Dossiers La vie du livre

La littérature libanaise à Abidjan

Le Salon international du livre d’Abidjan : un pont entre les littératures libanaises et ivoiriennes

La littérature libanaise à Abidjan

À l’entrée du Parc des expositions de Port-Bouët, au Salon international du livre d’Abidjan, le stand du Liban, pays invité d’honneur, a incarné le dynamisme et l’effervescence des rencontres culturelles. Il a accueilli en dédicaces des auteurs ivoiro-libanais ainsi que des romancières libanaises venues en Côte d’Ivoire pour l’occasion : Mona Azzam, Salma Kojok et Georgia Makhlouf.

Grâce à l’engagement de l’Union Libanaise Culturelle Mondiale - Côte d’Ivoire, le stand a proposé au public ivoirien de nombreux ouvrages de littérature libanaise. Les visiteurs pouvaient y trouver des auteurs classiques comme Khalil Gibran, Nadia Tuéni, Etel Adnan ou encore Vénus Khoury Ghata, mais aussi y découvrir les écritures contemporaines de Wajdi Mouawad, Amin Maalouf, Hyam Yared, Charif Majdalani, Hala Moughanie…

Dans ce pays où la présence libanaise est ancrée dans l’histoire longue et où, bien souvent, l’image des Libanais est circonscrite aux métiers du commerce et de l’industrie, faire connaître le Liban à travers sa culture et sa littérature relève de l’urgence.

Dans les échanges qui ont eu lieu entre les écrivains libanais et le public abidjanais, durant les tables rondes au SILA, au siège de l’ULCM, à l’Université de Cocody ou encore à l’école doctorale de Bingerville, les enjeux de la littérature libanaise ont trouvé un écho dans la société ivoirienne. Autour de la construction mémorielle, de la question des migrations ou de l’interrogation identitaire au croisement d’appartenances multiples, Libanais et Ivoiriens peuvent construire des passerelles entre leurs histoires et leurs imaginaires.

Les littératures libanaises et ivoiriennes francophones ont toutes deux émergé dans un terreau plurilingue. La diversité des langues pratiquées au Liban (l’arabe, le français, l’anglais, l’arménien…) et en Côte d’Ivoire (le français, le baoulé, le dioula, le bété…) est un atout pour la création littéraire. Le passage d’une langue à l’autre est une expérience d’hospitalité comme le montrent les travaux du linguiste Souleymane Bachir Diagne pour qui, traduire, c’est accueillir dans une langue ce qui a été pensé dans une autre, c’est créer de la réciprocité, de la rencontre, c’est faire humanité ensemble.

La littérature surgit au carrefour des langues que les écrivains réinventent sans cesse dans leurs écrits. Cette richesse de la rencontre entre les cultures ivoiriennes et libanaises s’épanouit, par exemple, dans l’œuvre théâtrale de Abass Zein, metteur en scène d’origine libanaise qui vit en Côte d’Ivoire. Dans le tissage des langues et des expériences, entre le français classique et le nouchi, les percussions africaines et les rythmes arabes, son œuvre théâtrale traduit le concept de « diversalité » cher à Raphaël Confiant, c’est-à-dire, non pas le cloisonnement des imaginaires, mais le mélange, le partage des histoires, des ancêtres et des identités. Dans cette utopie nécessaire face à l’emprise de la mondialisation marchande, l’Autre devient une part de nous-mêmes ; il vit en nous, façonne notre être et contribue à construire notre « identité multiple ».

Cette recherche est aussi inscrite dans la structure et l’histoire du roman ivoirien et l’écrivain Jean-Marie Adiaffi avait conçu le concept de roman Nzassa pour rendre compte de cette richesse de la littérature ivoirienne. Comme un pagne Nzassa composé de plusieurs morceaux de tissu, le texte Nzassa est tissé de divers genres. Il mêle oralité, prose et poésie, offre hospitalité dans l’énoncé écrit aux proverbes, mythes, contes, chants ou sonorités tambourinées, dans le mélange des langues de la Côte d’Ivoire, dioula, baoulé, bété, agni et nouchi, langue née dans les marges urbaines.

Si la fiction est d’abord invention de sa propre langue, des auteurs ivoiriens contemporains s’inscrivent dans ce projet comme Josué Guébo ou Henri Michel Yéré qui écrivent de la poésie dans l’interstice entre le français et le nouchi, comme Armand Gauz qui construit une œuvre romanesque contre-feu au récit officiel colonial ou comme Serge Agnessan qui, dans sa dernière publication L’Adieu à Kourouma, revigore le grand roman ivoirien.


À l’entrée du Parc des expositions de Port-Bouët, au Salon international du livre d’Abidjan, le stand du Liban, pays invité d’honneur, a incarné le dynamisme et l’effervescence des rencontres culturelles. Il a accueilli en dédicaces des auteurs ivoiro-libanais ainsi que des romancières libanaises venues en Côte d’Ivoire pour l’occasion : Mona Azzam, Salma Kojok et Georgia Makhlouf.Grâce à l’engagement de l’Union Libanaise Culturelle Mondiale - Côte d’Ivoire, le stand a proposé au public ivoirien de nombreux ouvrages de littérature libanaise. Les visiteurs pouvaient y trouver des auteurs classiques comme Khalil Gibran, Nadia Tuéni, Etel Adnan ou encore Vénus Khoury Ghata, mais aussi y découvrir les écritures contemporaines de Wajdi Mouawad, Amin Maalouf, Hyam Yared, Charif Majdalani, Hala...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut