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Politique - Liban-Sud

Nouveau coup dur pour le Hezbollah : Israël veut négocier « en position de force »

L'armée israélienne élimine un haut cadre militaire du parti chiite, qui riposte en tirant une centaine de roquettes Katioucha sur le Golan. 

Nouveau coup dur pour le Hezbollah :  Israël veut négocier « en position de force »

Mohammad Nehmé Nasser, un commandant du Hezbollah tué mercredi par Israël, pose aux côtés de Kassem Soleimani, ancien chef de la force al-Qods. Photo tirée de l’agence al-Markaziya

La tension est soudainement (re)montée d’un cran. Mercredi, le Hezbollah a annoncé dans un communiqué la mort du « commandant Mohammad Nehmé Nasser », connu sous le nom de « hajj Abou Nehmé » et né en 1965 à Haddatha, au Liban-Sud. Mohammad Nasser est mort « sur la route de Jérusalem », selon la formule employée par le parti chiite pour parler de ses combattants tués dans des frappes israéliennes depuis le 8 octobre 2023. Selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah, ce haut gradé du parti chiite a été tué dans une frappe de drone à el-Haouch, près de Tyr. Mohammad Khachab, un autre combattant du Hezbollah né en 1997 au Liban-Sud, a lui aussi été tué dans cette attaque. Cela porte à 364 le nombre de membres et combattants du Hezbollah tués par Israël au Liban et en Syrie depuis le début des affrontements en cours, selon notre décompte.

L’armée israélienne a tout de suite revendiqué la frappe qui a tué ce haut commandant du Hezbollah. « Plus tôt aujourd’hui (mercredi), les forces de (l’armée israélienne) ont éliminé le terroriste Mohammad Nehmé Nasser, le commandant de l’unité Aziz (...) qui est responsable du secteur sud-ouest du Liban-Sud » pouvait-on lire dans un communiqué qui a joint une courte biographie du commandant « qui a pris ses fonctions en 2016 ».

De son côté, le Jihad islamique palestinien a rendu hommage au commandant du Hezbollah dans un communiqué publié sur Telegram. « Les Brigades al-Qods sont fières du rôle éminent et influent joué par le martyr (...) dans le soutien à la résistance palestinienne », a notamment écrit la faction armée palestinienne.

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La riposte du Hezbollah "se poursuivra" et "visera des endroits inattendus", promet un responsable du parti : jour 272 de la guerre de Gaza

Selon des sources sécuritaires contactées par L’Orient-Le Jour, « hajj Abou Nehmé » est un haut cadre militaire du Hezbollah, dont le rang est égal à celui de Taleb Abdallah, tué par Israël le 11 juin dernier, et dont l’élimination a provoqué une riposte violente du parti chiite. La montée des tensions avait alors accentué la crainte d’un dérapage et augmenté le risque d’une guerre totale, voire régionale. Si, depuis, les affrontements se sont quelque peu calmés, l’assassinat de Mohammad Nehmé Nasser risque de compliquer la donne. Les porte-parole du Hezbollah ont d’ailleurs veillé à afficher sur leurs réseaux sociaux une vidéo du secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, dans laquelle il affirme que « la vengeance arrive ». Le parti a également publié une vidéo de Nasser datant du 15 mai 1999, lors d’un raid sur un site israélien à Beit Yahoun (district de Bint Jbeil), soulignant son rôle pendant les 22 années d’occupation du Liban par Israël, jusqu’à ce que ce dernier soit contraint de se retirer en 2000. Dans une biographie publiée plusieurs heures après l’attaque, le Hezbollah a confirmé que Mohammad Nehmé Nasser, qui a rejoint le parti en 1986, est le commandant de l’unité Aziz depuis 2016. Il a pris part aux combats lors de la guerre de juillet 2006 et contre les jihadistes dans les jurds de Ersal (en 2015) mais aussi en Syrie et en Irak.

Selon Kassem Kassir, un analyste proche du Hezbollah, les médias israéliens présentent cet assassinat comme marquant « l’une des pertes les plus importantes du parti chiite ». « Si ces informations sont exactes, il s’agit d’une opération très importante, qui devrait provoquer une réponse du Hezbollah », a déclaré M. Kassir.

De Rafah au Litani...

Et, en effet, la journée de mercredi a été particulièrement violente. Le Hezbollah a, comme prévu, riposté à l’assassinat de son chef militaire en intensifiant ses frappes contre Israël, en revendiquant au moins sept. Le mouvement pro-iranien a notamment annoncé avoir répondu « à l’attaque et à l’assassinat perpétrés par l’ennemi » en tirant « 100 roquettes Katioucha » sur deux positions israéliennes sur le plateau syrien du Golan annexé par Israël. Il s’agit, selon un communiqué du Hezbollah, d’une attaque simultanée sur « le quartier général de la division 210 du Golan, dans la caserne de Nafah », située à environ 20 kilomètres de la frontière, ainsi que « le quartier général de la défense aérienne et antimissile, dans la caserne de Kila’a », également située relativement loin de la ligne bleue. Le parti de Hassan Nasrallah a, de plus, revendiqué un tir sur le site israélien de Rahib en face de Aïta el-Chaab. Une source militaire israélienne a confirmé à l’AFP qu’une centaine de missiles du Hezbollah ont visé le Golan. Le parti a ensuite fait état de nouveaux tirs de « dizaines de roquettes Katioucha » sur l’une des positions du Golan, ainsi que des tirs de « roquettes Falak » et de missiles lourds Burkan, plus efficaces, sur deux sites militaires dans le nord d’Israël. Une autre attaque a ciblé le « quartier général de la 769e Brigade dans la caserne de Kiryat Shmona » avec des « missiles Falak ».

Outre la frappe sur el-Haouch, l’artillerie israélienne a pour sa part tiré sur les localités de Markaba, Khiam, Deir Siriane, Kfar Kila, Yaroun et Taybé. Un drone israélien a également attaqué les environs de Aïta el-Chaab. L’aviation israélienne a également franchi le mur du son à deux reprises au-dessus de Beyrouth et de ses banlieues, selon des habitants interrogés par L’Orient-Le Jour. Israël a également franchi le mur du son à quatre reprises au-dessus du Sud. Ces détonations ont notamment été entendues au-dessus de Tyr, Saïda et des villages avoisinants.

Dans ce contexte tendu, le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a affirmé de nouveau devant une unité de l’armée israélienne qu’Israël « préfère une solution diplomatique avec le Hezbollah » afin de permettre le retour de dizaines de milliers de personnes évacuées des localités frontalières avec le Liban. Toutefois, il a souligné que son pays est prêt à toutes les éventualités. « Le char qui sortira de la bataille à Rafah peut atteindre le Litani, a-t-il menacé. Nous portons des coups sévères au Hezbollah tous les jours, et nous serons totalement prêts (à toute éventuelle guerre) et en position de force que ce soit en cas d’opération militaire ou de compromis. Nous préférons une solution diplomatique, mais si la réalité nous impose la guerre, nous sommes prêts à combattre. »

Bagheri : Le Liban pourrait devenir un « enfer sans retour » pour les Israéliens

Le ministre iranien par intérim des Affaires étrangères, Ali Bagheri Kani, a prévenu mercredi que le Liban deviendra un « enfer sans retour » pour les Israéliens, alors que la région continue de vivre dans la crainte d’un conflit de grande envergure entre le Hezbollah, pro-iranien, et Israël. Interrogé par la presse en marge d’une réunion à Téhéran sur l’éventualité qu’Israël lance une offensive élargie contre le Hezbollah, M. Bagheri a déclaré que « le Liban sera définitivement un enfer sans retour pour les sionistes », selon des propos rapportés par l’agence iranienne Tasnim. Selon lui, le Hezbollah, la « résistance » à Israël, a « su créer la dissuasion nécessaire tant sur le terrain que dans le domaine diplomatique ».

En début de semaine, Kamal Kharrazi, conseiller aux Affaires étrangères du guide suprême iranien Ali Khamenei, a indiqué au Financial Times qu’une « extension de la guerre n’est dans l’intérêt de personne, ni de l’Iran ni des États-Unis ». Et samedi dernier, la mission iranienne auprès de l’ONU avait averti d’une « guerre d’anéantissement » si Israël lançait une offensive contre le Hezbollah, déclarant que « toutes les options » étaient sur la table et notamment l’implication dans le conflit de « tous les groupes de la résistance » soutenus par Téhéran.


Macron appelle à « prévenir un embrasement »

Le président français Emmanuel Macron a insisté mardi soir sur « l’absolue nécessité de prévenir un embrasement » entre Israël et le Hezbollah au Liban, lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. « Il a redit son extrême préoccupation quant à l’accroissement des tensions entre le Hezbollah et Israël le long de la ligne bleue et souligné l’absolue nécessité de prévenir un embrasement qui nuirait tant aux intérêts du Liban que d’Israël, et constituerait un développement particulièrement dangereux pour la stabilité régionale », a indiqué l’Élysée dans un communiqué. Emmanuel Macron a souligné « l’urgence pour toutes les parties d’avancer rapidement vers une solution diplomatique et a rappelé la nécessité d’observer la plus grande retenue ». « Les deux dirigeants ont évoqué les efforts diplomatiques en cours en ce sens », a ajouté la présidence française alors que l’émissaire du président américain Joe Biden, Amos Hochstein, se trouvait mercredi à Paris. Il devrait y rencontrer l’envoyé spécial français au Liban, Jean-Yves Le Drian, et la conseillère du président français chargée du Moyen-Orient. Paris essaie, de manière coordonnée avec Washington, de trouver une solution négociée sur la base de la résolution 1701 de l’ONU, adoptée après la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël, qui stipule que seuls l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU (Finul) doivent être déployés dans le sud du Liban à l’exclusion des forces israéliennes et des milices, dont celle du Hezbollah. « La Finul constitue un élément essentiel de cette solution, et sa sécurité comme sa liberté d’action doivent être préservées », souligne l’Élysée.

La tension est soudainement (re)montée d’un cran. Mercredi, le Hezbollah a annoncé dans un communiqué la mort du « commandant Mohammad Nehmé Nasser », connu sous le nom de « hajj Abou Nehmé » et né en 1965 à Haddatha, au Liban-Sud. Mohammad Nasser est mort « sur la route de Jérusalem », selon la formule employée par le parti chiite pour parler de ses combattants tués dans des frappes israéliennes depuis le 8 octobre 2023. Selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah, ce haut gradé du parti chiite a été tué dans une frappe de drone à el-Haouch, près de Tyr. Mohammad Khachab, un autre combattant du Hezbollah né en 1997 au Liban-Sud, a lui aussi été tué dans cette attaque. Cela porte à 364 le nombre de membres et combattants du Hezbollah tués par Israël au...
commentaires (5)

Ce que j’ai peur qu’il bombarde tout le Liban , est ce que le Hezbollah est libanais ?

Eleni Caridopoulou

23 h 43, le 04 juillet 2024

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Commentaires (5)

  • Ce que j’ai peur qu’il bombarde tout le Liban , est ce que le Hezbollah est libanais ?

    Eleni Caridopoulou

    23 h 43, le 04 juillet 2024

  • Deux terroristes iraniens de moins !!

    Wow

    15 h 15, le 04 juillet 2024

  • Vos dits modérateurs qui censurent les commentaires sont de plus en plus ridicules et font preuve d’une telle étroitesse d’esprit. Ils n’ont pas compris que nous sommes en 2024 et que le monde a changé. Nous ne sommes plus en 1943 et les belles phrases d’union nationale et du vivre ensemble ont toujours été un leurre

    Lecteur excédé par la censure

    15 h 04, le 04 juillet 2024

  • HN fait monter les enchères pour pouvoir négocier ses conditions de mettre fin à cette guerre qui ne seront qu’un écran pour gagner du temps et pour remettre le couvert un peu plus tard. Plus ils le laisse gagner du temps et plus il s’équipe en armes sophistiquées « comme il le dit si bien » pour enfin faire contrôler et dominer la région par les mollahs qui le paie tres très cher pour aboutir sacrifier ses combattants pour atteindre leur but de terroriser le monde en attendant que leur bombe soit prête pour ce faire.

    Sissi zayyat

    11 h 16, le 04 juillet 2024

  • "L'armée israélienne élimine un haut cadre militaire du parti chiite". Que peut-on dire sinon: "Bon débarras!"?

    Yves Prevost

    08 h 09, le 04 juillet 2024

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