Vue sur Beyrouth sur le front de mer. Photo G.B.
C’est enfin fait. Après plus de cinq ans de suspension des prêts subventionnés pour le logement, la Banque de l’habitat a recommencé à partir du 3 juin à accepter les dossiers de candidatures des Libanais qui voudraient acquérir un bien immobilier.
Contrairement à l’ancien mécanisme où le client présentait sa demande physiquement dans une agence de banque, cette demande se fait désormais en ligne, sur une plateforme mise en place par l’établissement. « L’enthousiasme est clairement là, souligne Antoine Habib, PDG de la Banque de l’habitat, contacté par L’Orient-Le Jour. Nos serveurs sont tout le temps sursaturés et nos lignes continuellement occupées. En à peine 3 jours, plus de 18 000 personnes ont consulté notre site pour s’enquérir de la démarche à suivre. Près de 900 d’entre elles ont entamé la démarche, dont presque la moitié a déjà soumis son dossier ». Le délai de traitement des dossiers n’a en revanche pas été précisé.
Une fois leurs dossiers validés et approuvés, les ménages à faible revenu (compris entre 1 200 et 1 500 dollars) pourront bénéficier d’un prêt plafonné à 40 000 dollars, alors que ceux à revenu moyen (entre 1 500 et 2 000 dollars) pourront obtenir jusqu’à 50 000 dollars. Le remboursement de ces montants peut être échelonné sur 20 ans, avec un taux d’intérêt de 6 %. En ce qui concerne les critères d’éligibilité, la banque précise que le logement concerné ne doit pas dépasser les 150 mètres carrés et que les Libanais qui y postulent ne doivent pas posséder d’autre résidence au Liban, ni avoir précédemment obtenu un prêt subventionné. Outre l’achat d’un domicile, la Banque de l’habitat relance aussi les prêts dédiés à la construction et à la restauration d’anciennes demeures pour des montants aussi plafonnés entre 40 000 et 50 000 dollars.
Ces prêts seront financés à partir d’une ligne de crédit de 50 millions de dinars koweïtiens, soit près de 163 millions de dollars, obtenue auprès du Fonds arabe pour le développement économique et social. Signé en mars 2019, quelques mois avant le début de la crise économique et financière au Liban, l'accord avec le Fonds arabe n’avait été approuvé par le Parlement que le 28 mai 2020 et réactivé le 20 juin 2022. Son entrée en vigueur a depuis été retardée à cause d’une succession de facteurs liés à la crise économique et à ses répercussions.
Relance du marché immobilier
« Sur le papier, la relance de ces prêts est positive, mais malheureusement les montants octroyés restent trop minimes par rapport au prix des logements, notamment à Beyrouth, et par rapport aux sommes accordées avant la crise », commente Guillaume Boudisseau, conseiller au sein du cabinet Ramco Real Estate Advisers. Car si ces prêts peuvent servir de complément au montant total, selon Antoine Habib, cette enveloppe ne représenterait que 20 à 25% du prix total du bien, souligne M. Boudisseau. « Concrètement, et en fonction des prix actuels, ce montant permettrait l’acquisition d’une surface comprise entre 20 et 40 mètres carrés, pour un bien correct au sein de la capitale, affiché entre 200 000 et 250 000 dollars », ajoute-t-il.
S’il minimise l’impact qu’aura la relance de ce mécanisme sur la demande immobilière dans Beyrouth et les prix qui y sont exercés, Guillaume Boudisseau considère que cela représente néanmoins une situation positive pour certaines régions dans lesquelles le marché immobilier pourrait connaître une certaine reprise.
Toutes les informations pour demander un prêt subventionné au logement, sont présentes sur le site www.banque-habitat.com.lb




Monsieur Mikati, nous n 'oublierons pas.
09 h 50, le 10 juin 2024