La cérémonie de remise des diplômes de l'Université américaine de Beyrouth pour la promotion 2024. Photo obtenue avec l’aimable autorisation du bureau du président de l'AUB/Instagram
Depuis des générations, les jeunes Libanais grandissent à l’ombre de crises qui se succèdent. Et cela n’est pas prêt de s’arrêter. Les difficultés des cinq dernières années ont marqué les parcours de la jeune génération – de l’effondrement économique à la pandémie de coronavirus, en passant par l’explosion au port de Beyrouth et la guerre actuelle entre le Hezbollah et Israël au Liban-Sud.
Plus de 60 % des étudiants veulent émigrer
Chaque année, certains étudiants choisissent de rester dans leur pays pour entamer leurs études universitaires, tandis que d’autres partent à l’étranger. Ceux qui restent finissent souvent par émigrer après l’obtention de leur diplôme, en espérant trouver une vie plus stable ailleurs. Un sondage réalisé en avril 2022 par le réseau de recherche non partisan Arab Barometer révèle que 61 % des diplômés de l’enseignement supérieur espèrent émigrer, faisant courir au pays le risque d’une fuite des cerveaux. Parmi ceux qui souhaitent partir, 63 % ont entre 18 et 29 ans et ont cité la corruption, les considérations de sécurité et la politique comme raisons de leur volonté de partir.
Quel avenir donc pour la promotion libanaise de 2024 ? L’Orient Today s’est entretenu avec des étudiants dont beaucoup d’entre eux ont décidé de rester au Liban, avec plus ou moins d’enthousiasme.
Chloé
Chloé Haddad. Photo obtenue avec l'aimable autorisation de Chloé Haddad
Chloé Haddad, 21 ans, sera diplômée de mode à l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA). Elle avait décidé de rester au Liban pour ses études, mais ne sait pas de quoi sera faite la suite. « J’ai eu l’occasion de suivre un master à l’étranger, mais j’aime vraiment le Liban », raconte la jeune femme. « Je partirai seulement si cela me permettrait d’évoluer professionnellement, mais je vois qu’il y a beaucoup d’opportunités (dans ce domaine) au Liban. »
Andréa Chaanine, qui enseigne le stylisme à l’ALBA, confirme que le milieu de la mode au Liban est en plein essor. « Nous avons beaucoup de designers, de stylistes et de magazines de mode libanais », explique l’enseignante. « Il y a beaucoup d’initiatives une volonté d’aider l’industrie à se développer », dit-elle, en évoquant une attention à l’égard de l’industrie de la mode au Moyen-Orient. « Rester au Liban n’est pas un choix facile, mais c’est tellement inspirant et rafraîchissant que le risque en vaut la peine », estime-t-elle.
Chloé Haddad espère, elle, trouver du travail dans un atelier et continuer à développer la collection qu’elle a présentée au salon ALBA Mode cette année.
Léa
« Je pense que partir est perçu comme un accomplissement », explique Léa Oueidate, 22 ans. « Si je m’en vais à l’étranger, je voudrai revenir parce que je suis très attachée à ce pays. » Léa est diplômée de l’Université américaine de Beyrouth (AUB) avec une double spécialisation en mathématiques appliquées et en physique. Elle prévoit de suivre sa sœur au Royaume-Uni pour y obtenir un master, puis de revenir au Liban pour enseigner dans une université. « Lorsque j’étais lycéenne, je voulais vraiment partir. Mais mes parents voulaient que je reste », explique la jeune femme. « Maintenant, c’est l’inverse. Je veux rester et ils veulent que je parte. » Ses parents s’inquiètent d’un embrasement du conflit en cours, alors que Léa se soucie de sa famille qui vit au Liban-Sud. Déménager la mettrait à l’abri du danger, mais elle s’inquiète davantage pour ses proches lorsqu’elle se trouve à l’étranger. Pour la jeune femme, vivre dans un contexte de crise, c’est trouver « des moyens de survie, d’existence et de joie » pour s’en sortir. « Je pense que c’est pour cela que je suis attachée au Liban, dit-elle. Je suis attachée à cette façon de vivre. »
Roy
Roy Ghadban. Photo obtenue avec l'aimable autorisation de Roy Ghadban
Mais tous ceux qui restent au Liban ne le font pas uniquement par amour du pays. Roy Ghadbane, 22 ans, a effectué les deux premières années de sa licence à l’Université libanaise (UL). Cependant, la crise économique a entraîné des coupes budgétaires à l’UL. Les professeurs se sont mis en grève et, en août 2020, l’explosion au port de Beyrouth a gravement endommagé le campus de l’université. Après avoir perdu sept mois d’enseignement, le jeune homme a accepté une bourse complète pour des études bancaires et de finance à l’Université libano-américaine (LAU). En septembre, l’étudiant commencera à travailler pour une société d’audit à Beyrouth. Une perspective qui l’enthousiasme bien qu’il n’ait jamais envisagé de travailler au Liban. « J’ai toujours voulu partir à l’étranger, raconte-t-il. Je ne pense pas pouvoir m’intégrer ou m’épanouir au Liban comme je le souhaite. J’ai l’impression que cela limite mon potentiel. »
D’ici à cinq ans, Roy prévoit de s’installer à l’étranger pour poursuivre des études supérieures et occuper des postes plus importants en Europe. Il estime avoir de meilleures opportunités pour sa carrière universitaire et professionnelle là-bas. « C’est aussi à cause de l’instabilité du Liban », explique-t-il. Il aimerait pourtant avoir un domicile dans son pays pour y revenir avec sa future famille. Cependant, si la situation reste instable, il envisage d’acheter une résidence en Toscane. « Je suis déjà allé à l’étranger, j’ai parcouru toute l’Europe... mais rien n’est comparable à mon pays. »
Tamer
Tamer Saleh. Photo obtenue avec l'aimable autorisation de Tamer Saleh
D’autres diplômés, comme Tamer Saleh, reconnaissent également les avantages qu’il y a à quitter le confort de chez-soi. Le jeune homme de 20 ans est diplômé de la LAU avec une spécialisation en informatique et mathématiques. Il a grandi dans le Golfe et est retourné au Liban il y a sept ans. Il postule actuellement à des emplois à Beyrouth et à l’étranger. « Pour évoluer, il faut sortir de sa zone de confort. Je me suis senti très à l’aise au Liban », raconte-t-il. En tant qu’athlète professionnel, il doit également tenir compte de son entraînement pour sa carrière de coureur lorsqu’il cherche un emploi ou des études supérieures. « Je ne suis ni déterminé à rester ni à partir, explique Tamer. Il cite des athlètes libanais qui, selon lui, incarnent le potentiel du pays et souhaite un jour faire de même. J’espère pouvoir vivre ici à l’avenir. En fin de compte, c’est notre pays. »




Le Pentagone aurait dissimulé des informations sur des dizaines de soldats US blessés dans les frappes iraniennes en Jordanie
HN, ce résistant aux libanais, ne laisserait aucun jeune libanais, diplômé ou pas, faire le choix de rester dans son pays meurtri. Après l’avoir vidé de toute sa puissance économique il a décidé de faire fuir sa jeunesse et ses têtes pensantes -sauf ceux qui sont sûrs de mourir pour lui- afin d’achever le pays qui se retrouve sans résistance réelle des libanais et patriotes, pour le combattre. Son plan fonctionne à merveille et le pays se vide doucement mais sûrement. Lui en revanche, a la vie devant lui pour en finir avec tout ce qui se met en travers de son chemin pour l’en empêcher.
13 h 37, le 11 juillet 2024