Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, lors d'une réunion parlementaire à Beyrouth en juin 2023. Photo Parlement libanais
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, qui insiste sur la tenue d'un dialogue national avant de convoquer une nouvelle séance parlementaire électorale pour l'élection d'un nouveau président, a fermé la porte à une proposition avancée par le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste) d'organiser une telle table ronde en l'absence de certains partis réfractaires. La semaine dernière, Gebran Bassil avait indiqué être en faveur d'un dialogue préliminaire à une séance électorale, même s'il devait avoir lieu sans les Forces libanaises, parti opposé au CPL. Les FL ont rejeté à de nombreuses reprises l'appel de M. Berry à un dialogue qu'il présiderait lui-même, le jugeant anticonstitutionnel, craignant que conditionner l'élection à la tenue d'un dialogue ne crée un « précédent ».
« Préparer le Liban »
Pour que le Liban puisse élire un président, « un dialogue exhaustif doit avoir lieu, vu les circonstances exceptionnelles du Liban, sans diviser ou isoler un groupe », a indiqué Nabih Berry dans une interview publiée lundi dans le journal al-Chark al-Awsat. Il a dans ce cadre dit « rejeter les appels de députés à un dialogue ou une consultation rassemblant uniquement ceux qui seront présents », estimant que cela « isolerait d'autres groupes » et insistant sur l'importance que toutes les formations politiques soient représentées.
M. Berry a encore souligné qu'une telle consultation devait se tenir « sans conditions préalables ». « Cessons de nous déchirer, nous n'avons aucun autre choix que le dialogue ou les consultations. Le président serait alors élu en dix jours », a-t-il lancé.
Depuis la dernière séance électorale, il y a plus d'un an, le président de la Chambre refuse de convoquer une nouvelle réunion sans un dialogue préalable qui assurerait une élection. Le Parlement, dans lequel aucune formation ne détient de majorité claire, s'est réuni une douzaine de fois sans parvenir à élire un successeur à Michel Aoun, qui a quitté le palais de Baabda fin octobre 2022. Le tandem chiite, qui comprend le Hezbollah et le mouvement Amal, soutient la candidature du chef des Marada, Sleiman Frangié, tandis que les partis de l'opposition et le Courant patriotique libre, normalement allié du Hezbollah, soutiennent jusqu'à présent l'ex-ministre Jihad Azour.
Pour le chef du Législatif, il faut urgemment élire un président pour « restaurer les institutions constitutionnelles et pour qu'il soit à la tête de la délégation du Liban sur la table des négociations dans le cas où une nouvelle carte géopolitique pour la région sera dessinée », alors que des pourparlers sont en cours pour trouver une solution, notamment, au conflit en cours dans le sud du pays entre le Hezbollah et l'armée israélienne.
Concernant ces échanges de tirs quasiment quotidiens, dans lequel le parti dirigé par M. Berry, le mouvement Amal, est impliqué, le président de la Chambre a estimé qu'il reste « sous contrôle dans le cadre des règles d'engagement ». Le mouvement Amal a perdu, depuis octobre, une vingtaine de ses combattants dans des bombardements israéliens.
Les FL ripostent
Les Forces libanaises (FL) ont déclaré dans un communiqué que les propos de M. Berry « comprenaient plusieurs contre-vérités ». « Qu'est-ce qui a empêché M. Berry de convoquer une séance électorale présidentielle à des intervalles réguliers jusqu'à l'élection d'un président conformément à la Constitution ? », ont demandé les FL dans leur texte, avant d'appeler le président de la Chambre à le faire. « La résolution de ce problème réside dans le respect strict de la Constitution en appelant à des sessions continues, plutôt que de déformer la réalité par des dialogues supposés visant à couvrir l'obstruction et à contourner la Constitution », affirment les FL.
Les FL rappellent également qu'en « réalité, tout le monde se consulte constamment, mais ces consultations n'ont pas abouti en raison du retrait des blocs de la Moumanaa dès la première session ». Lors des douze séances parlementaires électorales organisées entre septembre 2022 et juin 2023, aucun candidat, officiel ou non, n'a obtenu la majorité requise. Après un premier tour de vote, la majorité des députés du tandem Hezbollah-Amal se sont retirés de l'hémicycle, provoquant un défaut de quorum. M. Berry estime que chaque nouvelle séance parlementaire constitue un nouveau premier tour de vote, au cours duquel une majorité des deux tiers des députés (soit 86 voix) est nécessaire pour aboutir à l'élection d'un président. Au second tour, la majorité simple (65 votes) est requise.
À la question de M. Berry : « Qui a dit que la consultation constitue une violation de la Constitution ? », les FL rétorquent : « la Constitution le dit clairement ». « Le véritable non-respect de la Constitution réside dans la convocation d'un dialogue pour une élection présidentielle », martèlent les FL, ajoutant que cela « constitue un précédent grave, surtout que la Constitution dit clairement que dès que la présidence devient vacante, le Parlement devient un collège électoral convoqué par le président de la Chambre pour une session continue jusqu'à l'élection du président, ce qui n'a pas encore eu lieu ».



La politique du tandem est de faire sauter Taef. Ils y ont enfoncé un clou avec Doha et a présent ils cherchent a le consolider avec encore plus de concessions de la part du restant des autres communautés. En 2008, grâce a ses armes et a l'invasion de Beyrouth par ses voyous, le tandem a réussi a éroder Taef. A l’époque les FL n’étaient pas encore suffisamment forte pour les arrêter et ont fait l'erreur de faire confiance a Hariri. Après Tayouneh et les dernières élections, le Tandem se retrouve nez a nez avec la cause souveraine Libanaise des 10.452Km2. Il a perdu d'avance!
09 h 31, le 10 juillet 2024