Manifestation devant le ministère de la Santé à Beyrouth le 3 juin en solidarité avec les hôpitaux et les travailleurs de la santé dans le sud du Liban. Photo L'OLJ/Mohammad Yassine
Une manifestation s'est tenue lundi devant le ministère de la Santé à Beyrouth en solidarité avec les hôpitaux et le personnel médical du Liban-Sud. La semaine dernière, une frappe aérienne israélienne avait visé l'entrée de l'hôpital Salah Ghandour à Bint Jbeil, tuant deux civils.
Depuis le 8 octobre 2023, le Hezbollah et Israël échangent quotidiennement des tirs, parallèlement à la guerre en cours à Gaza. Israël a ciblé à plusieurs reprises des hôpitaux, des centres de santé et des travailleurs paramédicaux, tuant 20 d'entre eux, dont beaucoup appartenaient à des associations de santé affiliées au Hezbollah et à d'autres groupes politiques.
Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées devant le ministère de la Santé, situé à Bir Hassan, dans la banlieue sud de Beyrouth, brandissant des drapeaux libanais et des banderoles, a constaté L'Orient-Le Jour sur place. « Nous condamnons toutes les attaques israéliennes, en particulier celles qui visent les établissements de santé et les institutions médicales », pouvait-on lire sur une banderole.
Parmi les manifestants se trouvaient le ministre sortant de la Santé Firas Abiad, le président de la commission parlementaire de la Santé Bilal Abdallah, le président du syndicat des hôpitaux Sleiman Haroun, des membres du Croissant-Rouge palestinien (CRP), de la défense civile libanaise, ainsi que des médecins.
« Face aux attaques israéliennes, le moins que nous puissions faire est de manifester », a déclaré l'un des manifestants à L'OLJ. Il a rappelé qu'Israël menait également des attaques contre les hôpitaux de Gaza et a affirmé que le système de santé libanais était lui aussi pris pour cible.
« Une ligne rouge »
Après la manifestation, le directeur de la direction des soins médicaux au ministère de la Santé, Joseph Helou, a déclaré à L'OLJ que « les attaques directes contre les hôpitaux ne peuvent être tolérées ». « Prendre pour cible les hôpitaux ou le personnel médical est une ligne rouge, et tous les Libanais sont d'accord sur ce point, a-t-il ajouté. Selon les normes internationales, le personnel médical et les établissements de santé ne peuvent être pris pour cible, mais selon Israël, rien n'est interdit ».
Malgré les risques, les hôpitaux situés près de la frontière libano-israélienne continuent de fonctionner, selon M. Helou, et « n'ont pas fermé un seul jour » depuis le début des hostilités. « Avec Israël, tout peut arriver, car il ne fait pas de différence entre les enfants, les personnes âgées et les médecins », a-t-il encore dit.
En mars, le responsable pour le Moyen-Orient du Comité international de la Croix-Rouge, Fabrizio Carboni, avait déclaré, lors d'une visite dans le sud du Liban, qu'il craignait qu'une escalade des combats le long de la frontière ne mette à rude épreuve des hôpitaux déjà en proie à des difficultés financières dans un contexte de crise économique au Liban.




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18 h 40, le 03 juin 2024