Un pompier essaye de contrôler un incendie en Galilée, dans le nord d’Israël, provoqué par un tir de missiles depuis le Liban-Sud par le Hezbollah, le 4 juillet 2024. Jack Guez/AFP
La riposte se poursuit. Après avoir lancé « 100 roquettes Katioucha » la veille contre Israël pour venger l’élimination de Mohammad Nehmé Nasser, présenté comme un haut dirigeant militaire, le Hezbollah a revendiqué deux nouvelles séries de frappes de « réponse » jeudi. Il a ainsi annoncé avoir tiré « plus de 200 missiles de différents types » contre plusieurs casernes, puis une « attaque aérienne » sur pas moins de huit bases israéliennes. La première des salves de missiles a visé, selon un communiqué du parti, les casernes d’Ayelet, de Katsavia, Gamla, Nafah et Yarden, toutes situées sur le plateau du Golan syrien occupé. Peu après, le parti chiite a annoncé une « attaque aérienne menée avec un escadron de drones » contre une série de positions militaires. Les drones ont visé les positions suivantes : le quartier général de la 91e brigade nouvellement créée dans la caserne d’Ayelet, face à Maroun el-Ras (caza de Marjeyoun), le quartier général de la 7e brigade blindée dans la caserne de Katsavia, sur les hauteurs du Golan syrien occupé, le quartier général de la région nord dans la base de Dado, face à Bint Jbeil, la base de renseignement de la région nord à Mishar, face à Maroun el-Ras, le quartier général de la 810e brigade Harmoun dans la caserne de Ma’aleh Golan, sur le plateau du Golan, le quartier général de la brigade du Golan, sur le territoire occupé, et l’unité Iguz dans la caserne Shraga, sur le littoral israélien, face à Naqoura. Enfin, une attaque a visé la base permanente principale de la 146e brigade à Ilania, située à l’est de Haïfa, à une trentaine de kilomètres de la frontière. Une distance record depuis le début de la guerre.
« Des endroits inattendus »
Avant d’annoncer la mort d’un major israélien suite à cette déferlante, le Haaretz rapportait que les attaques du Hezbollah ont fait deux blessés en Israël et que les sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises. Selon le média israélien, qui cite l’armée, les sirènes ont retenti à plusieurs reprises le long de la frontière avec le Liban, de Nahariya à l’ouest jusqu’au Golan occupé à l’est. En réponse, l’armée israélienne a dit avoir lancé des raids « sur des sites de lancement de roquettes dans le sud du Liban », selon son porte-
parole arabophone Avichay Adraee. Il a précisé, sur X, que des roquettes envoyées par le Hezbollah avaient été interceptées, mais que la chute de certains obus et de missiles intercepteurs a provoqué « des incendies dans plusieurs zones, qui ont été maîtrisés ».
Le président du conseil exécutif du Hezbollah, Hachem Safieddine, a commenté cette riposte lors des funérailles, jeudi dans la banlieue sud de Beyrouth, du haut gradé tué la veille. « La réponse à l’assassinat d’Abou Nehmé a commencé hier et se poursuivra avec d’autres actions visant des endroits inattendus », a déclaré Hachem Safieddine. « Quand un leader devient martyr, un autre reprend le flambeau, renforçant notre détermination et consolidant notre position contre Israël », a ajouté le cheikh Safieddine. Il a souligné que ces neuf derniers mois, « les combattants de la résistance ont obtenu des résultats remarquables qui ont laissé l’ennemi perplexe, aussi bien au Liban qu’à Gaza ». S’adressant directement aux Israéliens, Hachem Safieddine a affirmé que « l’assassinat » de « hajj Abou Nehmé » ne leur procure « aucun avantage militaire ni ne constitue un accomplissement, contrairement à ce que le courageux Abou Nehmé avait, lui, réalisé ». Il a souligné que « l’échec (israélien) à Gaza montre que leur armée est épuisée et ne peut plus remporter de victoire ».
« Pas d’horizon politique »
En parallèle à ces tirs de « riposte », le Hezbollah a également revendiqué plusieurs autres frappes, notamment avec des roquettes Katioucha sur « une nouvelle position de soldats de l’ennemi israélien à Kfar Blum », localité du nord d’Israël située face au village libanais de Meïs el-Jabal. Ce tir a été mené en riposte à une frappe israélienne sur Chebaa, où « une femme civile a été blessée ». Le Hezbollah a également revendiqué d’autres frappes sur les sites, régulièrement ciblés, d’el-
Baghdadi, face à Aïta el-Chaab, de Marj, face à Markaba, et de Bayyad Blida.Selon notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, l’armée israélienne a elle aussi intensifié ses opérations contre les villages du Liban-Sud. Des tirs d’artillerie ont visé Adaïssé et Naqoura, la périphérie de Kfarchouba, Kfar Hammam, Chebaa et Khiam. Des bombardements ont en outre visé Houla, Aïtaroun, Deir Seriane ainsi qu’une ferme de volailles à Kantara. Le Hezbollah a perdu un nouveau combattant dans cette nouvelle escalade. Il s’agit de Hadi Chreim, né en 1996, selon un communiqué publié par le parti. Le jeune homme a été tué jeudi matin dans la frappe sur Houla. Cela fait grimper à 366 le nombre de combattants et membres du parti chiite tués par Israël au Liban et en Syrie depuis le 8 octobre. Dans ce contexte tendu, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, a (chose assez rare) évoqué la situation au pays du Cèdre. « Nous sommes préoccupés par le risque d’extension de la guerre au Liban, a-t-il affirmé. Nous ne voyons pas d’horizon politique. »
La Belgique réitère son appel à quitter le Liban « au vu de l’intensification des hostilités »
L’ambassade de Belgique à Beyrouth a réitéré jeudi, à l’attention de ses ressortissants, son appel à « quitter le Liban » ou à éviter tout voyage dans le pays, au vu de « l’intensification des hostilités à la frontière avec Israël ». Dans son message, la chancellerie belge rappelle que ces recommandations sont en vigueur depuis le 20 octobre, soulignant que « le risque d’une extension du conflit à d’autres régions du Liban est toujours présent », et prévient qu’en cas de détérioration de la situation, elle pourrait ne pas être en mesure de fournir des services consulaires. « De même, il n’y a pas de garantie qu’une évacuation des ressortissants belges du Liban pourrait être organisée le cas échéant, ajoute l’avis envoyé aux ressortissants. Nous savons que beaucoup de vos proches ou membres de vos familles profitent de la saison estivale pour vous rendre visite au Liban. Cette année, vu la volatilité de la situation sécuritaire au Liban, nous vous invitons à privilégier une autre destination pour vous retrouver et passer du temps ensemble. »


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