Andrea Haddad durant l’accrochage de son pop-up prévu ce week-end. Photo DR
L’espace Matisse, qui se transforme au gré des saisons, des envies et des ambitions de sa fondatrice Lynn Sawaya, cède la place, en fin de semaine, à l’artiste émergente Andrea Haddad, avec son projet de cœur « Au fil des fleurs ».
Installée à Achrafieh après la double explosion du port qui a soufflé ses bureaux, Matisse, société d’événementiel et espace polyvalent, continue de proposer des événements culinaires, culturels, artistiques et musicaux dans lesquels les artistes émergents trouvent la possibilité d’exposer librement, donnant une visibilité précieuse aux jeunes talents.
Ces vendredi 28 et samedi 29 juin, place à une expérience apaisante et poétique, loin de l’actualité bouillante et angoissante du pays.
Pour la créatrice de 23 ans, qui a collaboré avec Matisse l’an dernier, la question du choix du lieu ne se posait même pas : « Il représente tout ce en quoi je crois. Matisse est une famille pour moi. » Andrea Haddad laisse aujourd’hui libre cours à sa créativité et vient en cette fin de semaine fêter les cinq ans de son projet « Au fil des fleurs ». Une manière ludique de boucler une boucle.

Après des études de design de produits à l’Académie libanaise des beaux-arts (Alba), elle suit actuellement un master en design global. Enfant déjà, « j’aimais les choses manuelles, travailler avec l’argile, le bois, le tissu ou des fils. J’ai commencé à broder à l’âge de 12 ans pour le plaisir, j’ai appris seule à comprendre cette pratique et à faire évoluer mon travail ». Ce hobby est devenu une passion qu’elle embrasse entièrement. En 2019, elle lance son projet « Au fil des fleurs ». « C’est mon bébé, dit-elle. Je brode sur tout : tissu, cuir, pochettes, tote bags, vêtements, pièces uniques et même sur papier. »
Comment broder sur du papier ? « Je fais des trous au préalable puis je fais passer le fil aux endroits où je le désire. Ça peut se faire sur tous les supports, photos, affiches, cartes postales, billets de concert. »
Une association de jeunes talents
Le pop-up, baptisé « Au fil des fleurs, moukhtassar moufid, all things embroidered », qui se tiendra ce week-end, est composé de trois collaborations : la première s’est faite avec 15 jeunes photographes qui ont sélectionné des photos en noir et blanc, lui donnant ainsi la liberté de « dérouler » son fil coloré, de le broder, créant ainsi un contraste et donnant une autre dimension artistique au travail. « Ils m’ont donné carte blanche, ils m’ont fait confiance pour faire ce que je veux. » L’artiste a créé entre 80 et 100 pièces uniques, toutes en format carte postale, chacune encadrée selon les couleurs de la composition.
La deuxième collaboration est avec Nathalie Saoud, illustratrice et amie. Ensemble, elles présentent des pochettes en lin brodées aux couleurs de l’été.
Enfin, la dernière est réalisée avec Second Base, une boutique de vêtements vintage usagés à Beyrouth. Andrea a sélectionné quelques pièces, notamment des chemises, et y a brodé des fleurs pour les sublimer.
Cette fin de semaine, la jeune artiste propose donc au public un événement de deux jours, pour y exposer son art. Le samedi, de 11h à 13h, elle enseignera aux plus curieux la broderie sur tissu. « Je voudrais apprendre aux personnes qui le désirent comment faire un dessin, le transférer sur la pochette, puis comment le broder. »
Pour les plus gourmands, la cuisine sera assurée par la cheffe privée Rita Ghosn, une amie de l’artiste, qui préparera de délicieuses bouchées. La musique sera assurée par le DJ Malek Abi Nader, de 20h à 22h.
L’événement « Au fil des fleurs, moukhtassar moufid, all things embroidered » aura lieu le vendredi 28 juin de 17h à 22h et le samedi 29 juin de 11h à 22h.
Espace Matisse, rue Salam, immeuble Feghali, 1er étage, Achrafieh, Beyrouth.


