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Tempête autour du Femina et du Goncourt

Tempête autour du Femina et du Goncourt

« Béatrix Beck sera remplacée dans six mois, conformément aux statuts du Comité Femina. » C’est Mme Simone, membre influent du jury, qui parle, avec la sécheresse d’un Robespierre en jupons.

Béatrix Beck, on le sait, a jeté, lundi dernier, sa démission aux dames qui venaient de donner le Prix Femina à Louise Bellocq, en accusant le livre de cette hôtelière paloise, La Porte retombée, d’exhaler certains relents de racisme. « Je démissionne, s’est-elle écriée, car je n’admets pas qu’on couronne un mauvais roman, mal écrit, et dans lequel, en plus, il y a des allusions antisémites. »

Dans la soirée du même jour, Béatrix Beck, qui a obtenu le Goncourt en 1952 pour Léon Morin, prêtre, précisait sa pensée : « Je souhaite lutter avec toutes mes faibles forces contre les manifestations de l’antisémitisme. Celui de Louise Bellocq, pour être charitable et douillet, n’en est que plus grave. »

Louise Bellocq proteste de son innocence : « Mon plus beau héros donne sa vie pour des déportés. Je suis très surprise de la réaction de Mme Béatrix Beck. Il s’agit peut-être d’une erreur ou d’une maladresse de ma part, mais en aucun cas je ne voudrais être taxée de sentiments racistes. Je crois que certains membres du jury, qui avaient un autre candidat, ont voulu voir des propos qui ne sont pas. »

Camille Marbo, présidente du Femina, a donné de son côté son avis : « Je ne comprends pas la réaction brutale de Béatrix Beck. » Et Mme Simone s’est écriée : « Elle est folle ! Je ne trouve pas une seule page, une seule phrase, un seul mot antisémitique dans ce livre. À la place de Mme Bellocq, je ferais un procès en diffamation à Mme Beck. »

Jamais un Prix Femina n’avait été décerné en si peu de tours. Deux scrutins ont suffi.

Au premier tour, Louise Bellocq obtient 6 voix et André Chedid (Le Sixième Jour) 6 voix. C’était l’impasse. La comtesse de Pange fit pencher la balance en déplaçant sa voix. Au second tour, Louise Bellocq l’emportait par 7 voix à 5.

En même temps, Henri Thomas, le grand vaincu du Goncourt, emportait le Prix Médicis pour son roman John Perkins, avec 7 voix contre 5 à Claude Simon (La Route des Flandres).

« Béatrix Beck sera remplacée dans six mois, conformément aux statuts du Comité Femina. » C’est Mme Simone, membre influent du jury, qui parle, avec la sécheresse d’un Robespierre en jupons.Béatrix Beck, on le sait, a jeté, lundi dernier, sa démission aux dames qui venaient de donner le Prix Femina à Louise Bellocq, en accusant le livre de cette hôtelière paloise, La Porte retombée, d’exhaler certains relents de racisme. « Je démissionne, s’est-elle écriée, car je n’admets pas qu’on couronne un mauvais roman, mal écrit, et dans lequel, en plus, il y a des allusions antisémites. »Dans la soirée du même jour, Béatrix Beck, qui a obtenu le Goncourt en 1952 pour Léon Morin, prêtre, précisait sa pensée : « Je souhaite lutter avec toutes mes faibles forces contre les manifestations de...
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