Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. Photo Facebook/Tayyar.org
Le chef du Courant patriotique libre (CPL), le député Gebran Bassil, a affirmé mercredi soir, dans un entretien télévisé, qu'il « craint » une guerre élargie entre Israël et le Hezbollah au Liban, mais qu'il estime toutefois que l'État hébreu ne prendra pas cette initiative « parce qu'il est trop impuissant pour le faire ».
« Je crains qu'Israël déclenche une guerre totale contre le Liban, mais je ne m'y attends pas car il est trop impuissant pour le faire », a lancé M. Bassil sur Sky News Arabia. « Ils n'ont pas pu vaincre le Hamas sur 340 km², ils ne pourront pas vaincre le Liban sur 10.452 km² », a-t-il lancé, relevant la « force bien supérieure » du Hezbollah par rapport au Hamas. Il a estimé qu'une telle guerre totale, si elle devait éclater, risque de s'éterniser et que le Liban « seul, ne peut pas faire cette guerre, sans l'implication des Arabes ou au moins de la Syrie ».
Le Liban lié à « une décision de Sinouar »
Réitérant ses critiques, adressées sans le mentionner au Hezbollah, concernant l'ouverture d'un front contre Israël après le début de l'offensive à Gaza, il s'est interrogé : « Est-il concevable que le Liban se lie à une décision qui a été prise uniquement par Sinouar », le chef du Hamas à Gaza Yahya Sinouar, derrière l'attaque du 7 octobre 2023 en Israël.En ce qui concerne les négociations menées notamment par l'émissaire américain Amos Hochstein pour résoudre le conflit au Liban-Sud, Gebran Bassil a souligné que s'il ne faut pas « revenir aux précédentes règles d'engagement, les revendications libanaises doivent tout de même être prises en compte ». M. Hochstein s'est entretenu mercredi à Paris avec l'envoyé présidentiel français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian. Selon la Maison Blanche, citée par Reuters, les deux hommes ont discuté des « efforts américains et français pour restaurer le calme au Moyen-Orient ». Paris et Washington « partagent l'objectif commun de résoudre le conflit de part et d'autre de la Ligne bleue, par des moyens diplomatiques, afin de permettre aux civils israéliens et libanais de rentrer chez eux avec des garanties de sécurité à long terme », selon un responsable américain. Cet objectif est de tenter de mettre en place une feuille de route commune avec Washington, Paris s'appuyant sur son expérience avec la résolution 1701, qui a mis fin à la guerre de juillet 2006 entre le Hezbollah et Israël, et l'accord d'avril 1996, qui visait à stabiliser la frontière au lendemain de l’opération israélienne des « Raisins de la colère ».
Le chef du CPL a ajouté que son parti a « réclamé une résolution internationale du Conseil de sécurité pour un cessez-le-feu, mais sans réponse internationale ».
L'aide russe à l'armée et la colère de Washington
Concernant l'alliance entre le CPL et le Hezbollah, M. Bassil a évoqué « un grand désaccord sur le concept de l'État ». « Le Hezbollah et ses alliés considèrent que la résistance a la priorité alors que nous considérons que le projet de l'État est la priorité », a-t-il élaboré, reconnaissant toutefois que la résistance « n'est pas en contradiction avec l'État », surtout alors que l'armée libanaise est « empêchée de s'armer » comme il le faudrait pour résister à Israël, selon lui. Le principal soutien de la troupe est Washington, allié numéro un de Tel-Aviv, et le Liban n'a pas pu « proposer d'aide russe à l'armée, par crainte de mettre en colère les États-Unis », a ajouté M. Bassil.
« Bien sûr, nous sommes pour que l'armée contrôle les frontières et défende le Liban, et qu'il faut une stratégie de défense impliquant l'État et l'armée de manière fondamentale », a-t-il lancé, soulignant néanmoins qu'il faut tout de même « profiter de l'élément de force » qu'est la « résistance ».
Jihad Azour reste le candidat soutenu par le CPL
Revenant en outre sur la vacance présidentielle, Gebran Bassil a souligné que jusqu'à présent, le candidat des aounistes reste l'ancien ministre Jihad Azour, sur le nom duquel il s'était entendu avec notamment les Forces libanaises, parti opposé au CPL. Il a reproché au Hezbollah d'avoir demandé aux parties chrétiennes de « s'entendre » avant de pouvoir les « suivre », mais de ne pas avoir accepté la personnalité sur laquelle les principales formations chrétiennes se sont entendues. « Il faut parvenir à une entente sur le prochain président », mais si cet accord préliminaire n'est pas trouvé, il faudra « s'en référer à la Constitution et passer à un scrutin ».
Le tandem chiite, et en tête le président de la Chambre Nabih Berry, préconisent que l'élection se base sur un consensus. Dans l'attente d'une telle entente, M. Berry refuse de convoquer la Chambre pour une séance électorale. De leur côté, les FL critiquent régulièrement cette position du président du Parlement.



Hamas est non seulement fini mais l’ironie du sort fait que ce sont les USA qui empêche Israël de l’achever. Quand à Bassil il a oublié que seul le Hezbollah est mit en cause. Il payera seul ses aventures hasardeuses. Plus personne n’est prêt à les recevoir comme en 2006 car personne n’a envie de voir le pays détruit comme à Gaza. Si guerre il y a, on l’espère pas, c’est à Qussair qu’ils finiront.
08 h 28, le 06 juillet 2024