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Nos Lecteurs ont la Parole

Âme de l’état

Oui, nous vivons dans une économie en détérioration continue, sans président de la République, ravagés par une guerre, des millions de réfugiés, une capitale détruite avec la plus grande explosion non nucléaire au monde, entraînant avec elle plus de 200 morts, des infrastructures absentes, des épargnes confisquées, des armes illégales partout, de la corruption, du clientélisme, de la pollution… Des problèmes à n’en plus finir.

Peut-on penser à des solutions au lieu de se contenter d’une simple énumération des problèmes ? Des solutions dans tout ce chaos ? Par où commencer ?

Notre pays est le carrefour de la plupart des problèmes au monde. Tout ce qui se passe dans n’importe quel recoin, même le plus inconnu, nous affecte.

Alors que faire ? Le corps de notre pays est incurable, à vrai dire, mort, mais qu’en est-il de son âme ? Quand une personne décède, son corps se décompose, mais nous souhaitons paix à son âme et l’âme est immortelle.

Comment prendre soin de cette âme ? Comment la guider au paradis et lui offrir la paix, par quelle prière ? Par quels rituels ?

Le vrai rituel serait de bien voter aux élections, et pour certains, « à bon entendeur, salut » ! En espérant que les générations à venir soient la vraie « thaoura ».

Mais pendant ce temps et pour le moment, tentons notre chance avec de petits gestes.

Parlons sans cesse et toujours des juges honnêtes et corrects, tout en ayant toujours à l’esprit que justice retardée ne vaut pas justice rendue et que les criminels doivent être punis.

Arrêtons de dire qu’avec quelques dollars tout sera résolu avec tel ou tel fonctionnaire dans les administrations.

Regardons les matchs de basket comme un sport et non pas comme une guerre interconfessionnelle, tout en se rappelant que ces mêmes joueurs constituent notre équipe nationale qui est allée loin les années précédentes.

Essayons de comprendre notre histoire, surtout celle de la guerre sans nous baser sur les dires et propos de ceux qui qualifient encore les régions de Beyrouth par « char’iyé » et « gharbiyé ».

Mettons-nous debout à l’écoute de notre hymne national.

Attachons-nous à nos belles traditions sans nous approprier celles étrangères, allant de la « bachelor party » au « baby shower », au « gender reveal », à « Halloween », à « la galette des Rois », alors que nous avons des « sahrit beyt el-aarous » avant le mariage, du

« meghli » pour les visites du « mbarak ma ejekoun », des « atayef » à la « hechli Barbara ». Apprenons à apprécier notre cuisine libanaise et la transmettre aux générations futures tout en lui restant fidèles, le hommous ne contient ni avocat ni betterave, le taboulé n’est pas à base de quinoa mais de « bourghoul », parlons de « kebbit batata » et pas de soufflé de pommes de terre.

Ne jetons pas nos ordures de part et d’autre des fenêtres des voitures (ça existe toujours). Essayons d’éteindre les lampes inutilement allumées, parce que oui, cela réduit la pollution. Fermons bien nos robinets et prenons soin des installations d’eau dans nos maisons pour éviter le gaspillage. Pensons au recyclage. Respectons la nature en évitant de couper les arbres, de tuer les oiseaux.

Respectons les arts et les artistes, de haut niveau bien sûr. La créativité de Nadine Labaki l’a conduite à Cannes où elle a affiché avec fierté sa nationalité.

Parlons l’arabe avec nos enfants sans penser que le français ou l’anglais nous rendent plus snobs. Encourageons nos enfants à poursuivre leurs rêves, sans les classer dans les catégories de « mehandiss », « hakim » et « mouhami ». N’offrons pas à nos enfants le privilège de la « wasta », même si on y a accès.

Ne disons plus « ah oui ! ce fléau existe partout dans le monde », parce cet autre monde gère les conséquences de ce fléau et essaye de trouver des solutions. Utilisons le clignotant dans nos voitures, qui n’est pas un accessoire de décor inutile. Ne garons pas nos voitures dans n’importe quel espace vide parce que cela encombre la circulation routière et empêche les conducteurs d’avoir une vue d’ensemble de la route. Ne permettons pas à nos enfants de s’installer sur le siège avant de la voiture…

Peut-être que ces gestes préserveront l’âme de notre Liban, en espérant sa résurrection un jour.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Oui, nous vivons dans une économie en détérioration continue, sans président de la République, ravagés par une guerre, des millions de réfugiés, une capitale détruite avec la plus grande explosion non nucléaire au monde, entraînant avec elle plus de 200 morts, des infrastructures absentes, des épargnes confisquées, des armes illégales partout, de la corruption, du clientélisme, de...
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