Le président de la Chambre, Nabih Berry, recevant les ambassadeurs d’Égypte, du Qatar, de la France et d'Arabie saoudite à Aïn el-Tiné le 23 avril 2024. Mohammad Yassine/« L'Orient-Le Jour »
La présidentielle figure de nouveau à l’agenda de la communauté internationale. Parallèlement aux efforts déployés notamment par l’émissaire présidentiel américain, Amos Hochstein, pour épargner au Liban une guerre totale face à Israël, le Quintette impliqué dans le dossier libanais – dont font partie les États-Unis aux côtés de la France, de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et du Qatar – s’apprête à se remettre au travail, dans une énième tentative de débloquer la présidentielle, plus de 18 mois après la fin du mandat de Michel Aoun. Et si le flou entoure encore le nouveau round prévu de contacts, les constantes restent les mêmes : à la lumière de leur communiqué musclé du 16 mai dernier, les Cinq continueront de presser pour la tenue de « consultations » interlibanaises en vue de l’élection d’une figure de consensus dans les plus brefs délais.
Selon les informations de L’Orient-Le Jour, les ambassadeurs à Beyrouth des cinq pays concernés devraient se réunir dans les prochains jours avant d’entamer leur nouvelle tournée auprès des chefs de file politiques. Une redynamisation qui interviendra donc quelques jours après l’entretien, tenu mercredi à Paris, entre M. Hochstein et l’émissaire spécial de l’Élysée pour le Liban, Jean-Yves Le Drian. Partant, le timing de cette nouvelle phase semble être bien calculé. « Il intervient surtout après le sommet tenu le 8 juin dernier entre le président américain, Joe Biden, et son homologue français, Emmanuel Macron, en Normandie », appuie un diplomate occidental, soulignant que lors de cette réunion, les deux dirigeants s’étaient entendus pour « renforcer la collaboration entre Washington et Paris au sujet du dossier libanais ».
Mais que proposera le Quintette cette fois-ci pour opérer la percée espérée ? « Nous nous en tenons au communiqué du 16 mai. Nous sommes donc favorables à des consultations entre Libanais et à l’élection d’une figure de troisième voie », déclare le diplomate cité plus haut, dans ce qui sonne comme un message adressé d’abord au président de la Chambre, Nabih Berry. Ce dernier continue de presser pour présider un dialogue national élargi en amont des séances électorales ouvertes qu’il s’était engagé à tenir devant Jean-Yves Le Drian, lors de son dernier séjour à Beyrouth fin mai. Sauf que cette condition continue de se heurter au niet catégorique de l’aile radicale de l’opposition qui redoute une démarche visant à lui imposer le candidat du tandem chiite, le chef des Marada, Sleiman Frangié. Ces appréhensions ont transparu dans des propos du leader des Kataëb, Samy Gemayel, mercredi. S’exprimant lors d’un entretien avec l’ambassadeur d’Australie à Beyrouth, Andrew Barnes, il a accusé le parti de Hassan Nasrallah de « contrôler les institutions (…) et d’empêcher la tenue de la présidentielle afin d’imposer son candidat ». « Ce parti refuse donc d’avaliser une figure de troisième voie capable de dialoguer avec tout le monde pour sauver le pays », a-t-il ajouté.
Se voulant plus clair, Ghassan Hasbani, député des Forces libanaises, a réitéré mercredi le rejet de son parti, et des anti-Hezbollah en général, à tout dialogue mené par le maître du perchoir. « L’opposition est toujours ouverte à des consultations entre blocs parlementaires, alors que le camp adverse insiste pour tenir une table de dialogue qui deviendrait une coutume à laquelle on a recours à chaque échéance présidentielle », a-t-il dit dans une déclaration au quotidien koweïtien al-Anba’.
Entre Bkerké et le tandem chiite
En attendant que les efforts du Quintette portent cette fois-ci leurs fruits, des contacts se poursuivent pour mettre fin au différend qui oppose, depuis le 23 juin, le patriarche maronite, Béchara Raï, à la classe politique et religieuse chiite, lésée par des propos du prélat qui regrette que le Liban « soit une rampe de lancement pour des actes terroristes ». Si Bkerké a, à plusieurs reprises, affirmé que le terme « terroriste » ne visait pas le Hezbollah, impliqué dans des affrontements contre Israël en soutien au Hamas, depuis le 8 octobre, le parti chiite s'est dit « blessé » de cette position. « Les choses progressent dans le sens d’une accalmie, mais nécessitent encore un peu d’effort », confie à L’OLJ le président du Centre catholique d’information, le père Abdo Abou Kasm, qui se rend fréquemment à Aïn el-Tiné. « Je n'ai pas vu M. Berry depuis cette polémique, mais j’ai rencontré le vice-président du Conseil supérieur chiite, le cheikh Ali Khatib », ajoute le père Bou Kasm. Mercredi, ce dignitaire chiite a reçu l’évêque Boulos Matar et Wadih Khazen, ancien ministre proche de Bkerké, délégués par Mgr Raï. À l’issue de la réunion, Mgr Matar a insisté sur le caractère « profond » des relations entre Bkerké et le Conseil supérieur chiite. Il a, par ailleurs, déclaré que « la résistance (le Hezbollah, NDLR), ce sont les habitants des villages du Sud qui ont été contraints à s’autodéfendre (face à Israël) ». « Faut-il donc laisser l’ennemi (israélien) commettre ses crimes alors que l’État n’a pas préservé sa souveraineté ? » s’est interrogé l’ancien évêque de Beyrouth.
Pour l’opposition, la réponse est simple : il suffit de mettre en application la résolution 1701 du Conseil de sécurité (qui avait mis fin à la dernière guerre de 2006 entre l’État hébreu et le Hezbollah) et de confier la tâche de la défense à l’armée, comme on peut lire dans le communiqué publié lundi par trente députés de ce camp. « Nous continuerons d’exercer ce forcing pour éviter le pire », commente Ghayath Yazbeck, député FL, affirmant que son camp coordonne sur ce plan avec les pays du Quintette.



Ils tournent autour du pot pour nous vendre leur accord avec les fossoyeurs de notre pays de choisir le président qu’ils veulent de la manière qu’ils souhaitent voilà tout. Ils n’ont pas compris que les libanais dans leur majorité refusent catégoriquement leur solution biaisée sous prétexte d’épargner au Liban une guerre destructrice alors qu’il est déjà en ruine et en miette grâce aux affidés de l’Iran avec lesquels ils font semblant de discuter alors qu’ils n’ont pas changé d’un iota leur projet mortifère pour achever notre pays pour rendre service à leurs recruteurs iraniens.
11 h 09, le 04 juillet 2024