’agit de l’élection présidentielle et non du "rôle législatif" de la Chambre, lequel est, d’ailleurs - du moins selon la Constitution - en sommeil jusqu’à l’élection d’un président. Personne ne refuse le dialogue (même si son utiité este à prouver), ce qui est rejeté, c’est l’immixtion de Berry.

    Yves Prevost

    07 h 08, le 11 juillet 2024

  • Je crois que geagea est à la tête d’un plus grand bloc parlementaire il a plus de légitimité en face d’un présidentiable qui a un seul député Mais au delà de la candidature la priorité actuelle est de démystifier qui est pro constitution et celui où ceux qui sont anti constitution Le moumanaa veut le beurre et l’argent de beurre Ils veulent leur candidat comme président et seulement lui par une démarche anti constitutionnelle

    William SEMAAN

    01 h 27, le 11 juillet 2024

  • Panier de crabes.

    PPZZ58

    21 h 25, le 10 juillet 2024

  • Telle est la cuisine de politique intérieure en temps de guerre (limitée au Sud, bien sûr) ayant pour emblème "la désunion fait la force !". Quand Monseigneur Raï, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient propose une réunion, lors de la visite Cardinal Pietro Parolin, tous les hommes de bonne volonté, qu’ils soient religieux ou civils, disposent et répondent à l’appel sauf le tandem chiite préoccupé sur d’autres fronts, et sauf le milicien-chef maronite Geagea pour des raisons qu’on ignore. Quand Geagea propose, tout le monde indispose. C’est un mauvais signe pour lui. Toujours candidat ?

    Charles Fayad

    20 h 55, le 10 juillet 2024

Retour en haut